mercredi, 02 avril 2008
Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj
"Les ébats lubriques de deux corrupteurs de la foi"
par
ZACHARIAS
Le débat annoncé entre Philippe Sollers et Fabrice Hadjadj qui avait suscité quelques préalables et légitimes réactions en ces lieux, que l’on peut à présent écouter sur le blog de la revue «LES EPEES» pour s’en faire une idée, s’est donc bien déroulé (clin d’œil de l’histoire rue Pierre Nicole (1625-1695) logicien et pédagogue de Port-Royal !) comme il était prévisible, à savoir en se transformant en une lamentable et pénible séance d’étalage successif de lieux communs, de niaiseries recuites et, surtout, témoignant de la patente et éclatante manifestation chez les deux ignobles et clownesques plumitifs admirateurs de la « dignité de la chair », de leur vertigineuse incompréhension de la théologie dogmatique et principalement de leur misérable ignorance des vérités les plus fondamentales du christianisme.
Sollers, comme il apparaît évidemment nettement à l’écoute des échanges, en renard ultra habitué et rompu au petit jeu spectaculaire qu’il maîtrise depuis des années, se sera emparé sans tarder du micro avec une visible délectation pour ne quasiment plus le lâcher de la soirée, ne laissant que quelques miettes au pauvre Hadjadj, réduit tristement, avec sa voix fluette, à l’état d’un figurant de seconde zone ou d’un pitoyable faire-valoir, se faisant même parfois vertement apostropher par la diva (« Hadjadj La France n’existe plus » !).
Le plus significatif n’est toutefois pas dans cette prévisible distribution des rôles, mais se trouve principalement dans les scandaleuses déclarations de la diva libidineuse de chez Gallimard, modestement «le seul à avoir lu la Bible ou saint Augustin ! », qui osa dire tout le mal qu’il pensait de la morale et du christianisme, réitérant, au nom du catholicisme, ses multiples et puants blasphèmes vomitifs qui se donnent à lire un peu de partout, sans que cela, étonnamment, ne suscite la moindre petite réaction indignée de quiconque, c’est-à-dire ni de Hadjadj sans doute encore perdu dans la contemplation des parties honteuses, ni d’un public en apparence soumis et consentant, ni même des organisateurs prétendument royalistes et catholiques, visiblement totalement muets.
Ainsi l’ignoble auteur de « Guerres secrètes », qui parle en ex-maoïste situationniste expert habille du détournement sémantique non pas de «Contre-réforme » mais de « Révolution catholique », terme repris platement et craintivement par Hadjadj et le modérateur d'un soir de sorte de ne point courroucer l’idole, pour faire référence au mouvement qui initia l’élan du baroque en Italie, proclama en vociférant au milieu d’une assistance constituée principalement et normalement de baptisés qui ne semblent pas s’être offusqués outre mesure de ses charges :
- « Le christianisme est une erreur, le christianisme est une névrose ».
- « Le christianisme j’en ai rien à faire ».
Le sensuel histrion du quartier saint-Germain, qui était dans une apparente forme, tout à sa joie érotique fiévreuse, ne supportant ni la morale, ni le christianisme, ni le dolorisme, exaltant avec une emphatique jubilation son amour éperdu des sens, se vit même comparé à cet instant par Hadjadj, on n’est pas l’une des personnalités préférées des catholiques modernes pour rien, à un «vigoureux prêcheur » ! On croit rêver ! et il n’est plus nécessaire à entendre cela de se demander comment le catholicisme a pu tomber si bas et chercher à expliquer une si navrante démission générale dans ce pays, ce qui d’ailleurs, soit dit en passant, est assez révélateur de l’état de décomposition générale de l’Eglise en France en matière de foi.
Mais le meilleur était à venir puisque, au détour de lamentables propos, Sollers évoquera Rodrigo Borgia (1431-1503) devenu pape, en achetant sans doute les votes qui le firent accéder au trône de Pierre, sous le nom d’Alexandre VI, criminel scélérat couvert de maîtresses, incestueux, bisexuel, neveu et fils adoptif du pape Calixte III (Alphonse de Borgia), nommé cardinal à vingt-cinq ans, entretenant une liaison avec Vanozza Catanei, une jeune patricienne romaine non avare de ses charmes et de son entrejambe qui lui donna quatre enfants naturels, et dont les seuls titres de gloire fut de couvrir le Vatican de nudités païennes déguisées sous les traits de saintes ou de l'image de la Vierge, qui contribuaient à son excitation sexuelle et de décors à ses orgies et partouzes frénétiques, nudités peintes par Raphaël et Michel Ange qui ont leur place non dans un lieu de culte mais dans les lupanars.
