lundi, 15 janvier 2007

Marthe

 
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Jésus est en route pour Jérusalem (Luc 9,31 ss). Il vient de raconter l'histoire du bon samaritain qui descend vers Jéricho, alors que lui est en train de monter vers Jérusalem. Vient-il de Jéricho, sise à 27 km au nord-est de Jérusalem ? A-t-il fait ce détour en venant de Samarie ? La route est difficile, en dehors même de tout brigandage, qui mène de la ville la plus basse au monde, à environ 250 m au-dessous du niveau de la mer, à Jérusalem, à plus de 1000 m d'altitude, une dénivellation de plus de 1200 m sur moins de trente km.

Dans la Bible, les localités, entourées de murailles et abritant la population, peuvent être comparées à des mères abritant dans leur sein leurs enfants. Jésus, qui vient avec ses disciples de vivre la difficulté à être accueilli dans certaines villes, est en montée vers la Jérusalem terrestre, engendrant par la chair, mais aussi vers la Jérusalem d'en haut, mère qui engendrera par l'esprit (Galates 4,26). Dans cette montée, et comme pour reprendre des forces avant les épreuve qui l'attendent, Jésus entre dans le village de Béthanie, d'après Jean 11,1, et dans la maison de Marthe. La maison symbolise elle aussi le refuge et le sein maternel, l'être intérieur et les mouvements de l'âme assimilés aux déplacements dans une maison, entre cave et galetas. Il y a une proximité de racine en hébreu entre le mot bait, maison, et le mot bat, soeur utérine, habitante d'une ville.

Ainsi, racontant la descente du bon samaritain et la montée de Jésus, le texte de Luc dit la capacité de Jésus à gravir les difficultés pour faire descendre Dieu sur terre et à affronter la descente aux enfers pour faire monter l'âme vers Dieu. Et il dit dans le même temps, de manière plus inconsciente et plus secrète, le besoin impératif de Jésus de se ressourcer, de trouver refuge pour laisser à son âme la possibilité de se nourrir : montée vers Jérusalem, mère spirituelle, arrêt au village, pause dans la maison de « sa soeur » Marthe. Et si Luc ne fait pas mention de Béthanie dans ce texte, c'est ici qu'il placera le récit de l'Ascension au chapitre 24, c'est de là que le Ressuscité descendu aux enfers montera auprès du Père.

Marthe reçoit Jésus chez elle. Elle l'accueille dans sa propre maison, ce qui indique qu'elle est une femme indépendante, maîtresse de sa vie et gérant ses propres biens. Cela est encore renforcé par son nom, Marthe, prénom unique dans la Bible et qui signifie Dame, Maîtresse. Elle a un frère, Lazare, et une soeur, Marie. Dans l'évangile de Jean (chapitres 11 et 12), Lazare meurt et Jésus le ressuscite après l'une des plus belles déclarations de foi de l'évangile, faite par Marthe.

Marthe est la femme qui va au-devant des gens et des choses, qui dit ce qu'il y a à dire, qui fait ce qu'il y a à faire et qui le fait avec une confiance inébranlable en la vie et en Dieu. Elle est capable d'affronter la réalité de la mort et de croire que tout est possible. Et Jésus l'aime beaucoup (Jean 11,5). Ce qui place aussi leur dialogue sous un autre éclairage : ils sont amis et se parlent avec toute la franchise de l'amitié.

Marthe reçoit Jésus chez elle et c'est un peu le branle-bas de combat. Il y a tant à organiser, c'est un service compliqué. Sans doute que l'intendance n'est pas facile avec tous ces gaillards qui débarquent, qu'il faut fournir en eau pour la purification (avec cette eau qu'il faut aller puiser), nourrir et peut-être loger. Combien sont-ils ? À peine un peu plus tôt, il est dit que Jésus a nommé soixante douze nouveaux disciples. Sont-ils tous avec lui ? Sans compter les voisins qui viennent certainement voir ce qui se passe... On peut se faire une petite idée de l'agitation qui devait régner dans cette maison! En tout cas, d'après Luc, la situation à laquelle Marthe est confrontée est suffisamment compliquée pour en faire mention explicitement.

Marthe accueille Jésus et sa suite en toute liberté, présente et attentive, incarnant ce samaritain dont Jésus vient de parler. La parabole se terminait par un envoi : « Va » et tous se sont mis en route. L'arrivée à Béthanie est un peu comme la continuation d'un chemin entrepris à partir de la question : qui est mon prochain ? Dans son histoire, Jésus affirmait la proximité de celui qui a pris soin, en toute liberté, du blessé. Non pas de celui qui écoute la parole et réfléchit à son sens, et non pas celui qui la transpose dans le quotidien sous forme de lois et de règlements, mais de celui qui fait ce qu'il y a à faire au quotidien.

À présent, le voilà réfugié chez Marthe, efficace à lui offrir un abri, un temps et un espace de repos, qui fait ce qu'il faut. Et voilà que Jésus renverse tout: Marthe prend soin de Jésus et Marie écoute, mais la bonne part revient à Marie. Alors quoi ?

Avec Jésus, jamais de règles de comportement définitives ou d'enfermements ! Il faut s'attendre à tout moment à être bousculée ! A ce moment précis, le bousculement vient du questionnement même de Marthe. Elle fait ce qu'il faut, mais elle dit aussi ce qu'elle pense. Et ce qu'elle pense ne s'adresse pas à Marie, mais bien à Jésus : « Est-ce que cela ne te fait rien que ma soeur me laisse seule à faire le service ? Dis-lui de m'aider ! »

Voilà qui est inhabituel : une maîtresse femme libre qui demande à un homme étranger à son foyer de se mêler d'affaires non seulement domestiques mais encore familiales ! Un signe de plus de l'amitié qui les lie, mais aussi de la liberté de cette femme qui ne craint pas d'apparaître sous un mauvais jour, qui ne craint pas d'exprimer clairement son mécontentement et ses attentes, qui ne remâche pas sa rancoeur dans son coin mais exprime son insatisfaction et sa frustration. Une femme qui sait dire quand elle a besoin d'aide et quand elle pense que son invité accapare trop l'attention. Elle ne craint même pas de passer pour une mauvaise hôtesse ou une soeur jalouse. Merveilleuse Marthe, franche, fidèle et directe, même devant son ami, son invité.

