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lundi, 12 mai 2008

Mgr Di Falco transforme en mascarade les cérémonies de Notre-Dame du Laus

par
 Zacharias
 
 
 
 
 
 
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 A Notre Dame du Laus, du jeudi de l’Ascension 2008 jusqu’au dimanche 4 mai, Mgr Jean-Michel Di Falco évêque de Gap et d'Embrun, accueillait, en présence de nombreuses personnalités religieuses, dont Mgr Fortunato Baldelli, Nonce apostolique de France, une nuée d’ecclésiastiques mitrés, au milieu desquels on pu distinguer Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, et Jean-Pierre Foucault l’animateur télé bien connu, tous réunis pour assister à la cérémonie de reconnaissance par l’Eglise du caractère surnaturel des apparitions dont bénéficia la bienheureuse Benoîte Rencurel à compter de 1664.
Depuis plusieurs mois déjà, au prétexte de conférer un certain écho à l’événement, Mgr Di Falco, ancien porte parole de l’épiscopat français que l’on sait expert depuis longtemps dans l’art de la communication, avait eu la ridicule idée d’associer la date des premières apparitions à une marque de bière, s’amusant, avec une délicatesse contestable, à jouer sur la correspondance des désignations des dates pour concourir à la popularité des manifestations qui devaient entourer la célébration des messages conférés par la Vierge à la jeune Benoîte au Laus.

 
 
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Hubert Falco en compagnie de Jean-Claude Gaudin, Jean-Pierre Foucault

et des personnalités politiques des départements alpins.


 

On ne sait si ce navrant artifice publicitaire, ravalant au niveau d’une bonne mousse les mystères spirituels de la voyante eut l’effet escompté ? Ce qui est certain c’est que cette initiative peu heureuse, plaça sous des auspices assez discutables  les festivités annoncées et réduisit, dans les médias, l’image de ce qui se préparait à un vulgaire rassemblement d’adorateurs de la barrique et du tonneau comparable à de basses beuveries bavaroises.
Mais, comme s’il s’agissait d’en rajouter plus encore dans la caricature grossière, l’évêque de Gap qui apparemment ne recule devant aucun renoncement lorsqu’il est question de s’agenouiller devant les impératifs de la mode ambiante, ne trouva rien de mieux que de convier à débattre dans son évêché qu’il confond avec un estaminet, à l’occasion des cérémonies religieuses, trois « personnalités » du microcosme éditorial et journalistique afin qu’elles puissent s’exprimer sur la signification des messages de la Vierge et débattre sur la notion de « réconciliation », thème cuit et recuit qui toujours est servi aux mollassonnes ouailles catholiques lorsqu’on veut les engager à « cheminer ensemble en église ».


Un débat pas très « catholique » entre des intervenants aux idées contestables
 

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Monseigneur Di Falco ouvre le débat et présente les conférenciers.
 
 Photo Ray Bardin
 

Les trois personnages retenus, tels de lointains vestiges dévalués, grimaçants et faisandés des mousquetaires d’Alexandre Dumas, n’étaient autre que Marek Halter, Marcel Rufo et Fabrice Hadjadj, ce dernier étant décidément, sinon amateur de cervoises fraîches, constamment à l’affût de la moindre occasion dans les milieux conciliaires pour distribuer ses aberrations charnelles.
Nous ne nous arrêterons que brièvement sur le cas de Marcel Rufo, étrange pédopsychiatre grand habitué des plateaux télévisés, aficionado exalté qui s’est déclaré, dans un souci d’éduquer la jeunesse et de lui donner de saines distractions, contre l'interdiction des corridas aux moins de 16 ans,  laprovence.com  le plus savoureux, étant cependant ses positions touchant à la question de l’homosexualité chez les adolescents, dont il affirme « ne pas en faire un fromage ». Tout cela n’est donc pas très rassurant.