Cette attention sur ce pape représentatif de ce que l’Eglise a pu générer de plus absolument contraire à la foi est à l’origine de l’aveu magistral de Sollers en ce débat, qui en dit long sur ce qu’est la réalité et la valeur de son attachement au catholicisme :
- « Alexandre VI – magnifique le meilleur ! »
Si l’on n’en finirait plus de dérouler la longue liste des ordures proférées en une soirée par l’indigne Sollers, ce qui alerta même un instant tardivement Hadjadj, vraiment longuet à la réaction, qui commença enfin à s’apercevoir que le discours du rigolo allait peut-être non seulement un peu loin mais pourrait, à terme, nuire à son avantageuse réputation d’écrivain catholique choyé de la bonne presse, osa timidement lui rappeler que le Christ était cependant venu, non pas pour s’égayer avec les prostituées et passer des bons moments avec Marie-Madeleine mais pour nous racheter du péché.
L’ire colérique de la décadente idole des salons parisiens fut mise alors à son comble, et l’admirateur de Casanova se fendit d’une analyse à la hauteur de son insondable dévergondage intellectuel et de sa scabreuse désorientation morale :
- « C’est le clergé qui a besoin du péché ».
Que croyez-vous qu’il arriva ? Que l’on prit immédiatement le malandrin insulteur des prêtres et de ceux qui se vouèrent depuis des siècles à la conversion des âmes par la peau des fesses pour le jeter manu militari sur la pavé parisien afin qu’il serve de litière aux excréments canins ? Non ! Cette ultime sécrétion faisandée sortie du cerveau malade de Sollers suscita devinez quoi ? Les applaudissements du public !!
La conclusion de cette infâme sauterie revint à Hadjadj qui, pour ne pas donner l’impression d’être en reste sur le plan des audacieuses déclarations définitives laissa ainsi tomber de ses pieuses lèvres émues et de sa «masse essoufflée » ce qui lui sert depuis toujours de viatique permanent :
- « La chair a une dignité divine ».
Signalons toutefois, que l’honneur de cette pantalonnade grotesque revient peut-être à une dame qui dignement, à la fin, se leva tout de même pour signaler sa surprise de ne point avoir entendu, alors que les deux andouilles littéraires n’en finissaient pas de proférer de monstrueuses hérésies en s’appuyant sur le mystère de l’Incarnation et de la Résurrection qu’ils interprètent et tordent à leur fantaisie pour en faire surgir les plus dégoûtantes aberrations, la place centrale tenue par la Croix (à laquelle "il ne faut pas rester" s’époumona à la seconde Sollers qui à la vue du gibet du Golgotha tremblait d’une crainte qui n’est pas sans rappeler celle des démons !) au sein de la religion chrétienne et son rôle dans l’économie du Salut.
Merci Madame pour la leçon de christianisme que vous avez donnée à cette assemblée apostate !
Que n’avez-vous eu la présence d’esprit cependant, au moment où Sollers venait, ce qu'il convient de noter impérativement car si révélateur de ce qui fonde en réalité secrètement tout ce discours sur la dignité de la chair, de publiquement dévoiler dans l'indifférence générale la source perverse de sa pensée en se référant positivement à « l’évangile de Philippe » (IVe s.) écrit gnostique provenant de la bibliothèque de Nag Hammadi qui fait une place considérable à l'importance de la consommation charnelle, l’union entre l'homme et la femme étant dans ce texte hérétique scandaleusement comparée au « Saint des Saints », de citer ce passage de « La Cité de Dieu » de saint Augustin que les deux larrons osèrent même mêler à leur insane dialogue copulatoire :
- « C’est par là foi qu’on approche de Dieu, et il est certain que la foi appartient au coeur et non au corps. Mais comme nous ignorons jusqu’à quel degré de perfection doit être élevé le ''corps spirituel des bienheureux'', car nous parlons d’une chose dont nous n’avons point d’expérience et sur laquelle l’Ecriture ne se déclare pas formellement, il faut de toute nécessité qu’il nous arrive ce qu’on lit dans la Sagesse: ‘‘Les pensées des hommes sont chancelantes et leur prévoyance est incertaine’’. »
(S. Augustin, La Cité de Dieu, Liv. XXII).