Mais pourquoi ne s'adresse-t-elle pas à Marie ? Apparemment, elle ne pense pas que cela serve à quoi que ce soit. S'est-elle aperçue que Marie est sans doute follement amoureuse de Jésus, comme le suggère le texte en mentionnant qu'elle s'installe à ses pieds, comme Ruth aux pieds de Booz ?

Marthe en tout cas voit sa soeur écouter la parole de Jésus. Elle est entièrement absorbée. Parole singulière et écoute unique, si chères à ce peuple juif, en écho au « Écoute Israël » ouvrant les Dix Paroles ; qui implique un engagement de toute la personne et la communauté dans l'écoute, une disponibilité intérieure en lien avec le divin et une capacité à l'obéissance. Ecouter Jésus, c'est aussi revisiter les Dix Paroles de manière renouvelée.

Marthe semble penser que seul Jésus peut arracher Marie à sa méditation, à sa comtemplation, à son receuillement et rendre Marie au travail domestique. Avec son interpellation elle paraît dire que seul Jésus captive Marie et l'empêche de faire ce qu'elle doit. Marthe renvoie Jésus à ses responsabilités : « cela ne te préoccupes pas ? ». Elle ne parle pas à sa soeur.

Là où la lecture traditionnelle voit d'abord de la jalousie, je suis frappée par l'absence de relation et de dialogue et l'incapacité de Marthe à accorder à Marie le statut de vis-à-vis et à lui demander quoi que ce soit.

La relation directe entre soeurs, sans médiation, est un aussi un cheminement qui ne va pas sans difficulté. Dans un monde où les femmes sont quantité négligeable, en rivalité face aux hommes pour trouver un époux (qu'on se souvienne de Rachel et Léa), puis pour lui donner des enfants, où trouveraient-elles des clés pour développer leur relation ? Comment pourraient-elles être interlocutrices ?

Et pourtant, étant soeurs, tout le monde s'attend à ce que leur relation soit facile et leur proximité naturelle. C'est aussi dans ce sens que va l'évangéliste Jean au chapitre 11 qui met les mêmes mots dans leur bouche après la mort de leur frère.

Et pourtant, tout un chacun trouve normale la rivalité qui les oppose; chacun s'attend à ce que l'une fasse mieux que l'autre. Notre regard de lectrice aussi compare et prend partie. Et en plus Jésus semble nous donner raison !

Stop ! Pas si vite ! Jésus s'adresse à Marthe et seulement à Marthe. « Marthe, Marthe », répétition d'affection destinée à se faire vraiment entendre. « Tu te fais du souci pour beaucoup de choses et tu es agitée. » Cette phrase révèle à nouveau leur complicité. Jésus prend en compte que Marthe se fait du souci pour lui, pour l'avenir.

Et en même temps, il lui fait entièrement confiance. Il la croit capable de comprendre ce qui est en jeu. Et il la croit capable de cesser momentanément de faire ce que toute femme responsable ferait, à savoir s'occuper de sa nichée, pour s'asseoir et mettre son énergie à une écoute active de la Parole. Il la croit capable d'abandonner toutes les conventions et toutes les contraintes intérieures pour rejoindre sa soeur et la rencontrer autour de la Parole. Il fait appel à toute son intelligence et la sait capable de mobiliser une vision totalement différente de son monde, de son quotidien. Il sait qu'elle fait ce qu'il faut tous les jours et il sait qu'elle sait aussi faire autrement et poser les priorités autrement. Il met aussi l'accent sur son angoisse, cette angoisse qui coupe des autres et ne rapproche pas. En toute amitié, il lui suggère de retrouver confiance, de ne pas se laisser déborder par les soucis et de le rejoindre dans ce temps de pause. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Il ne s'agit pas que Marthe se transforme en Marie, il ne s'agit pas qu'elle cesse de faire ce qu'il faut. Il s'agit ici et maintenant, dans ce temps de cheminement et de montée, de savoir s'arrêter pour reprendre des forces, dans une proximité unique et un partage possible malgré les différences. Il s'agit qu'elle puisse rencontrer en sa soeur une adulte différente, qui fait et assume ses choix.

Un texte de rivalité entre soeurs ? Un conflit dans lequel nous aurions à prendre position ? Jésus souligne à la fois la différence des deux soeurs mais aussi la proximité de leur quête. « merimnas » - tu te fais du souci, et « merida » - la part qui revient à Marie, ces deux mots ont des sonorités communes et commencent de la même manière, esquisse d'une mise en route commune.

La suite du chemin est difficile, la route est raide, le danger de comparaison, de rivalité toujours présent, mais aussi en germe le respect de la différence et la possibilité de découvrir l'autre dans ses propres choix. Cela ne va pas de soi que de soeurs de sang elles deviennent soeurs de coeur. Mais le médecin Luc, en choisissant de rapporter dans les versets suivants les paroles de Jésus sur la prière au Père, propose l'ouverture à un dialogue authentique : « Demandez et l'on vous donnera. »


Véronique Isenmann
Théologienne

 

 

 

 

Illustration:

Le Christ chez Marthe et Marie

Velasquez 

 

 

dimanche, 07 janvier 2007

Mesdames, de bonnes résolutions pour l'année 2007!!

 
 
 
 
 
 
 
 