Toutefois Rufo, malgré ses positions absurdes, est loin des francs délires de Marek Halter auteur d’un blasphématoire et ignoble ouvrage sur Marie, roman dans lequel il s’est plu à imaginer qui avait pu être celle qu’il nomme volontairement « Miryem de Nazareth » et qu’il naturalise au maximum, échafaudant des hypothèses grotesques, supposant même qu’elle eut des liens avec le criminel Barabbas !
Mais par delà ses médiocres dons d’écrivain, le pitoyable Marek Halter qui ne rate jamais un moyen de faire parler de lui, s’est toutefois transformé récemment, ce qui est plus grave et que ne doit point ignorer Di Falco, en avocat de la Syrie, dont le régime est mis en cause dans les actes terroristes qui continuent à se dérouler au Liban et en Irak, et est impliqué dans la mort de Rafik Hariri ancien premier ministre du Liban. Le démentiel Marek Halter invité au Laus, faiblement inspiré, vante aujourd’hui le dialogue avec Bachar El-Assad et Khaled Mechal le leader du Hamas palestinien installé à Damas. Allant jusqu’à affirmer aux différentes rédactions qu'il avait contactées avant son voyage, qu'il était missionné par Nicolas Sarkozy !  rue89.com

On s’amusera par ailleurs du fait qu’Alain Carignon, le tristement célèbre ex-maire de Grenoble qui fit un séjour en prison à Lyon pour avoir confondu ses intérêts personnels et ceux de la ville dont il était le premier magistrat, sur son blog, se vante d'avoir, entre autre, le soutien de Marek Halter. Tout un symbole ! Mais il est vrai que l'auteur des « mémoires d'Abraham » n'en est plus à une provocation près pour faire parler de lui, puisqu’il se targuait il n’y a pas si longtemps d'avoir "fait" le mariage d'Arafat.

Enfin dernier  olibrius de ce malsain trio invité au Laus, le prétendu catholique Fabrice Hadjadj qui collectionne, dans un plan média finement rodé, colloques, interviews et articles dans les magazines de ses amis, venu distribuer sa contestable marchandise naturaliste qui ouvrit son petit laïus par une expression totalement déplacée qui ne lui fit pas craindre de désigner la Vierge du Ciel qui s’est montrée à Benoîte sous le nom de « juive » :  « Si nous sommes ici réunis ce soir, c’est parce qu’en mai 1664, il y a 344 ans, une juive, la Fille de Sion, a commencé d’apparaître à une petite bergère de France âgée de seize printemps », puis poursuivre par des comparaisons hasardeuses signalant sa nette désorientation :  « Votre péché est la matière première du Royaume », pour finir par un authentique folie théologique des plus scabreuses, se risquant à des hypothèses dont il ne mesure pas la témérité audacieuse et qui lui aurait valu, il y a quelques siècles, une correction appuyée en place publique :  « Marie, la Vierge Immaculée (…) sait en son cœur que sans cette grâce préventrice (sic !) venue de la Croix de son Fils, elle aurait été, non plus la Fille de Sion, mais la Grande Prostituée de Babylone ».

Sachant, comme le répète Alexandre Dumas, que les trois mousquetaires étaient quatre, il manquait cependant pour parfaire cette repoussante galerie d’hideux portraits le quatrième larron de cette pénible farce, qui ne fut autre que le modérateur des stupides ébats des brasseurs de houblon cathodique en la personne du démocrate chrétien de service, revenu de ses amours pour le paganisme ethno-différentialiste de Nouvelle Ecole, à savoir Patrice de Plunkett, qui, s’il anima les échanges avec la même rigueur zélée qu’il met à gérer son blog, dut donner à cette rencontre une saveur originale relativement détestable par sa partialité. 
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  Ouverture de la cérémonie au Laus dimanche 4 mai 2008


En définitive, on ne peut que rester profondément atterré par tant de sacrilèges distribués par des coquins avérés qui bénéficient de la catastrophique désorientation de l’Eglise pour faire commerce prospère de leur infect venin, se drapant sous les plis d’une prétendue spiritualité de façade qui n’est rien d’autre qu’un fallacieux vernis mis au service de noires semences naturalistes totalement éloignées de la pensée chrétienne traditionnelle, et ce, avec la complicité active d’un évêque en mal de publicité qui avait pourtant pour rôle de proclamer le caractère surnaturel des événements survenus au Laus et la mission de déclarer au nom de Rome :

« Je reconnais l'origine surnaturelle des apparitions et des faits vécus et relatés par la jeune bergère Benoîte Rencurel, survenus entre 1664 et 1718, au sanctuaire du Laus, et j'encourage les fidèles à venir prier et à se ressourcer spirituellement en ce sanctuaire ».