00:33 Ecrit par . dans Polémique, Réflexion, TARTUFFERIE | Lien permanent | Commentaires (390) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, réflexion, polémique, christiannisme, philippe sollers, catholicisme
vendredi, 14 mars 2008
Philippe Sollers : l’ « athée sexuel » et son catholicisme érotique, par Zacharias
Mais le plus dangereux n’est peut-être pas là au fond, car dans les réactions, parfois violentes, que suscitent ces profanations, on voit qu’il subsiste encore chez beaucoup de ceux qui furent chrétiens une saine capacité d’indignation. En effet, les plus malsaines et malveillantes insultes faites à la foi ne se trouvent pas où on l’imagine, et il se pourrait bien que les ravages commis par les écrivains en mal de célébrité, dont Philippe Sollers incarne ces derniers temps la vomitive icône, qui se font, paradoxalement, les défenseurs d’une certaine image du religieux en la caricaturant à l’extrême l’utilisant à des fins foncièrement personnelles relativement intéressées, soient sans doute les plus redoutables attaques qu’ait à subir l’héritage spirituel chrétien.
De la sorte, ce n’est plus l’anticléricalisme qui est, aujourd’hui, le véritable danger pour le catholicisme, mais la revendication d’une appartenance ou d’une adhésion à l’Eglise par de clownesques hypocrites qui, feignant une prétendue conversion, ridiculisent les fondements de la foi au profit de leur misérable petit commerce à l’hideux mercantilisme dont la seule finalité est de faire, encore et toujours, parler de soi et vendre du papier.
Fort justement Jaccard s’interrogeait ainsi : « Je me suis longtemps demandé, ce qui me débectait chez Philippe Sollers. Etait-ce ses mimiques de comploteur ahuri ? Ses bagues sur ses doigts boudinés ? Son côté bourgeois français avec femme et maîtresses ? [...] Sollers est à la littérature française ce que Mitterrand fut à la politique: un captateur d'héritage. Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques; Mitterrand le socialisme pour assouvir son ambition.» (Roland Jaccard, Journal d'un oisif, Puf). Or, ce à quoi nous assistons dernièrement avec le catholicisme chez Sollers, participe bien de sa stratégie du détournement ici évoquée ; il s’agit bien pour lui, et tant d’autres à sa suite, de siphonner à grande vitesse un carburant utile à leur insupportable industrie du paraître, de mettre la main, à la hâte, sur un héritage dont il se moque totalement afin de pouvoir au maximum profiter des lucratifs dividendes sur investissement.
La stratégie médiatique des émois religieux du nouveau converti est bien rodée, le système, parlant à temps et à contretemps des émotions mystiques du récent catéchumène, supérieurement organisé, avec les relais que sont, les maisons d’éditions, les suppléments littéraires, et les émissions littéraires.
Ainsi, une indigne bestiole polygraphique comme Sollers, qui aura pu écrire, comme le dit Benoît-Jeannin : « … avec la même autorité sur Breton, Vivant Denon, Guy Debord, Casanova, Jean-Paul II, Rimbaud, Pascal, Céline, Paul Morand et la suite. Faire l'éloge du dernier ouvrage de BHL dans Le Journal du dimanche. Décréter qu'une héroïne de Loft Story a une frimousse d'écrivain. Publier un péan à la gloire du feuilleton de M6 dans Paris-Match. Imposer une jeune romancière, la laisser tomber si son premier livre n'a pas marché. S'entremettre pour que le Goncourt aille à Jean-Jacques Schuhl » (Maxime Benoît-Jeannin, La corruption sentimentale, Le Cri), sans oublier Sade, Nietzsche et la géniale pensée de Mao, étale à présent complaisamment son admiration éperdue pour l’art érotique de l’Eglise, tout en soulignant son rejet du christianisme.
Dans un exercice ou il excelle, l’outrecuidant parangon de vanité avait expliqué le choix de son pseudo : « Sollers, de sollus et ars : tout à fait industrieux, habile, adroit, ingénieux…. » (Philippe Sollers, Un vrai roman, Mémoires, éditions Plon), l’actuelle industrie du pitoyable érotomane, confirmant ses orientations primitives à l’infect projet, est aujourd’hui tournée vers l’exploitation du nouveau filon à la mode, un catholicisme charnel et sexuel sans le Christ, ainsi qu’il le déclare au Monde des Religions :
- « Il est certain que j’ai un rapport personnel à la transcendance et au sacré, mais de là à dire que je suis croyant… Je ne sais pas. Le côté « ecclésiastique » du mot ne me convient pas. Je suis un athée sexuel. Je ne suis pas dans l’illusion de croire que l’on continuerait à réciter quelque chose de religieux pour éviter l’activité sexuelle. » (Le Monde des Religions, mai-juin 2006, n°17.)