"L'épouse est la femme forte de l'évangile; Le matin la trouve debout, aussi fraîche qu'une fleur en bouton, un noeud de satin rose nouant ses cheveux blonds comme les blés. Dès l'aurore, vêtue d'un vaporeux déshabillé, elle vaque aux soins du ménage, avec des gestes gracieux. Lorsque le mari quitte la salle de bain, il trouve l'épouse qui l'attend en souriant devant un petit déjeuner à l'anglaise servi sur une nappe brodée; les oeufs frits, les croissants chauds (que, de son pas dansant, elle est allée chercher chez le pâtissier proche) et le chocolat fumant sont d'une grande douceur au coeur du mari. L'épouse ne va jamais chez le coiffeur, et cependant sa chevelure est toujours ravissante; sans maquillage, elle éclipse par son éclat les beautés les plus célèbres. L'épouse, d'ailleurs, demande très rarement de l'argent au mari. C'est une fée, qui taille et coud elle-même, dans des cotonnades fleuries et inusables achetées en solde au marché Saint-Pierre des robes qui semblent sortir du faubourg Saint-Honoré. Elle cuisine à merveille, et pour presque rien, des plats succulents, et le mari trouve chaque soir sur sa table une tarte de pâte fine que l'épouse a pétrie avec amour, ses bras frais et bruns joliment saupoudrés de farine.Tout brille dans la maison, car encaustiquer les meubles est pour l'épouse une joie de tous les instants ; partout, des fleurs : l'épouse les aime tant qu'elles poussent, sur le petit balcon pourtant exposé au Nord, mieux que dans une serre. Après le dîner, l'épouse se met au piano et berce le mari de mélodies légères et parfois mélancoliques, tandis qu'il fume une pipe d'Amstredamer, son chien fidèle couché à ses pieds. L'épouse reçoit comme une femme du monde qui aurait, en plus, le coeur de la Madelon. Aussi la maison est-elle sans cesse remplie d'amis charmants; ils dévorent à belles dents les soupers fins qu'elle sait leur préparer en un tournemain, joyeusement et sans peine, car elle a toujours un placard plein de conserves (qu'elle fait elle-même durant l'été) qui peuvent répondre à tous les imprévus. L'épouse sait ravir constamment son mari, qui trouve en elle toutes les femmes. Elle a l'éclat d'Ursula Andress, la plénitude de Brigitte Bardot et la séduction d'Audrey Hepburn. D'ailleurs si, dans un moment de distraction, le mari courtisait une autre femme, l'épouse saurait fermer les yeux, tendrement, car l'épouse comprend tout, pardonne tout. Même les discussions politiques sont un paisir quand l'épouse y participe (sans d'ailleurs jamais s'imposer). Sa culture en ce domaine le dispute à son impartialité et à son sens de l'Histoire. Elle sait sur tous les hommes célèbres des anecdotes charmantes (et nullement triviales) qu'elle conte à ravir. Chaque samedi, l'épouse fait gaiement la lessive familiale. "C'est si bon, dit-elle, d'avoir les mains dans l'eau... D'ailleurs, les produits détérgents adoucissent la peau!". Bientôt, le beau linge blanc est rangé dans l'armoire en piles régulières, parfumé de sachets de lavande et noué de rubans bleu pâle du plus heureux effet. L'épouse ne vieillit pas en dépit des années, car son rire clair résonne tout le jour dans la maison, et son doux sourire est plein de jeunesse. Et quand, ses huit enfants mariés, elle meurt, après une vie de devoir et de bonheur, c'est si discrétement que le mari s'en aperçoit à peine."



Marianne ANTOINE et Florence REMY
 
Comment soigner et élever son mari
Hachette 1965.
 
 
 
 
 

Illustration:

Richard Hamilton 
 

jeudi, 31 août 2006

L'éthique de Tzara

 
 
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 Je remercie Tzara de m'avoir autorisée à reproduire l'échange qu'elle a eu avec jemedebat sur  la note Tribune Libre concernant ce qu’est la femme. Cette note fait suite au débat qui s’était instauré entre GMC et Béatrice qui, je l’avoue fut en tout point remarquable. Cependant, il me semble que Tzara est allée plus loin dans la critique de la sempiternelle rhétorique "du chien qui se mord la queue".
En effet, elle a exposé avec talent et exigence les fondements d’une véritable éthique de nature philosophique et métaphysique qui excède très largement les discours gauchistes sur les femmes, dont on connaît parfaitement les limites, mais aussi les conséquences désastreuses sur la famille, la société, la spiritualité, mais plus grave encore le devenir de l’humanité. Cette éthique est, à mon sens un véritable manifeste, une lumière dans les ténèbres à l’usage des femmes du XXIe siècle qui en ont dramatiquement besoin. Le XXe siècle a vu les femmes s’organiser en mouvements féministes, plût au ciel que le XXIe voit l’avènement de « la femme debout » avant que d’autres nous dictent notre manière d’être, avec à la proue du navire une bien utile et attachante lumière pour toutes…et tous : Tzara.
 
 
 
 
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I. Affirmation de l’Ethique

 

Le rôle que joua la conscience, et en particulier la conscience morale, ce qu'Aristote nomme l'Ethique, ne fut pas anodin en ce monde. Notre attitude, engage l'ensemble de la communauté humaine. Nous ne sommes pas seuls et isolés, mais reliés, car vivants, à un tissu général d'idées, de pensées, de positions, etc. qui contribuent à l'avancement général du niveau "d'être" sur cette planète. Il ne s'agit pas d'agiter vainement et en permanence dans la rue, bien que parfois cela soit nécessaire, des pancartes - mais bien de réaliser, d'actualiser en soi-même le refus de la barbarie et de la violence, de se lever, et donc de "s'élever" contre l'abject.

Ce n'est pas seulement un débat fébrile et parfois ridicule des bons compatissants contre les méchants indifférents ou rieurs, ce qui a peu d'importance, surtout dans un univers de l'éphémère, de la virtualité, et du mensonge comme celui du Blog. Mais de faire naître en nous, en chacun de nous, l'homme qui est à naître - de ne point tuer la faible lueur que représente le pouvoir de s'indigner et de dire NON ! Il en va de nous, des générations futures et du devenir de l'essence effective de ce que signifie pour un "humain" d'être doté d'une intelligence réflexive et analytique.
l'homme, depuis l'origine, ne se résume pas à la biologie organique, mais il est d'abord une IDEE !
"Le logos est commun bien que la plupart vivent comme s'ils avaient une pensée propre. Parler avec intelligence consiste à s'appuyer sur ce qui est commun à tous. Pour ceux qui sont éveillés, il n'y a qu'un seul monde commun, c'est lorsque nous dormons que chacun reste enfermé dans le sien."
Héraclite

 

 

II. Les limites du discours biologique

 

La méthode du laboratoire, l'observation du pur biologique, ne permet pas de poser la question fondamentale concernant l’homme ni, à plus forte raison de la résoudre, puisqu'elle se situe explicitement en deçà de tout engagement personnel, pour échapper, précisément, à la diversité des options philosophiques - opposées éventuellement ou, en tout cas, de niveaux différents - qui empêcherait d'aboutir à un langage commun.