Ce qui devait être un grand moment de recueillement et de prière, de ferveur et de ressourcement intérieur pour des milliers de pèlerins venus pieusement s’incliner au sanctuaire du Laus, a donc donné le regrettable spectacle d’une mascarade caricaturale nous faisant mieux comprendre pourquoi, afin de masquer à la hâte les terribles responsabilités d’une Eglise conciliaire par rapport à la perte radicale de la foi, on s’évertue vainement à désigner comme étant la cause des difficultés de Benoîte Rencurel un clergé dont on nous dit, ultime tarte à la crème ridicule, qu’il fut marqué au XVIIe siècle par le « jansénisme », alors même que tout démontre et nous fait voir que se cache derrière cette inexacte explication qui ne trompe que les naïfs crédules une impressionnante, vertigineuse et catastrophique dérive spirituelle du catholicisme moderne.
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Commentaires

"Rafik Hariri ancien premier ministre chrétien du Liban" (sic)

Au Liban, selon un pacte qui montre d'ailleurs ses limites aujourd'hui, le président de la République (toujours non élu depuis 6 mois) est toujours un chrétien maronite, le premier ministre un musulman sunnite, et le président de la Chambre un musulman chiite.
Et de fait l'ancien premier ministre du Liban Rafic Hariri n'était pas un chrétien, mais un musulman sunnite.

Il serait trop long de tout reprendre dans l'article de Zacharias publié ci-dessus, mais c'est à ce genre de petit détail factuel que l'on mesure le sérieux de l'article en question, très polémique et finalement très vain !

Ecrit par : Michel de Guibert | lundi, 12 mai 2008

Nonobstant le petit détail factuel (!!) cet article polémique est finalement très intéressant!

Ecrit par : Enzo | lundi, 12 mai 2008

Question de regard sans doute...

Ecrit par : Michel de Guibert | lundi, 12 mai 2008

Finalement si cet article est vain pourquoi perdre votre temps ici?

Ecrit par : Enzo | lundi, 12 mai 2008

Je ne sais pas comment ni pourquoi j'ai reçu un courriel m'informant de cet article... et il m'arrive de lire ce que je reçois, et même parfois de perdre un peu de temps à le lire, mais je nous ennuirai pas longtemps si cela vous contrarie et si vous pensez, peut-être à juste titre, que je perds par trop mon temps !

"Tout ce qui n'est pas de l'éternité retrouvée est du temps perdu" (Gustave Thibon)

Ecrit par : Michel de Guibert | lundi, 12 mai 2008

La présence de Marek Halter au Laus, qui s'est bien engagé dans un dialogue avec le régime de Bachar El-Assad, était une très grave erreur.

Ecrit par : Jacques | mardi, 13 mai 2008

Sévère mais juste dénonciation du grand cirque organisé par Di falco autour d'un événement qui aurait mérité beaucoup plus de sérieux !

Ecrit par : Xavier | mardi, 13 mai 2008

L'idée de la bière franchement c'est d'un lamentable niveau. Si l'église imagine récupérer les jeunes avec ce type de message elle se trompe.

Ecrit par : Guilvinec | mardi, 13 mai 2008

Quel triste sens du spectacle de l'église...

Ecrit par : Church | mardi, 13 mai 2008

Mais où on va avec cette église conciliaire - c'est n'importe quoi ce cirque débile dont le seul but est d'amuser la galerie médiatique et de provoquer des échos dans les milieux considérés comme éloignés du catholicisme. A force de chercher à séduire et vouloir paraître moderne on va tomber à coup sûr dans la pire ringardise.

Ecrit par : Karl | mardi, 13 mai 2008

A force de chercher à séduire et vouloir paraître moderne on va tomber à coup sûr dans la pire ringardise.

