samedi, 26 janvier 2008

Les manuscrits d’Edith Stein en danger : appel à des mécènes

 
 
 
 
 
 
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"Dans les angoisses mortelles de la nuit de l’esprit,
les imperfections de l’âme sont passées à l’épreuve du feu,
comme le bois qui dans la flamme est séché de toute trace d’humidité pour s’allumer ensuite,
lui aussi, de la splendeur du feu.
La flamme qui d’abord a enveloppé l’âme et puis l’a enflammée c’est l’amour "
 
 
                                                                                                                   
 
 

 

Urgence extrême pour sauver les écrits d'Edith Stein

 

 

Les écrits de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, patronne de l'Europe sont menacés de disparition. Le temps presse pour sauver les 25 000 pages de ses manuscrits. La vie exceptionnelle et la mort de cette grande sainte montrent toute l'importance et la gravité à donner à ces documents dont l'auteur est une des nombreux martyrs du national-socialisme. Lu sur e-deo :

 

"Grâce à soeur Pia, du carmel d’Echt, qui les chargea au moment de l’intervention de la Gestapo dans deux sacs à pommes de terre, les manuscrits d’Édith Stein ont été sauvés. Mais, ayant séjourné longtemps dans un poulailler (!), ils ont en fort mauvais état et sont en danger imminent de disparition! Ce sont 25000 pages qui sont à recolorer une à une, de toute urgence. Selon le directeur de la bibliothèque de la cathédrale et du diocèse de Cologne, il faut 500 000 euros,  : un appel à mécènes est lancé, indique l’Ordre des Carmes Déchaux".

 

Une oeuvre de première importance.

 

 

 

 

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Source

 

ZENIT.org

Le Salon Beige 

 

 

 

mercredi, 02 janvier 2008

Oscar Venceslas de Lubicz MILOSZ

 
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La charrette


L’esprit purifié par les nombres du temple,
La pensée ressaisie à peine par la chair, déjà,
Déjà ce vieux bruit sourd, hivernal de la vie
Du cœur froid de la terre monte, monte vers le mien.


C’est le premier tombereau du matin, le premier tombereau
Du matin. Il tourne le coin de ma rue et dans ma conscience
La toux du vieux boueur, fils de l’aube  déguenillée,
M’ouvre comme une clef la porte de mon jour.


Et c’est vous et c’est moi. Vous et moi de nouveau, ma vie.
     Et je me lève et j’interroge
Les mains d’hôpital de la poussière du matin
Sur les choses que je ne voulais pas revoir.
La sirène au loin crie, crie et crie sur le fleuve.


Mettez-vous à genou, vie orpheline
Et faîtes semblant de prier pendant que je compte et  recompte
Ces fleurages qui n’ont ni frères ni sœurs dans les jardins,
Tristes, sales, comme ont en voit dans les faubourgs


Aux tentures des murs en démolition, sous la pluie. Plus
      tard,
Dans le terrible après-midi, vous lèverez les yeux du livre
      vide et je verrai
Les chalands amarrés, les barils, le charbon dormir
Et dans le linge dur des mariniers le vent courir.
 


Que faire ? Fuir ? Mais où ? Et à quoi bon ? La joie
Elle-même n’est plus qu’un beau temps de pays d’exil ;
Mon ombre n’est ni aimée ni haï du soleil ; c’est comme
      un mot.
Qui en tombant sur le papier perd son sens ; et voilà,
 


O vie si longue ! pourquoi mon âme et transpercée
Quand cet enfant trouvé, quand frère petit-jour
Par l’entrebâillement des rideaux me regarde, quand au cœur
     de la ville
Résonne un triste, triste, triste pas d’épouse chassée.
 


Te voici donc, ami d’enfance ! Premier hennissement si pur,
Si clair ! Ah, pauvre et sainte voix du premier cheval sous
     la pluie !
J’entends aussi le pas merveilleux de mon frère ;
Les outils sur l’épaule et le pain sous le bras,
 


C’est lui ! c’est l’homme ! Il s’est levé ! Et l’éternel devoir
L’ayant pris par la main calleuse, il va au-devant de son
     jour. Moi,
Mes jours sont comme les poèmes oubliés dans les armoires
Qui sentent le tombeau ; et le cœur se déchire
 


Quand sur la table étroite où les muets voyages
Des veilles de jadis ont, comme ceux d’Ulysse,
Heurté toutes les îles des vieux archipels d’encre,
Entre la Bible et Faust apparaît le pain du matin.
 
 
 
Je ne le romprai par jour pour l’épouse terrestre,
Et pourtant, ma vie, tu sais comme je l’ai cherchée
Cette mère du cœur ! Cette ombre que j’imaginais
Petite et faible, avec de belles saintes mains
 


Doucement descendues sur le pain endormi
A l’instant éternellement enfant du Bénédicité
De l’aube ; les épaules étaient épaules d’orpheline
Un peu tombantes, étroites, d’enfant qui a souffert, et les
      genoux
 
 
 
De la pieuse tiraient l’étoffe de la robe
Et dans le mouvement des joues et de la gorge
Pendant qu’elle mangeait, une claire innocence,
Une gratitude, une pureté qui faisait mal – ô
 