Il est évidemment probable que le biologiste (ou le poète même le plus "anévrosé") le plus acharné à déclarer que l'homme n'est qu'un animal ou un primate se sentirait offensé si on l'assimilait lui-même à un animal ou un primate, en réduisant toute sa pensée ou sa poésie à un produit mécanique ou à une sécrétion glandulaire, ce qu'elles sont sans doute !
De fait, nous nous traitons nous-mêmes comme un laboratoire vivant, chaque fois que nous prenons une drogue pour combattre une migraine, surmonter une insomnie ou faire tomber une fièvre. Nous admettons donc, sans la moindre difficulté, cette part de robot, inhérente à nous-mêmes, comme un soubassement physico-chimique : dont nous n'avons à nous occuper que lorsqu'il est déréglé et pour pouvoir le plus vite possible, l'oublier.
Notre vraie vie est ailleurs, celle à laquelle nous sommes attachés et que nous considérons comme notre suprême bien. Elle se situe au niveau de ces valeurs, qui sous-tendent la conscience de soi où chacun se reconnaît et s'affirme.
La tentation est grande de nous réduire à un circuit, éphémèrement autonome, d'énergies qui viennent du cosmos et qui y retournent. Les lois qui régissent le phénomène humain ont, en effet pour les biologistes, la même saveur déterministe que toutes celles où ils cherchent à comprendre l'univers, en nous encadrant dans une chimie subtile, capable de modifier nos sentiments et nos idées comme elle fixe notre hérédité et concourt à notre équilibre physique.

Notre psychisme est d'ailleurs largement tributaire d'impulsions infantiles qui plongent dans une biologie primitive dont il est facile de déceler les racines et d'étiqueter les paliers : dans les groupes comme chez les individus. Des slogans passionnels agitent et orientent l'opinion, tandis que des chercheurs éminents, qui refusent de jouer aux prophètes, avouent leur incapacité de lui offrir une direction certaine dans l'usage de pouvoirs, dont les ultimes conséquences dépassent souvent leur savoir. Manière discrète de nous renvoyer à une morale, à une vision globale de l'homme, qu'aucun laboratoire n'est capable de fournir.
La biologie, comme telle, ne peut rien prescrire.

On peut, sans doute, sur un plan purement phénoménal, considérer l'espèce humaine comme le simple produit d'une évolution aveugle où des mutations accidentelles entraînèrent des transformation irréversibles, de même qu'un instinct aveugle impose encore l'existence à la plupart des individus. Il n'en reste pas moins qu'avec l'apparition de l'homme un hiatus se produisit par la prise de conscience qui ouvre le monde à nous-mêmes et nous-mêmes au monde. N'oublions donc pas, que si cette phrase à un sens, elle oblige à une attitude de génération de l'être qui dépend de la responsabilité de chacun, et la responsabilité s'exprime par l'Ethique, c'est ce qui distingue l'homme et la femme de l'animalité et de la biologie : "Nous ne sommes pas au monde, la vraie vie est absente". (Rimbaud).

 

 

III. Une quête de l’au-delà de l’être

Si la biologie d'un animal est close, s’il ne peut pas la juger, s’il ne peut pas la dominer, s’il ne peut pas la dépasser, s’il ne peut donc pas s'en détacher, c'est-à-dire qu'il est incapable de la transformer, s’il est scellé dans sa biologie d'une manière irrévocable, au contraire l'homme a une possibilité d'en sortir parce que, justement, sa biologie n'est pas close. Il peut prendre un recul par rapport à elle, il peut se suicider par exemple. Il peut refuser le jeu. Il peut refuser de vivre. Il peut faire la grève de la vie parce qu'il peut peser cette vie et la trouver trop légère, il peut peser cette vie et la trouver indigne d'être vécue - comme fait Hamlet à la fin de la tragédie de Shakespeare en déclarant que la vie est une histoire racontée par un idiot. L'homme peut donc se remettre en question car sa biologie ne le contient pas tout entier. Il peut en sortir et il doit en sortir parce que, s'il n'en sort pas, s'il s'enclôt dans sa biologie, alors il se détruira en la détruisant puisque cette biologie n'est pas capable de réaliser la pensée qui est suggérée par cette ouverture même. Il n’y a donc pas de normativité biologique pour lui, de normativité "factuelle" ou structurelle de primate mâle ou femelle, c'est une absurdité gigantesque de l'affirmer, une idiotie sans nom, et c'est là, profondément, ma radicale opposition avec les positions réductionnistes de nôtre poète : la biologie de l'homme au sens générique (féminin et masculin) invite à autre chose.
D’ailleurs ceux qui ont du caractère, qui ont un énorme tempérament, ne peuvent vivre dans leur biologie qu'en faisant tout sauter parce que la biologie, justement, est incapable de répondre aux appels même de la passion, parce que la passion dans une biologie ouverte ne peut pas s'y enfermer, elle veut quelque chose, elle veut l'infini, la totalité, l’absolu, dont elle est contaminée précisément par le voisinage de la pensée. De la sorte la biologie humaine à ce caractère particulier, ce caractère explosif et destructif que ne comporte pas la biologie animale qui ne réagit pas généralement quand elle n'est pas menacée et qui ne va pas au-delà des besoins présents. La biologie humaine, au contraire, et on ne peut le considérer comme relevant du pathologique, ne peut pas se satisfaire dans le besoin présent.
Si vous êtes sûr de manger maintenant, mais si vous êtes sûr de ne pas manger demain, votre repas d'aujourd'hui est empoisonné déjà par l'angoisse du lendemain. Si vous souffrez et êtes brisée, réduite à rien par des imbéciles et des crétins qui vous ont piétinée, qui ont souillé votre existence, alors ils vous ont anéantie et cassée, justement parce que notre biologie est ouverte et que cette ouverture est illimitée, débouchant sur une dimension à laquelle on vous empêche d'accéder en vous ramenant par contrainte et par la force à de la biologie pure (un cul, une femelle à baiser, etc.) ou un bon travailleur finalisé et robotisé rivé au système, consommateur à plumer... les situations peuvent varier mais l'exercice de la violence prend beaucoup de visages divers.
Il s'agit donc pour nous, hommes et femmes, en conclusion, non pas de nous conformer à une règle normative, mais de passer de cette biologie ouverte à la réalisation d'un véritable champ non clos qui ne peut s'accomplir que par un changement radical de notre moi, par le passage du moi biologique au moi valeur, au moi personnel, au moi universel, c'est-à-dire finalement au moi créateur connaissant et attentif à la situation proprement invivable dans laquelle est inscrite la vie de tous, hommes et des femmes. Hommes et femmes, maladroits, débiles, méchants, mesquins, minuscules, stupides au dernier degré, certes, mais que nous devons écouter non pas en les réduisant à un symptôme ou une animalité, mais en respectant, en eux, cette dimension dont ils sont le plus souvent ignorants, mais dont ils sont, malgré tout, porteurs et en laquelle réside toute leur dignité non pas d'animaux, de primates mâles et femelles, mais "d'êtres" en puissance non enclos dans leur biologie mais ouverts sur l'au-delà de "l'être".
 