L'église Française racole depuis des lustres; quant à être ringarde la cause est largement entendue.
Ceci dit, pour ce qui est du jansénisme, l'article de fond sur le blog de Zacharias met enfin les pendules à l'heure.

Finalement ne serait-ce pas là LE détail qui gêne Michel de Guibert qui vient ici "à l'insu de son plein gré" .)

Ecrit par : Judith | mardi, 13 mai 2008

Expliquez-vous, car je n'ai pas bien compris votre remarque à propos du jansénisme en vous référant à "l'article de fond sur le blog de Zacharias".

Ce qui me gêne surtout, c'est cette haine de l'Eglise qui transsude sur ce blog...

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

"l'article de fond sur le blog de Zacharias".

Lien en bas de la note.


Ce qui me gêne surtout, c'est cette haine de l'Eglise qui transsude sur ce blog...

La haine de CETTE église.

Ecrit par : Ernest | mardi, 13 mai 2008

L’attribution de l’appartenance de M. Hariri à la religion chrétienne ayant été corrigée, erreur consécutive au fait qu’en septembre 2004 il fut un instant pressenti pour succéder au président chrétien libanais Emile Lahoud, remercions Michel de Guibert pour son active participation à la précision des informations délivrées en ces pages.

On regrettera cependant qu’il ne réagisse pas avec la même vigueur au scandale que constitua la présence de Marek Halter au Laus à l’invitation de Mgr Di Falco à l’occasion de la proclamation par l’église du caractère surnaturel des apparitions, alors que ce pitoyable personnage qui pratique allègrement le blasphème à ses heures perdues, ne fait pas mystère de son soutien apporté au régime criminel de Bachar El-Assad, qui tue et fait tuer au Liban, régime directement impliqué dans la disparition de M. Hariri le lundi 14 février 2005 dans un attentat qui, rappelons-le tout de même, tua seize personnes et en blessa gravement 200.

On mesure généralement, il est vrai, la qualité réelle du discernement intellectuel, spirituel et moral de chacun à la nature de ce qui le fait réagir – en l’espèce Michel de Guibert nous donne ainsi l’exemple, par l’étonnante attitude qu’il manifeste en ces lieux, de son insignifiant niveau d’indignation le situant au plus bas sur l’échelle des valeurs - mais cela, au fond, est devenu une triste banalité aujourd’hui !

Ecrit par : Zacharias | mardi, 13 mai 2008

Merci Zacharias pour votre correction.

Pour le reste, je ne mets pas du tout sur le même plan le "grand moment de recueillement et de prière, de ferveur et de ressourcement intérieur pour des milliers de pèlerins venus pieusement s’incliner au sanctuaire du Laus" et le débat sur la réconciliation, peut-être contestable, qui se tenait à cette occasion mais qui était sans rapport direct avec l'événement.

Quant à votre mépris, je n'en ai que faire...

Je ne suis pas manichéen, je ne méprise pas le corps, je ne partage pas vos haines recuites et je ne partage pas votre vision de l'Eglise.

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

"erreur consécutive au fait qu’en septembre 2004 il fut un instant pressenti pour succéder au président chrétien libanais"...
Allez Zak, tu as pris une leçon, c'est tout ! Relis-toi un peu la prochaine fois, petite frappe.
Et puis tes raccourcis, tu peux les garder ! Encore un peu et on imaginait Di Falco responsable de la mort de 16 personnes, tout cela parce qu'il avait invité Marek Halter !

"Insignifiant niveau d’indignation"...
Heureusement que Zak sait s'indigner ! Ô Zak, au niveau d'indignation inatteignable, apprends à tes disciples à s'indigner ! ... Ridicule petite morve.

Ecrit par : Xavier | mardi, 13 mai 2008

Xavier, l'esprit des fromages caprin.

Ecrit par : Bêêê | mardi, 13 mai 2008

Michel de Guibert peut-être ne mettez-vous pas sur le même plan, ce qui est fort heureux : « le grand moment de recueillement et de prière des pèlerins venus pieusement s’incliner au sanctuaire du Laus » et le « débat sur la réconciliation ». Ce dont je prends acte volontiers, étant sur ce point du même avis que vous.