Vie ! O amour sans visage ! Toute cette argile
A été remuée, hersée, déchiquetée
Jusqu’aux tissus où la douleur elle-même trouve un sommeil
      Dans la plaie
Et je ne peux plus, non, je ne peux plus, je ne peux plus !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Isabelle des Charbinières 
 

Mon ombre n’est ni aimée ni haï du soleil 

 

 

 
 

mardi, 17 octobre 2006

Victor Ségalen

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" Rien d'immobile n'échappe aux dents affamées des âges.
La durée n'est point le sort du solide.
L'immuable n'habite pas vos murs, mais en vous, hommes lents, hommes continuels "
 
 
Aux dix milles années 
 
 
 
 
 
 
 

samedi, 30 septembre 2006

Thérèse Martin









Naissance au ciel

de

Thérèse Martin

le

30 septembre 1897

vers 19 h 20
 
 
 
 
 
 

dimanche, 23 juillet 2006

Christine Lavant

 
 
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De toute joie tu m'as arrachée
 
mais malgré tout, exactement, très exactement,
 
 je souffrirai encore ici-bas
 
tant que cela m'agréera, Seigneur,
 
tu m'as en mise condition d'orgueil sauvage
 
et du courage le plus en colère en face de toi.
 
Lève ta main et écrase-moi par terre,
 
je n'en rebondirai que plus haut,
 
et à jamais tu m'auras devant les yeux,
 
moi ta petite boule rouge et en courroux.
 
Chaque endroit me repousse vers toi,
 
parce que tu m'as chassé de cet unique endroit,
 
où j'étais un coeur et joyeuse et douce comme un oiseau
 
pour me rouler en boule
 
et me rejeter dans l'éternelle souffrance

 

 

(anthologie posthume 1978)

 

 

lundi, 19 juin 2006

Kazimir Sévérinovitch Malévitch

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"Quand il me vit, il me dit tout bas: nous serons tous crucifiés. Ma croix, je l’ai déjà préparée. Tu l’as sûrement remarquée dans mes tableaux".

Antoine Pevsner. 1918
 
 
 

jeudi, 25 mai 2006

Mélanie Calvat

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Il n'y a qu'au versant d'un siècle, au tournant d'un temps dans un autre, qu'on trouve de ces physionnomies qui portent la trace d'une époque finie dans les moeurs d'une époque nouvelle, et forment ainsi des originalités qui ressemblent à cet airain de Corinthe, fait avec des métaux différents. Elles traversent rapidement les points d'intersection de l'histoire, et il faut se hâter de les peindre quand on les as vues, parce que, plus tard, rien ne saurait donner une idée de ces types, à jamais perdus!
 
 
 
 
 

jeudi, 27 avril 2006

Autour de l'Art... de Ernest Hello

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«M. Hello a reçu de Dieu le génie...»
Saint Jean-Baptiste-Marie Vianney, curé d'Ars





Jusqu'ici l'esprit humain a cru très souvent que pour réaliser le beau il fallait se déguiser, et le déguisement qu'il a pris s'est nommé l'Art. L'Art a été le jeu qu'il a joué, quand il a voulu parader devant lui-même, suivant certaines conventions.

Il faut qu'un homme de génie se lève, parle, soit écouté et dise :

Je veux que désormais l'Art soit sincère.
Je veux que l'Art cesse d'être le déguisement de l'homme, pour devenir son expression.
Je veux que l'Art soit l'explosion simple, naïve et sublime des splendeurs de l'intelligence. Pour que l'Art soit beau, et que sa beauté soit vraie, je veux que l'Art désormais dise les choses comme elles sont.
Dieu voudra, si je ne me trompe, que cette voix soit entendue.

L'ancienne rhétorique a dit : Vous êtes laid, déguisez-vous, car si vous vous montriez tel que vous êtes, vous feriez horreur. L'Art est un déguisement ; choisissez donc un type de convention, regardez autour de vous et cherchez : vous n'aurez que l'embarras du choix. Imitez, feignez, jouez un jeu qui plaise au public : le beau est une fiction. Les lois de la vie sont laides : pour plaire, il faut que l'Art se fasse des règles à lui, indépendantes des lois réelles.
Maintenant il faut que celui qui doit fonder l'Art de l'avenir, purifie l'air souillé par ces paroles, et dise :
La laideur a, en effet, sa place dans l'homme ; car l'homme est déchu. Mais la régénération est possible. Voilà les eaux du baptême.
La beauté est permise encore, la voilà qui vient à nous. Saisissons-la, revêtons-la, et ensuite nous pourrons nous montrer.
Revêtons-la, non comme un déguisement, mais comme une splendeur plus vraie que nous-mêmes, que nous devons posséder et ne jamais perdre. Nous sommes souillés ! eh bien ! purifions-nous. L'homme ancien n'ose pas se montrer. Que l'homme nouveau naisse et paraisse, qu'il resplendisse aux yeux des hommes, non comme un héros de théâtre, mais comme une vérité vivante, plus vivante que l'ancien homme remplacé. Qu'il paraisse et qu'il agisse, qu'il agisse dans la splendeur de sa nature régénérée, qu'il fasse éclater le type qu'il recèle, qu'il dégage l'idéal qu'il porte ! Qu'il fasse la vérité ! La beauté jaillira ; la beauté, au lieu d'être une fiction, est la splendeur du vrai. Que l'Art, qui était le déguisement du vieil homme, raconte dans la sincérité de sa parole la splendeur de l'homme nouveau !

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