 
" Etre radical c'est prendre ce dont il s'agit à la racine,
mais
la racine pour l'homme, c'est l'homme même.
Cette phrase n'est pas une phrase politique, ou naturaliste, mais une phrase métaphysique (...)

Mon explication de l'homme, n'est donc pas politique, naturaliste ou biologique,
elle a en vue l'être est la manière dont il se destine à son dépassement".

 

(M. Heidegger), Séminaire de Zärhingen - 8 septembre 1973.



Tzara le 31.08.2006

vendredi, 04 août 2006

La place de la femme selon l’Écriture

L'esprit de Saturne vient encore de frapper, me semble-t-il, sous la plume de Rhéa son quatorzième satellite, sur la note  "de la modestie des femmes". De toute évidence l'énigmatique Saturne, je pense reconnaître son style et sa plume quelque peu acerbe, c'’est le moins que l’on puisse dire s’'agissant du célèbre exécuteur impitoyable des microscopiques narcissiques peuplant de façon fantomatique la "zone !", qui, par l'’intitulé de son article : UN SALUTAIRE RAPPEL A L'ENDROIT DES PETITS ESPRITS CONTAMINES PAR LA PENSEE DOMINANTE, apporte une contribution non négligeable à la réflexion que je poursuis sur le mal et la place de la femme dans nos sociétés dégénérées dites de " progrès ". Je veux le remercier très sincèrement pour son exposé, certes singulièrement " réac " voire ultra intégriste, mais néanmoins ouvrant pas mal de pistes à la réflexion et à l'’analyse doctrinale. Cette piqûre de rappel en provenance de l'’astre sombre viendra, j'en suis certaine, alimenter plus encore les cancans sur "ma bigoterie invétérée", et renforcer, s'il en était encore besoin, ma réputation de vieille fille, coincée et refoulée...entre autre. A la bonne heure !! A défaut d'un débat constructif sur ce sujet, (ne rêvons pas), Saturne (ou l’'un des siens), me donne encore une fois l'occasion, ce qui n'est déjà pas si mal, de m'adonner à mon occupation favorite, à savoir, "rire aux éclats " en imaginant les tristes trombines effarées de mes innombrables détracteurs, et détractrices, à la lecture de telles horreurs !
 
 
 
 
UN SALUTAIRE RAPPEL A L'ENDROIT DES PETITS ESPRITS CONTAMINES PAR LA PENSEE DOMINANTE
 
 
Tout le monde admettra que Dieu a donné à la femme un rôle particulier et merveilleux dans la famille, dans la société, et qu’il l’a rendue particulièrement apte à remplir ce rôle unique qu’aucun homme ne peut assumer convenablement.
La Parole, du début à la fin, nous montre la place spéciale de la femme dans la création, à la chute de l’homme, sous la loi dans l’Ancien Testament, et sous la grâce dans l’Église du Nouveau Testament. Nous verrons dans la Parole de Dieu que la femme a sa propre sphère de service, qui est particulièrement heureuse et nécessaire.

Nous comprendrons mieux notre sujet si nous considérons d’abord la place de la femme dans la création, à la chute, sous la loi et à la maison. Si nous discernons le rôle que Dieu a donné à la femme dans ces domaines, cela nous aidera à prendre conscience de sa place dans l’Église, selon les Écritures.



I - Dans l’Ancien Testament

1 À la création
En Genèse 2, nous voyons que l’homme a été créé le premier, puis, d’une côte d’Adam, Dieu a formé la femme et l’a amenée vers l’homme pour qu’elle soit une aide qui lui corresponde. En 1 Corinthiens 11:8-12, l’Esprit de Dieu nous rapporte ce commentaire : « Car l’homme ne procède pas de la femme, mais la femme de l’homme ; car aussi l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l’homme. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise. Toutefois, ni la femme n’est sans l’homme, ni l’homme sans la femme, dans le Seigneur ; car comme la femme procède de l’homme, ainsi aussi l’homme est par la femme ; mais toutes choses procèdent de Dieu ». Voilà une présentation extrêmement mesurée et équilibrée de la vérité de la relation homme-femme.

Le fait même que la femme ait été tirée de l’homme prouve qu’elle est égale à lui. Elle n’est pas inférieure, mais lui est égale, l’aide qui lui correspond. Il y a égalité, mais en même temps, diversité. La femme a été faite pour l’homme, pour être avec lui à ses côtés. La pensée de Dieu pour la femme n’a jamais été qu’elle soit une créature indépendante, à part de l’homme, mais qu’elle soit associée à lui, et qu’ensemble ils soient une seule chair et soient le type de Christ et de son Épouse, l’Église. La femme ne brille jamais avec plus d’éclat que lorsqu’elle remplit le rôle en vue duquel elle a été créée : être tout d’abord pour l’homme une aide qui lui corresponde.

Cependant il faut remarquer que le fait même que la femme ait été formée à partir de l’homme indique que l’homme est son chef. C’est la déduction que l’Esprit de Dieu nous présente dans les versets de 1 Corinthiens 11 que nous venons de citer. C’est pourquoi (à cause de sa place dans la création) la femme doit avoir sur la tête une marque de l’autorité à laquelle elle est soumise, à cause des anges. L’apôtre dit : « Mais je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c’est le Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme » (v. 3). À cause de cet ordre divin dans la création, la femme doit reconnaître à l’homme sa place de chef, et avoir sur la tête une marque de son autorité sur elle, c’est-à-dire avoir la tête couverte, particulièrement quand elle prie ou prophétise, et quand elle est dans l’assemblée (v. 5-10). Il faut que l’ordre établi par Dieu dans la création et dans l’Église soit manifesté devant les anges.

Nous reviendrons plus tard sur le sujet de la femme qui doit se couvrir la tête. Nous y faisons allusion ici seulement en rapport avec la place qu’elle occupe dans la création et avec ce qui en découle, symbolisé dans la Parole par le fait qu’elle doit avoir la tête couverte : elle reconnaît l’homme comme son chef.