Je remarque par ailleurs que vous allez jusqu’à concéder qu’il pût être « contestable », ce qui n’est pas anodin, d’autant que ce débat le fut à l’évidence, et même bien plus que cela – mais passons puisque j’en ai déjà dit plus haut tout le bien qu’il fallait en penser.

Or malheureusement, malgré ces justes prémisses, votre majeure est absolument fausse, en ce sens que vous vous refusez d’admettre, par une étrange volonté inexplicable, qu’il y avait bien dans l’esprit de l’évêque plus qu’un lien direct entre les manifestations qui se tinrent à l’occasion de la reconnaissance officielle du caractère surnaturel des apparitions, et le colloque sur la réconciliation lui-même le déclarant positivement :

« Je voudrais adresser un très grand merci à tous les intervenants de ce colloque et vous souhaiter à toutes et à tous de belles journées pour mieux connaître la vie et l’oeuvre de notre chère Benoîte. » (Jean-Michel di FALCO LEANDRI, Evêque de GAP et d’EMBRUN, Discours d’ouverture du Colloque sur la réconciliation).

Peut-être vous risqueriez-vous donc, pressé par les évidences, à soutenir une opinion contraire à celle de l’évêque qui fait pourtant autorité sur le sujet, voilà qui serait étonnant ?

Je vous cite :

« Le débat qui se tenait à cette occasion mais qui était sans rapport direct avec l'événement. »

Il faudra ainsi que l’un de vous deux se trompe et ne dise pas la vérité, tant vos conceptions visiblement divergent et s'opposent.

Auriez-vous de ce fait l’amabilité de me signaler, au plus vite, quel est celui, de vous et de l'évêque, que je dois croire ?

Je vous en remercie par avance…

Ecrit par : Zacharias | mardi, 13 mai 2008

"votre majeure est absolument fausse"
Après les énormes sophismes que l'énergumène vient de nous livrer, le voilà qui se présente en maître logicien. Eh, relis les Réfutations sophistiques, Aristote. Crois-moi ça ne te ferait pas de mal de revoir aussi le Peri Hermeneias. Mais je te conseille de commencer en douceur avec l'excellent livre de Bruno Couillaud, Raisonner en vérité. Tu apprendras tout sur la bonne logique, la poutre. Avant de donner des leçons de logique, regarde tes glissements de sens et soigne ton pathos.

Ecrit par : Xavier | mardi, 13 mai 2008

En matière de sophismes je crois qi'il appartient surtout à Michel de Guibert, placé devant une délicate contradiction, de répondre.

Par ailleurs il doit être assez grand pour le faire tout seul sans avoir besoin de tes médiocres jugements d'imbécile satisfait qui s'amuse à écrire n'importe quoi, sachant d'autre part qu'il te serait sage d'aller brouter ton herbe ailleurs...

Ecrit par : Jude | mardi, 13 mai 2008

En matière de broutage, tu peux parler la brebis ! Tu réponds pour Zak, animal. On est mieux ici sur de verts pâturages que sur le site des Epées, moins accueillant, qu'en penses-tu Jude ?

Ecrit par : Xavier | mardi, 13 mai 2008

Quelqu'un a appelé "pot de chambre"; Non ! Alors Xavier, reste sous le lit

Ecrit par : La Fouine | mardi, 13 mai 2008

Admettons que je me sois trompé sur le lien entre la célébration et le débat ! Je n'y étais pas, et votre présentation laissait penser qu'il n'y avait guère de rapport.
Quoi qu'il en soit, vous admettez que les deux événements ne sont pas à mettre sur le même plan ; il n'y a donc pas lieu de polémiquer à partir de l'un pour englober l'ensemble.