Le plus hilarant dans cette comédie du sacré se parant d’un vernis catholique où l’érotisme tient une place non négligeable, c’est de voir à quel point les serviles cireurs de godillots et les petits scribouillards fraîchement édités, viennent astiquer le membre viril de l’industrieuse diva ingénieuse de chez Gallimard directrice de la revue « l’Infini », frottant comme des forcenés sur les parties intimes de sa « Majesté » pour en extraire la divine semence, l’encensant en abondance tels des sous-diacres soumis et courbés devant la liturgie d’un Monsignore de la curie, ainsi qu’en témoignent ces lignes ridicules par leur servilité de Fabrice Hadjadj :
- « Philippe Joyaux, bientôt sous son nom d’écrivain, Philippe Sollers, va mener au fil de sa vraie vie. Un combat pour quel objectif, pour quelle victoire ? Ceux d’une œuvre, cette œuvre, la sienne, sur laquelle il revient, qu’il commente, l’éclairant des moments-clés de sa biographie, De son premier roman, Une curieuse solitude, jusqu’à Une vie divine paru l’an dernier, on suit les mille péripéties de ce qu’on peut appeler ses guerres de libération. Combien d’épigones debordiens qui n’en sont jamais que les courtisans ? Le négatif ne suffit pas. Il faut du positif. Sollers l’entrevoit. Il sait que pour lutter contre cette fantômatisation de l’existence qui ne peut déboucher que sur la «fabrication des corps», il faut revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation. De là son affirmation baroque : Titien, Bernin, Rubens, et ce vin de Bordeaux qu’une consécration peut convertir en sang du dieu…[…] Sollers songe aussi à une échappée où le mythe et la raison s’épousent dans un catholicisme purgé de «sa moraline sexuelle idiote. » (Fabrice Hadjadj, Monde Francophone). mondesfrancophones
Cette littérature d’alcôve et de bidet est effectivement à vomir, et l’on aimerait laisser ces « joyaux », pardon joyeux plaisantins à leurs jeux interdits en s’amusant de les voir « revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation » , et s’exercer fébrilement, en des pamoisons extasiées on l’imagine, au dépassement fiévreux et empourpré de la « moraline sexuelle idiote » - charmant programme pour des ébats décomplexés et des positions expertes entre deux prières et une génuflexion !
La conclusion de cette note, qui montre ce qu’il en est de la vérité qu’il faut conférer à ses présentes déclarations littéraires, laissons-là à l’ignoble athée sexuel qui déteste le pape :
- « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)
20:02 Ecrit par . dans Polémique, Réflexion, TARTUFFERIE | Lien permanent | Commentaires (115) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, critique, critique littéraire
lundi, 04 février 2008
The french are miserable
13:50 Ecrit par . dans TARTUFFERIE | Lien permanent | Commentaires (55) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Carla Bruni, The french are miserable, 1ère dame de france, Nicolas Sarkosy
jeudi, 20 septembre 2007
LES « IGNOBLES VERITES » DU BOUDDHISME, par Zacharias
« Les divinités courroucées du bouddhisme tibétain et mongol relèvent d’une violence symbolique dont on peut se demander si elle constitue le retour du refoulé, un exutoire à la violence réelle, ou au contraire son reflet, voire sa cause profonde.
Il faut bien avouer qu’au cours de son histoire mouvementée, le bouddhisme a bien souvent été du côté du manche. Car avec ses pouvoirs occultes, sa magie noire, il dispose d’armes surhumaines capables de détruire les démons. Qui sont les démons ? [...] Dans chaque camp, des prêtres tantriques ourdissent des sorts.
Bien sûr il faut choisir le camp de l’opprimé. Mais à long terme toute cette béatification aura des effets négatifs, quand on s’apercevra que le bouddhisme d'Hollywood est un mythe. »
Bernard Faure
Professeur d’Histoire des Religions
Université de Stanford, Californie.