En 1 Corinthiens 11:14-15, l’apôtre trouve dans la nature un signe supplémentaire de la distinction entre l’homme et la femme et de la place de soumission qui convient à la femme. « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas que, si un homme a une longue chevelure, c’est un déshonneur pour lui ? Mais si une femme a une longue chevelure, c’est une gloire pour elle, car la chevelure lui est donnée en guise de voile ». Dieu a donné à la femme une longue chevelure, et à l’homme des cheveux courts, comme une marque qui les distingue. Il est naturel pour la femme d’avoir les cheveux longs, et pour l’homme d’avoir les cheveux courts.

Dans l’Écriture, la longue chevelure symbolise en général la dépendance, la soumission et cette modestie qui convient à la femme, ce « vase plus faible » auquel l’homme doit porter honneur (1 Pierre 3:7). Le passage de 1 Corinthiens 11 nous dit que la chevelure de la femme est sa gloire. Une femme ne manifeste la gloire et la beauté dont Dieu l’a revêtue que lorsqu’elle demeure à la place de dépendance et de soumission que Dieu lui a donnée, et qu’elle garde son caractère féminin. Plus une femme garde son caractère de femme, plus elle est belle et agréable à Dieu. Plus une femme cherche à ressembler à un homme et à prendre sa place, plus elle perd sa vraie beauté et son vrai caractère.

L’expression « La nature même ne vous enseigne-t-elle pas ? » peut s’appliquer largement à notre sujet. La constitution et le tempérament naturels de l’homme et de la femme sont très différents. Dieu, dans sa sagesse, a mis de grandes différences dans la constitution physique, mentale et affective de l’homme et de la femme. Il a fait l’homme plus grand, plus fort, il lui a donné un esprit plus logique et, par un heureux contraste, il a donné à la femme une grâce naturelle, une douceur et une vivacité d’esprit qui la rendent particulièrement apte à s’occuper du foyer. De toute évidence, le créateur a constitué par nature les hommes et les femmes de telle sorte qu’ils remplissent des rôles distincts et cependant complémentaires.

Ainsi, la création et la nature nous enseignent que, dans la société, la femme a un rôle différent de celui de l’homme. Nous allons voir que le rôle que Dieu lui a donné dans l’assemblée est en harmonie avec sa place dans la création et dans la nature. Nous verrons même que sa place dans la création détermine aussi son rôle dans l’assemblée, et que sa place dans la nature illustre son rôle sous la grâce, ou sa relation avec Dieu, en tant que chrétienne. Les deux sont inséparables. Dans l’assemblée, Dieu ne donne ni à la femme ni à l’homme un rôle qui serait contraire à leur place dans la création et dans la nature.



2 Lors de la chute

Nous avons vu que, dans la création, le rôle de la femme est d’être soumise à son chef et d’être sa compagne. Nous allons maintenant considérer quel rôle elle a joué dans la chute de la race humaine au jardin d’Eden, et quel rôle lui a été attribué en conséquence. Dans le récit que Dieu nous donne en Genèse 3, le serpent a tenté notre mère Ève pour qu’elle prenne du fruit défendu ; c’est elle qui en a mangé et en a donné à son mari qui en a aussi mangé (v.1,6). À cause de cela, Dieu a dit à Ève : « En travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera tourné vers ton mari, et lui dominera sur toi » (Genèse 3:16).

Nous voyons là que la première femme, Ève, a pris l’initiative et a quitté sa place naturelle de dépendance. Au lieu de repousser les sollicitations du serpent, de rechercher l’aide et la protection du chef que Dieu lui avait donné, elle a agi dans l’indépendance et a été trompée par le serpent jusqu’à désobéir au commandement de Dieu. Dieu a donc clairement établi que sa place serait dans la soumission à son mari.

En ceci, nous ne sommes pas laissés à nos propres conclusions, car l’Esprit de Dieu nous rappelle en 1 Timothée 2:11-14 qu’Ève a été trompée par Satan, et indique que c’est pour cette raison que, dans le temps présent de l’Église, la femme ne doit pas prendre une place d’autorité sur l’homme. « Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission ; mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ; car Adam a été formé le premier, et puis Ève ; et Adam n’a pas été trompé ; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression ».

Nous trouvons là deux raisons qui font que la femme ne doit pas enseigner dans l’assemblée. L’une est qu’Adam occupe la première place dans la création, ce qui suppose l’autorité ; la deuxième est que la femme a été trompée par le serpent. Adam n’a pas été trompé comme la femme ; il a péché en connaissance de cause et a été plus coupable que sa femme, mais c’est Ève qui a été trompée. Telle a été sa part dans la chute de la race humaine, et puisqu’elle a montré qu’elle était un mauvais conducteur sous ce rapport, Dieu, dans la sagesse de son gouvernement, l’a écartée d’une place d’autorité ou d’enseignement dans l’Église. Nous avons donc là le premier et le plus puissant avertissement : ce n’est pas à la femme de diriger. Avertissement saisissant donné dès le début de l’histoire de l’homme et pour tous les temps.

Citons ces quelques lignes : « Quand les femmes sortent de leur place, elles semblent être la proie particulière du diable. Dans la parabole, c’est une femme qui a introduit le levain dans les trois mesures de farine (Matt. 13:33) — type de l’introduction de principes corrupteurs qui ont envahi la chrétienté. C’est une femme — Ève — qui est tombée « dans la transgression ».

Ce sont « des femmelettes chargées de péché, entraînées par des convoitises diverses », qui sont emmenées captives par des hommes mauvais dans les temps fâcheux des derniers jours (2 Tim. 3:6). C’est une femme — Jézabel — qui, dans l’histoire de l’Ancien Testament, représente tout ce qui est mauvais et corrompu, et qui, dans l’Apocalypse, symbolise la corruption ecclésiastique et la plus profonde décadence religieuse (1 Rois 21 ; Apoc. 2:20).

« De nos jours, la plupart des médiums et spirites sont des femmes ; le spiritisme moderne a commencé avec des femmes, en Amérique » (A.J. Pollock).

Il n’est pas question de dénigrer les femmes, car généralement elles ont des qualités morales supérieures à celles de l’homme, et le dépassent souvent dans leur affection et leur consécration pour Christ. Il ne s’agit pas ici non plus des capacités des femmes, car, comparées aux hommes, on reconnaît volontiers qu’elles ne sont nullement inférieures en ce qui concerne les aptitudes intellectuelles, la culture, le tact, la façon de parler, etc. C’est uniquement dans sa position que l’homme est au-dessus de la femme. Nous voudrions insister sur ce point : lorsque la femme quitte la place et la sphère d’activité que Dieu lui a données, et prend une position où elle enseigne et dirige, elle devient souvent la proie particulière des tromperies de Satan et propage ses mensonges et ses hérésies. Voilà la leçon que nous devrions apprendre d’Ève au jardin d Eden et de l’histoire subséquente de la femme.

