lundi, 30 juillet 2007
Ernst Ingmar Bergman
21:35 Publié dans De ma peinture, Septième Art | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ernst Ingmar Bergman, Ile de Fårö
mercredi, 06 septembre 2006
Rémi Lélian
" Life is fleeting, Art is long "
Charles Baudelaire
Une civilisation sans art est une civilisation morte. Une civilisation qui ne saurait plus prendre le risque de la représentation, et inspirer à sa source son souffle diachronique ; la transcendance, aurait moins de valeur qu’une meute de loups ou qu’un troupeau de vaches respectivement soumis aux rudoiements de la faim et aux ordres du berger. La vie déférente des bêtes, libres de paître l’éternité durant les mêmes hectares pour périr au fil des jours entre les crocs du prédateur local vaut peut-être pour l’être humain, elle n’est sûrement pas valable pour l’Homme que Dieu a crée pareil à son image. Ainsi des grottes préhistoriques aux films hollywoodiens en passant par la Tragédie grecque, l’être humain est plus Homme lorsque poète qu’en tant qu’homo faber ; voici la règle, telle est la loi… Mais l’avis ne semble pas partagé, et au sein même de ceux qui s’élèvent contre la modernité païenne on découvre des idolâtres ; théologiens creux qui feraient bien de relire Nietzsche plutôt que d’ânonner religieusement un dogme qu’ils ont abaissé, pour le dire comme Carl Schmitt, à la plus basse discipline et de salir à forte dose de moraline Nietzsche justement la plus haute spiritualité. Pour ces messieurs ; lefebvristes fanatiques, apprentis pyromanes, ou encore « chrétiens » de gauche tout entier voués à cet amour athée qui fabrique plus certainement la haine que toutes les querelles dogmatiques possible, Dieu ne relève plus que du symbole : une statue de marbre qu’il convient d’honorer par tradition et seulement par habitude. Comme si le Christ s’était effondré sous le bois dense de la croix pour nous soulager de notre devoir d’Homme, comme s’il avait été élevé sous les quolibets, le pourpre royal de son sang mêlé aux crachats de la plèbe, crucifié, mis à mort puis ressuscité dans le seul but de nous rassurer, afin de faire de l’homme un agneau docile vaquant paisiblement auprès du pâtre divin. Non, le Christ n’est pas venu et ne s’est pas sacrifié pour nous dresser mais pour nous libérer… « Ce n’est pas la paix que j’apporte, c’est le glaive ! »…
Ceux-là se sont tus devant les chairs lacérées du Christ de Gibson, tout était parfait et sa Passion ne souffrait, elle, aucune querelle d’ordre théologique... « C’est ainsi que cela s’est passé »… Effectivement quoi dire quand on s’est élevé contre un Christ en proie au doute et aux névroses humaines, et qu’il nous est maintenant livré ensanglanté, les os à l’air, l’œil fermé sous les coups de poing, digne au milieu des injures ? Dieu en somme tel qu’il plait aux doloristes modernes de le voir. En revanche d’autres très bons chrétiens ne l’entendaient pas de cette oreille ; tout ce sang répandu, cette viande humaine glaireuse étalée sous l’implacable soleil de Judée, la populace ravie de tripe et de torture, c’en était décidemment trop pour les belles âmes… Pourquoi tant de débauches d’hémoglobines quant il suffit d’imaginer le Seigneur doucement fouetté par quelques palmes, et enfin crucifié en catimini, pour ne s’intéresser en son for intérieur qu’à la seule résurrection et à ses promesses de vie éternelle ? La foi ne brûle pas, ne déchire pas, elle doit se faire caresse, consolation, la foi n’est pas la foi, ou alors cette foi là je ne la veux pas ! J’abjure ! Le sang est un mensonge, la souffrance une maladie biologique qu’il faut guérir à grands renforts de pharmacopées, tous doivent être heureux ! Le monde est un éclat de rire, semblent nous dire les ennemis de Gibson… mais pourtant à la fin, quand viendra l’heure du jugement, seuls « ceux qui pleurent seront consolés »…
Seulement voilà ni Gibson ni Scorcèse ne se sont soumis au consensus mou des décadents, et leur Christ n’est pas un Christ utile, un Dieu duquel on tire quelques leçons faciles pour soulager à moindre frais notre conscience coupable, mais le Seigneur incarné ; Dieu absolu et pleinement homme, souffrant les pierres et le doute. Pour l’un et l’autre des deux metteurs en scènes Dieu n’est pas un sens ni une morale, mais la Vérité pure ; les muscles et le squelette, l’esprit et l’âme, en un mot, en un lieu ; le Ciel. Moins leur importaient en définitive de satisfaire l’ensemble afin que chacun puisse se satisfaire de son petit Jésus personnel, et puiser au bout de deux heures de film les forces nécessaires pour continuer tranquillement sa vie de tous les jours, que de bouleverser nos certitudes aveugles pour mettre en plein lumière la souffrance totale de Dieu. Moins leur importaient de respecter nos misérables petits arrangement avec le Créateur que d’anéantir ces prétendues convictions religieuses qui en pratique, hélas, se révèlent le plus souvent des opiacés mentaux dont le but prométhéen reste, in fine, de maquiller l’infamie en destinée, quitte à faire de l’épreuve spirituelle un simple sport d’endurance.
Voilà l’authentique drame de notre post modernité, et c’est là le profond mérite des deux films, de l’avoir à leur corps défendant, mise en lumière. D’avoir fait du Christ un scandale. Le scandale permanent de la vérité qu’invoque Bernanos c’est par l’art qu’il advient aujourd’hui dans nos salles de cinéma alors que les églises se vident désespérément… Ce que nombre d’entre nous, chrétiens sincères, perdus au sein d’un monde de plus en plus brutal et maléfique, refusent, l’art cinématographique nous le renvoi comme une claque en plein visage, le Christ est Homme et Dieu et c’est le tuer encore et toujours que de le figer en dogme immobile. Un Christ qui ne nous interrogerait plus deviendrait une superstition. Un Christ dont les plaies ouvertes ne nous seraient pas insupportable ne serait plus Dieu mais Diable. De fait saluons c’est deux œuvres qui loin de vénérer le Seigneur comme on adule une idole ont fait à leur manière du Christ le Verbe dynamique présent, ici et maintenant, en chacun de nous, puissance mystérieuse et lumière authentique, souffle de vie éblouissant qui par l’art aujourd’hui, souvent malgré nous, « rend toute chose nouvelle »…
Soundtracks : Monteverdi, Vespro della beata Vergine.
The C.N.K., C(osa) N(ostra) K(lub).
17:35 Publié dans Septième Art | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Gibson, Scorcèse, Cinéma, Christianisme, Spiritualité, Littérature, Polémique
mardi, 20 juin 2006
Tout le monde est coupable
Le Cercle rouge
19:40 Publié dans Du mal, Septième Art | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Le cercle rouge, Jean-Pierre Melville, Cinéma, réflexion