POUR EN FINIR AVEC LES MENSONGES
Le bouddhisme bénéficie en Occident, fallacieusement, d’une aura de respect et de déférence, ceci participant de son image de non-violence, de sagesse et de sainteté, image qui est pourtant bien loin de correspondre à la réalité des faits. L’histoire démontre ainsi que le bouddhisme, loin d’avoir été la douce et bienfaisante école diffusant les préceptes du Bouddha (l’Eveillé), fut une entreprise qui ne dérogea pas à la règle commune de toutes les institutions religieuses mondaines, et épousa, avec un enthousiasme certain qui se traduira par des exactions sanguinaires, les thèmes les plus éculés de l’agressivité guerrière et belliqueuse, et, sous prétexte d’une ouverture « non-dualiste » à l’ensemble de la réalité phénoménale, se livra avec délectation au jeu pervers des déviations sexuelles outrées issues des reliquats des anciens cultes issus directement des tendances déviées du chamanisme.Le bouddhisme tibétain est assez représentatif de cette attitude, ses différentes tendances ayant toujours exercé un pouvoir s’imposant comme une théocratie relativement oppressive et contraignante pendant des siècles. En effet, le Tibet fut soumis à un régime exclusif de servage exercé par les propriétaires terriens nobles, fonctionnaires et moines " bouddhistes ", servage souvent très oppressif : « Dans le Tibet, les prêtres détiennent la toute puissance, il s'agit d'une théocratie authentique où les pouvoirs absolus sont entre les mains d'un dieu réincarné. Les lamas ne sont plus seulement les juges, les instituteurs et les médecins, ils sont encore les plus riches propriétaires fonciers, les chefs politiques; outre les revenus qu'ils retirent des fermiers, ils exigent cadeaux et monnaies pour toute visite rituelle, toute bénédiction, toute cérémonie, la simonie est une loi rigoureusement appliquée.... » (R. Loup, Martyr au Tibet, Fribourg, 1950) .
De son côté, dans « Visa pour le Tibet » Alan Winnington parlera du lamaïsme comme d'une « religion mécanique » considérant le travail des classes laborieuses comme dû par simple obligation naturelle à l'égard des moines qui n'hésitèrent nullement à s'allier aux nobles pour les exploiter d'une manière scandaleuse. Son constat sur l'état de pauvreté indigente de la majorité des laïcs est frappant. Les châtiments corporels étaient d'une barbarie primaire, sachant que, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, les écoles rivales (Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa, Guélugpa) se livrèrent à des affrontements armés et à des exécutions sommaires d’une rare férocité, ce qui n’est pas sans quelques rapports avec l’univers spirituel du panthéon bouddhique, fleurissant de divinités plus terrifiantes et courroucées que franchement paisibles, images destinées à frapper l'imaginaire des fidèles, courbant l’échine devant une religion médiévale chargée d’un paganisme idolâtre exaltant les éléments naturels et les forces intermédiaires (esprits, puissances, etc), usant et abusant de la sorcellerie, ployant devant des superstitions ridicules, et surtout sollicités dans l'observance des préceptes en raison de leur « bienveillance matérielle », sonnante et trébuchante (au sens propre et figuré) à l'égard des religieux.
Il apparaît ainsi, que loin d’avoir été le royaume idéal consacré à « l’Eveil » selon les caduques images d’Epinal, le Tibet vécu dans l’oppression obscurantiste d’une religion théocratique se distinguant par un cléricalisme infiniment supérieur aux pires égarements du christianisme ; n’oublions-pas que dès le treizième siècle l'Empereur Kublai Khan créa le premier Grand Lama qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine envoya une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'était alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant l’ensemble du pays (ce n’est d’ailleurs pas une mince ironie de l’histoire que de constater que le premier Dalaï-lama fut installé par une armée chinoise…).
Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisira les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte, et détruisit même les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui succéda poursuivit une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de maîtresses licencieuses excitées par les pratiques tantriques les plus « endiablées », faisant la fête et agissant d’une manière peu conforme à une divinité incarnée. Pour cela, ce que nous cachent les pieuses hagiographies des ignorants bouddhistes occidentaux, il fut éliminé par ses prêtres. D’ailleurs durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de « dieux », cinq Dalaï-lama furent assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans !
Comme l'écrivit un enseignant zen américain, l'ouvrage de Brian Victoria, « Zen en guerre » (universitaire d'origine néo-zélandaise, devenu moine dans la tradition Zen, décrivant dans son livre avec précision l'implication des structures bouddhiques dans la politique expansionniste et militaire japonaise entre les années 1894-1945), abondamment documenté, fit l'effet « d'un missile à longue portée lancé depuis l'autre côté du monde qui touche en plein cœur les communautés zen occidentales ».