D’autre part, lorsque la femme demeure à la place que Dieu lui a donnée, elle est une force très efficace pour le bien ; sa présence et sa force au service de Christ sont, dans la soumission à Dieu, essentielles pour la réussite et la continuation de l’Église. La Bible abonde en exemples de femmes pieuses, fidèles et consacrées qui ont accompli pour Dieu de grands services dans la sphère qu’il leur a fixée.

Résumons un peu ce que nous venons de voir : Ève a été trompée par Satan et a pris l’initiative pour commettre le premier péché ; en conséquence, la femme a été placée, selon les voies de Dieu en gouvernement, dans une position de soumission à l’homme ; elle doit apprendre dans le silence en toute soumission et ne doit jamais exercer d’autorité sur l’homme. Voilà ce que nous apprend l’Écriture au sujet de la place de la femme, à cause de la part qui a été la sienne dans la chute de la race humaine en Eden. Et ce statut divin demeure inchangé aujourd’hui, dans la période de la grâce qui est celle de l’Église. De plus, comme nous l’avons remarqué, l’histoire de la femme n’a fait que confirmer combien étaient sages et justes les limites que Dieu avait imposées à sa sphère d’activité.



3 Les saintes femmes de jadis

L’apôtre Pierre, en donnant aux épouses des exhortations sur leur conduite, parle du comportement des saintes femmes de jadis, et donne comme exemple la conduite de Sara. Citons ces versets, que le Saint Esprit nous a donnés par le moyen de Pierre, car ils éclairent notre sujet : « Pareillement vous, femmes, soyez soumises à vos propres maris, afin que, si même il y en a qui n’obéissent pas à la Parole, ils soient gagnés, sans la Parole, par la conduite de leurs femmes, ayant observé la pureté de votre conduite dans la crainte, — vous, dont la parure ne doit pas être une parure extérieure qui consiste à avoir des cheveux tressés et à être paré d’or et habillé de beaux vêtements, mais l’homme caché du coeur, dans l’incorruptibilité d’un esprit doux et paisible qui est d’un grand prix devant Dieu ; car c’est ainsi que jadis se paraient aussi les saintes femmes qui espéraient en Dieu, étant soumises à leurs propres maris, comme Sara obéissait à Abraham, l’appelant seigneur, de laquelle vous êtes devenues les enfants » (1 Pierre 3:1-6).

Ces paroles sont claires et ne nécessitent guère de commentaire. Sara, qui pourrait nous apparaître dans l’Ancien Testament comme une femme d’une personnalité énergique et autoritaire, est là comme un exemple des saintes femmes de jadis qui demeuraient soumises à leur mari et pures dans leur conduite. Cela nous montre clairement la position de la femme par rapport à l’homme, et comment ces saintes femmes de jadis la vivaient.



II - Sous la loi

À ce propos, nous voudrions nous référer brièvement à la place qu’avait la femme sous la loi. Lorsque l’apôtre Paul écrit à l’assemblée à Corinthe et donne des enseignements sur la place des femmes dans l’assemblée, il demande « qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi » (1 Cor. 14:34). Il ne se réfère pas à un passage ni à un précepte particulier, mais à toute la portée de l’Ancien Testament. Tout au long de la période de la loi, nous voyons que la femme avait une place de soumission et d’obéissance, et non de direction ou d’autorité.

Ainsi nous voyons clairement que la création, la chute et la loi nous montrent toutes les trois que la soumission est la position que Dieu a voulue pour la femme. Avec cet arrière-plan de l’Écriture, nous pouvons maintenant examiner la place de la femme dans l’époque actuelle de la grâce, dans le foyer et dans l’Assemblée.
 
 
 
 
 

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jeudi, 27 juillet 2006

De la modestie des femmes

 

 

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III. MOTIF.

Le soin trop curieux de s'ajuster

est une véritable prostitution. 

 

Personne ne doute que le salut des Chrétiens ne dépende principalement de la pureté, dit Tertullien ; car étant devenus par le baptême des temples de Dieu, sanctifiés et consacrés par le Saint-Esprit, il est certain que la pureté doit être le prêtre et le portier de ce temple, et qu’elle n’en doit permettre l’entrée à rien d’impur et d’immonde ; de peur que le Dieu de pureté qui y habite, trouvant sa demeure souillée, ne l’abandonne avec indignation.
Ce n’est pas que j’aie dessein de vous entretenir ici de cette vertu ; la parole de Dieu, qui en ordonne à chaque moment la pratique, doit vous avoir suffisamment instruites de son excellence et de sa nécessité ; je prétends seulement vous parler des circonstances qui la doivent accompagner, c’est-à-dire de qu’elle manière vous devez vous comporter à l’extérieur ; car la plupart, soit qu’elles le fassent par ignorance, soit qu’elles dissimulent malicieusement la vérité qu’elles connaissent, s’imaginent que la chasteté ne consiste que dans l’intégrité du corps et dans la fuite de la fornication, et se font voir à l’extérieur, comme si cette excellente vertu pouvait être compatible avec le luxe des personnes les plus impudiques ; rien n’est plus ordinaire que de voir celles, qui vivent dans cet abus, avoir autant de soin de s’ajuster et de se farder le visage, que les femmes idolâtres qui ne peuvent jamais avoir de véritables sentiments de pudeur ; parce que tout est faux et les vertus mêmes ne sauraient être véritables en celles qui ne connaissent point le Maître de la vérité.
La véritable pudeur doit chasser de vos cœurs le désir de plaire, et pour posséder véritablement cette vertu il faut éviter tout ce qui peut faire naître à votre prochain des désirs désordonnés, et on doit reconnaître jusque dans vos démarches, si c’est par fierté ou par l’esprit de Dieu que vous êtes chastes ; la chasteté véritablement chrétienne demande de vous, que non seulement vous ne souhaitiez pas d’être vues, mais vous oblige encore d’éviter avec soin d’être à votre prochain une occasion de scandale et de péché en vous laissant voir ; car il est certain qu’un ajustement trop curieux étant capable d’exciter en ceux qui vous voient des désirs illicites et déréglés, ce soin de paraître à la manière du monde ne se peut accorder avec les sentiments de charité qui doivent être inséparables d’un cœur véritablement chrétien.
Pourquoi donc réveillez-vous une passion que vous condamnez ? Pourquoi donnez-vous des forces à un mal que vous professez de détester ? Pourquoi faîtes-vous naître des tentations auxquelles on ne succombe que trop souvent, et qui ne manquent jamais de produire un scandale dangereux ? Car si cet ajustement mondain, dont vous êtes si curieuse, allume la concupiscence dans le cœur de ceux qui vous regardent, n’est-il pas vrai de dire que vous immolez autant de victimes au démon qu’il y a d’hommes qui vous regardent en ces équipages scandaleux ?
Et quoique vous n’ayez aucune pensée criminelle, vous ne laisserez pas d’être condamnées pour en avoir donné l’occasion à votre prochain.
A suivre... 