Je vais rechercher les textes, préférant aller à la source que de décrypter les propos réellement tenus à partir d'un commentaire très partial et polémique qui donne plutôt dans les attaques ad hominem contre les intervenants que dans l'analyse objective.
Je n'ai vu dans votre commentaire que quelques courtes citations de Fabrice Hadjadj qui, du reste, ne m'ont pas paru justifier votre indignation.
- Marie, présentée comme une "juive"... cela vous choque et vous paraît déplacé ! ? C'est pourtant l'évidente réalité de celle en qui le Fils de Dieu a pris chair, la "Mère de Dieu" avant d'être la "Vierge du Ciel" !
- Hasardeuse l'expression : « Votre péché est la matière première du Royaume » ? Ni plus ni moins que l'expression de St Augustin "Felix culpa" qui est chantée dans l'Exultet de la nuit de Pâques : "Bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur" !
- Folie théologique scabreuse la phrase : « Marie, la Vierge Immaculée (…) sait en son cœur que sans cette grâce préventrice (sic !) venue de la Croix de son Fils, elle aurait été, non plus la Fille de Sion, mais la Grande Prostituée de Babylone » ? C'est une allusion évidente au Livre de l'Apocalypse... qui ne devrait pas vous effrayer, bien au contraire, puisqu'il s'agit de la victoire finale sur le Mal dont Marie a été l'instrument par pure grâce et par son "Fiat" !

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

« Admettons » (sic) me dites-vous ; cependant soyons sérieux, votre défense pâlotte ne prend pas après tout ce qui a pu s’écrire et se dire de partout ! Vous feignez à l'évidence de ne pas savoir qu’il y avait un réel projet de « communication » de l’évêque, ficelé et préparé depuis des mois avec une équipe à ses côtés, dont les affiches retournant la pud pour la bière, et ce fameux colloque sont des exemples significatifs, manifestant l’égarement spirituel du prélat et sa volonté, totalement ridicule par les moyens employés, de faire du bruit autour de l’événement et au passage de lui-même. Un peu d’honnêteté s'il vous plaît !

D’autre part vous esquivez manifestement le problème, car soutenir : « Quoi qu'il en soit, vous admettez que les deux événements ne sont pas à mettre sur le même plan ; il n'y a donc pas lieu de polémiquer à partir de l'un pour englober l'ensemble », est une grossière façon d’éviter cette difficile question qui est en trame de cette note, comme des précédentes portant sur les mêmes sujets, et que vous vous refusez apparemment à poser : l’Eglise d’aujourd’hui, et significativement depuis le dernier concile, ne se livre-t-elle pas à une compromission scandaleuse avec les idées les plus étrangères à la foi de l’évangile au prétexte de s’ouvrir au monde ?

Enfin, excusez moi, mais pour ce qui est des évidentes intentions désorientées du pitoyable Hadjadj, qui s’amuse dans ses ouvrages à naturaliser outrageusement le surnaturel, et dont les expressions, citées plus haut, tirées de son intervention au Laus, ne sont que des échos affaiblis de ses délires littéraires, il lui faudra un meilleur avocat que vous - cela dit sans préjuger des dons que pourrait vous fournir votre visible enthousiasme à son égard - car sa cause risque d’être assez difficile à plaider lorsqu’il lui faudra expliquer un jour l’origine de ses troubles visions portant, entre autres exemples scabreux et indignes, sur « l’érection matinale » du Seigneur.

Ecrit par : Zacharias | mardi, 13 mai 2008

Sans vouloir m’immiscer dans cet intéressant débat, je crains que les expressions de Hadjadj dont on fait vraiment trop de cas, car c’est un piètre littérateur et un nullissime théologien, ne soient, contrairement à ce que certains veulent faire croire, passablement inexactes et infondées.

Par exemple, Marie, présentée comme une "juive" a un sens si l’on évoque sa vie terrestre certes, mais aujourd’hui cela n’a plus du tout sa place, et est surtout singulièrement déplacé, téméraire et radicalement faux, si l’on souhaite signifier qu’elle apparut en tant que telle à Benoîte Rencurel, à Bernadette ou à Mélanie.