Ceux-là mêmes (pratiquants zenistes plutôt « alter-mondialistes » héritiers des valeurs de 68) qui croyaient, naïvement, le bouddhisme indemne des débordements du fanatisme religieux découvrent, avec frisson, que les écoles zen (Soto shû, Rinzaï shû, Nichiren shû, etc.), lorsqu'elles ne priaient pas pour la gloire de l'empereur et du Japon, préparaient leurs fidèles à la guerre totale. Ce livre courageux est à lire impérativement par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du bouddhisme extrême-oriental ainsi qu'à ses dérives. Bénédiction des drapeaux, croisade pour la défense de la civilisation, théories suspectes de la guerre juste, on croyait ces images et ces thèmes réservés à l'Occident ; or les « dits » maîtres de « l’illumination » ont démontré sur ce sujet un zèle incroyable dans l’exaltation de la guerre génocidaire (Mandchourie, Corée, etc.), du meurtre systématique, du terrorisme et de la violence sous couvert d’indifférente impassibilité.
La compassion bouddhiste, bien loin de protéger l'Asie de pareilles dérives, participa à la mise en œuvre d’une idéologie guerrière au service d'un pouvoir agressif et ultra-impérialiste. Les plus grands maîtres (Kôdô Sawaki, Yamada Reirin, Hitane Jôzan), jusqu’au célèbre D. T. Suzuki, ont légitimé l'alliance entre le sabre et le Zen. Collecte de fonds pour l'effort de guerre, cérémonies spéciales pour l'obtention de la victoire, création de centres d'instruction, activités de renseignement, endoctrinement des populations, cette collusion n'a pas cessé en 1945, elle s'est métamorphosée dans le fameux « Zen d'entreprise », du Japon en plein essor.
Le pouvoir impérial a réussi à fabriquer de toutes pièces, avec la complicité des maîtres de sagesse, une « âme du Japon éternel » inquiétante. L'Occident n'est donc pas seul, loin de là, à porter la lourde tâche d'une impérative interrogation sérieuse des origines et de la nature des déviances totalitaires du siècle venant de s'écouler.
A ce titre, fort instructive est l’histoire de June Campbell qu’elle a racontée dans un livre émouvant paru en 1996 sous le titre Traveller in Space: Gender, Identity and Tibetan Buddhism [Voyageur de l’espace : sexe, identité et bouddhisme tibétain], June Campbell qui joua un rôle important auprès d’un maître extrêmement vénéré du bouddhisme tibétain puisqu’elle fut l'interprète du célèbre Kalou Rinpoché. Etant directement à son service, elle ne souffrait pas de la pression des échelons intermédiaires souvent très perceptible et dérangeante dans ces écoles, et était donc dans des conditions parfaites pour faire un « beau voyage spirituel » au service de ce très digne moine.Cependant, il lui fallut, raconte-t-elle dans son livre, accepter les relations sexuelles que le maître exigea d'elle ( il était un « chaste » moine portant la robe et visiblement astreint à leurs voeux), puis les relations sexuelles avec l'un de ses proches, un parent à lui, c'est à dire sans doute une forme courante de la polyandrie répandue dans les cultures himalayennes. Enfin une deuxième maîtresse, beaucoup plus jeune évidemment et aux charmes « spirituels » supérieurs, fut introduite dans l’intimité des deux hommes et June dut accepter la nouvelle venue (qui mourut d'ailleurs prématurément sans doute en raison de quelques excessives "ascèses " sexuelles).
A l'issue de l'expérience, c'est à dire après la mort du vénérable Kalou, June mit près de quatorze années avant de pouvoir se résoudre à raconter son histoire. Et ce n'est pas un merveilleux voyage qu'elle raconte, mais l'histoire d'un douloureuse souffrance. Les deux hommes ayant exigé d'elle l'absolu secret sur ces relations qui auraient terni l'image du maître si elles étaient venues à la connaissance des disciples ; June se sentit, selon ses mots, « abused » (abusée, flouée, trompée), et mit longtemps pour se reconstruire.