De la modestie des femmes, Thimotée Philalète. Editions Jérôme Millon 2002, p. 64-65-66...

Illustration: Jean-Baptiste-Camille Corot

mardi, 27 juin 2006

De la modestie des femmes

 
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II. Motif.
Que les habits ne sont que pour la nécessité.


Nous avons déjà vu dans le motif précédent, que la fin, pour laquelle les habits ont été faits, est la nécéssité que nous avons eu après le péché de nous défendre des injures de l'air et des saisons, et non pas pour satisfaire l'ambition, ni le luxe; ainsi ce Motif n'étant qu'une suite du préccédent, nous nous contenterons de rapporter quelques autorités des pères sur ce sujet.

(...) Ce que j'appelle habillement des femmes, dit Tertullien, consiste principalement en deux choses; la première regarde les habits, l'or, l'argent, les pierreries, et le reste des ornements dont on les enrichit, et la seconde regarde le soin trop curieux, qu'elles ont de tourner différemment leurs cheveux, d'entretenir leur embonpoint, de se rafraîchir, et même de se déguiser le teint, afin d'ajuster d'une manière mondaine les autres parties du corps qui sont exposées à la vue des hommes. Or je prétends convaincre d'ambition la première de ces choses, et prouver que la seconde est une véritable prostitution, ce qui fera le sujet du motif suivant: je laisse présentement à juger à des femmes chrétiennes, à des servantes d'un Dieu de douceur et de pureté, si elles y peuvent rien trouver qui s'accorde avec l'humilité ou avec la chasteté dont elles font profession.

Saint Chrysostome: n'ayez donc plus d'autre soin, sinon que votre corps soit couvert, et qu'il n'y paraisse aucune nudité indécente, qui puisse blesser et offenser les yeux de ceux qui vous regardent.

Clément Alexandrin: ceux qui considèrent beaucoup l'extérieur de la beauté, et s'appliquent peu à la recherche de la véritable et de celle qui est honnête et selon Dieu, rétablissant sous un prétexte spécieux le culte des Idoles, doivent être rejetés comme des personnes fort éloignées de la vérité, puisqu'elles se forment et se figurent dans leur esprit une beauté qui n'est point fondée sur la science, mais sur la rêverie de leur imagination et de leurs songes, en sorte que la vie qu'elles mènent doit être considérée comme un profond sommeil ; ne devriez-vous pas vous portez à la recherche de la véritable beauté et des ornements solides ?

A suivre...

De la modestie des femmes, Thimotée Philalète. Editions Jérôme Millon 2002, p. 52-53...

Illustration: Grant Wood

lundi, 29 mai 2006

De la modestie des femmes

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I. Motif
Le péché est l'origine des habits,
et la seule nécessité en doit être la fin.

 

 

 

Il est certain que tant que l'homme est demeuré dans l'état d'innocence, il n'a pas eu besoin d’habits, ni pour couvrir sa nudité, qui ne lui paraissait point alors honteuse, ni pour se défendre des injures des saisons, auxquelles il n’était pas sujet ; il a été revêtu de peaux de bêtes que lorsqu’il s’est volontairement dépouillé de cette robe de la Justice originelle. On ne peut non plus douter que lorsque nos corps seront ressuscités, pour vivre dans le Ciel d’une vie immortelle, ils n’auront point d’autre vêtement que celui de la gloire, qui les rendra plus brillants et plus éclatants que le soleil même ; ce qui fait voir que les habits ne sont que la suite et les marques du péché de l’homme, et des soulagements contre la misère à laquelle il est sujet.

Pendant qu’il s’est conservé dans la justice et dans son premier bonheur, il n’a pas eu besoin de vêtement ; et les habits lui seront inutiles, dès qu’il jouira d’une parfaite sainteté et de la vie immortelle. Ce sont donc des livrées et des apanages des coupables et des criminels ; ce sont des remèdes contre les misères de la vie mortelle, qui est sujette au froid et au chaud : or je vous demande maintenant si ce ne serait pas une chose ridicule à une personne qui aurait été condamnée à porter toute sa vie une corde pendue à son cou, pour marque qu’elle aurait méritée de mourir sur un gibet, d’en faire une soie, et d’en tirer dans la suite un sujet de vanité et de gloire ; n’irriterait-elle pas le Juge ou le Prince qui lui aurait accordé sa grâce à cette condition ? Et ne s’exposerait-elle pas à la risée de toutes les personnes bien sensées ? Dieu a donné à l’homme condamné très justement à la mort, qu’il avait méritée par sa désobéissance et par sa rébellion, des habits faits de peaux de bêtes mortes, pour le faire ressouvenir que par sa faute il était devenu mortel, pouvant, s’il eût été fidèle et soumis aux ordres de son Souverain, jouir de l’immortalité ; et vous vous imaginerez pouvoir (sans irriter contre vous la colère de Dieu) faire gloire et tirer vanité de vos habits superbes et magnifiques, ne vous souvenant pas que ce sont des marques de votre misère et des punitions de vos crimes ? Certainement cette raison est si forte que toutes les personnes de bon sens ne peuvent voir sans gémir et jeter des soupirs, l’aveuglement où la plupart des femmes et des filles chrétiennes sont tombées ; car quoiqu’elles fassent profession de croire ces vérités que la Foi leur enseigne, elles agissent néanmoins comme si Dieu avait fait les habits pour être des marques et des signes assurés de sa grâce et de sa faveur, ou des preuves de leur vertu et de leur sainteté … (à suivre)


De la modestie des femmes, Thimotée Philalète. Editions Jérôme Millon 2002, p. 37-38.

Illustration Wilhelm Hammershoi