Rappelons pour les moins avertis, que le fameux Kalou Rinpoché était sans doute le moine le plus réputé en Occident dans son école. Il était, et est reconnu comme un véritable « bodhisattva », beaucoup d’occidentaux « abusés », et non des moindres, s’étant mis à l’école de ce maître tantrique dispensant les fondements du Vajrayana. Le voyage de sa disciple fut cependant décevant, et on imagine sans peine ce que cela doit être que de suivre aveuglément des maîtres encore moins accomplis, de moindre exigence ou de moindre expérience.
On remarquera, alors que des milliers d’occidentaux en rupture avec leur propre tradition, ne se signant jamais lorsqu’ils rentrent dans une église, ne récitant aucune prière chrétienne, totalement étrangers aux fondements doctrinaux du christianisme, vivants leurs existences comme des athées stupides, se précipitent sans discernement aucun aux pieds du moindre lama aviné et libidineux, (parfois de jeunes enfants incultes ou des adolescents boutonneux beaucoup plus intéressés par les mœurs « engageantes » des jeunes dévotes européennes pour le « coup » (sic) authentiquement « libérées », ou des lucioles de la société marchande ), et que ce type de dérives tantriques qui conduisent, sous prétexte de libération spirituelle, à des situations psychologiques tragiques, n’est pas sans faire écho à ce qui se produisit par exemple dès les années 30 pour Jean Marquès Rivière, qui travaillait pour le journal Le Voile d’Isis dans lequel publiait l’élite occultiste de l’Europe et dont l’un des rédacteurs principaux était René Guénon, qui accomplira un rituel tantrique (« avec du sang et de l’alcool »), qui le laissa possédé par une déité tibétaine. Ce fut seulement par l’intervention d’un exorciste catholique qu’il put être libéré de la possession, faisant que par gratitude il se convertit au christianisme.
Kalou Rinpoché disait, sans doute pour consoler June Campbell et ses multiples maîtresses de passage, qu'il n'y a aucun mal dans le désir, qu’au contraire il est « de la nature de la félicité » et se présente comme tel lorsqu'il est reconnu dans son essence « non-duelle ». Encore une fois, est démontrée ici de façon patente, l’inexactitude totale de ces fausses théories prétendument « non-duelles » mais foncièrement sexualisées et travaillées par l’exaltation malsaine des désirs les plus triviaux, dominées par les pulsions grégaires de l’humaine condition, théories païennes oublieuses de ce qu’il en est de la nature profondément « désorientée » de l’homme depuis la rupture adamique, et en quoi le rêve d’une « pseudo libération », que l’on peut aisément qualifier de rigoureusement pélagien dans ses vues (ce qui peut d’ailleurs se dire de toutes les voies orientales globalement), s’appuyant sur des techniques forcément limitées (mantras, mudras, visualisations, etc.) et des conceptions faussées, est un rêve imaginaire qui se paye très chèrement et se conclut, généralement, par d’amères désillusions et des abîmes de déréliction.
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dimanche, 06 mai 2007
Un nouveau Roi de Bohème et de Hongrie
Le Roi est mort! Vive le Roi!
La Divine Providence, dans sa sagesse prévenante, pour pallier à l'absence de Monarque national a choisi de porter sur le trône de France un Souverain d'origine Hongroise. Sa majesté "Ségozy Ier", sera donc sacré Roi lors de la messe de couronnement qui sera célébrée le 16 mai prochain en notre belle capitale des Gaules! Prions le Ciel qu'accompagné des divers artistes et courtisans de son abondante et hétéroclite cour, il puisse restaurer les valeurs ancestrales de notre beau Royaume. La Couronne lui sera apposée sur la tête par le Cardinal Archevêque Mgr Chirac, qui, dès la fin de la cérémonie, se retirera ensuite loin du monde pour s'enfermer dans un monastère corézien.
00:00 Ecrit par . dans TARTUFFERIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Politique, Elections présidentielles
mardi, 15 août 2006
Le Tartuffe démasqué !
A titre d'enrichissement au débat, ceux qui ont suivi les intéressants éclairages
de
Saturne l'ombrageux
commentaires sur la note
De la fausseté des vertus humaines
au sujet
du caractère trompeur du vice déguisé en vertu
seront heureux d'en découvrir une fort instructive suite dans le lien ci-dessous:
18:35 Ecrit par . dans Polémique, TARTUFFERIE | Lien permanent | Commentaires (46) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Polémiques, Spiritualité, Religion, Christianisme, Blabla de filles