C’est pourquoi l’Eglise, qui a conféré à Marie de nombreuses dénominations depuis des siècles, jamais, et pas une seule fois dans toute sa longue tradition, n’utilisa cette expression qui est proprement hors contexte et choquante effectivement car ramenant la Reine du Ciel à sa seule dimension terrestre. Evidente volonté, comme l’écrit justement Zacharias, de grossière naturalisation du spirituel qui fit d’ailleurs l’objet de condamnation répétées du Magistère tout au long de l’histoire de l’Eglise.

Ecrit par : Eremo | mardi, 13 mai 2008

Vous êtes toujours dans la polémique, ce qui semble être votre manière de vous défausser...

Je n'ai jamais nié que l'Eglise ait traversé une crise, dont elle n'est d'ailleurs pas encore entièrement sortie, même si les signes de redressement sont évidents, mais ce serait un autre débat !

Je n'étais pas non plus au Laus ; j'ai seulement réagi sur votre article et rien d'autre.

Je n'ai pas lu les livres de Hadjadj et n'ai donc aucun enthousiasme ni aucun rejet a priori.
En revanche, vous ne citez dans votre article que trois phrases de lui (et aucune des autres intervenants) pour instruire un procès en sorcellerie.
Je me suis limité à reprendre ces trois phrases, à constater qu'elles ne me paraissaient pas justifier votre indignation et à vous dire brièvement en quoi elles étaient recevables.
Vous vous gardez bien de répondre à cela, préférant invectiver et éructer sur ce que les intervenants ont dit ou fait ailleurs que dans le débat en question.
Cela ne me paraît pas très honnête !

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

Non, Eremo, toute la Tradition de l'Eglise, depuis le prophétisme hébreu jusqu'aux acclamations à la Vierge Marie "Fille de Sion" ou "Fille d'Israël", en passant par le Cantique de Marie (le Magnificat) lui-même, attestent que l'on ne peut pas opposer celle qui est "de la race de Jessé", ou encore "de la race d'Abraham, de la tribu de Juda, de la maison de David" (antiennes de psaumes pour la fête de la Nativité de Marie) et la "Reine du Ciel" que l'on chante à Pâques ou pour la fête de l'Assomption.
C'est la même Marie, sur la terre comme au ciel !
Votre crainte de la "naturalisation du spirituel" risque de vous conduire à d'autres erreurs où l'Incarnation du Fils de Dieu deviendrait vide de sens.

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

Il n'est pas question d'opposer, mais de distinguer les ordres ! ce qui est tout différent, relisez plus attentivement ma réponse et vous verrez que les noms donnés par l'Eglise à la Marie, insistent, en rappelant son origine terrestre "la Fille de Sion", par exemple, sur la réalité céleste de la Mère de Dieu à présent.

Ecrit par : Eremo | mardi, 13 mai 2008

Si vous n’avez pas lu les ouvrages des auteurs dont nous traitons, notre dialogue est donc sans objet car vous ne disposez pas de la connaissance suffisante et nécessaire à notre sujet, connaissance qui vous permettrez seule d’évoquer les questions soulevées en vous appuyant sur des éléments probants, ce qui indique donc que nous en resterons-là faute de ces préalables connaissances indispensables qui vous font défaut.

Toutefois pour ne pas vous donner l’impression de ne pas répondre à votre interrogation, dont Eremo que je salue, vient de donner une première explication rapide, je vous signale avoir déjà très longuement répondu, ici comme ailleurs, à la plupart de ces problèmes, ce que vous découvrirez en circulant sur les notes et leurs commentaires.

Ce dont il est question au fond se résume à un seul point principal que l’on peut définir ainsi et sur lequel vous butez visiblement : l’indistinction des ordres et leur confusion, sont une folie théologique qui a précipité, précipite et précipitera l’Eglise dans un désordre spirituel de très grande ampleur aux conséquences redoutables dont nous ne pouvons sans doute pas, à notre échelle, mesurer jusqu’où elles conduiront sur le plan de la corruption de la foi, bien que nous en sentions dès aujourd’hui les effets, ce contre quoi il nous faut s’élever et s’opposer.

Je vous rappelle simplement que l'une des grandes nouveautés de l'évangile a été d'inaugurer une économie différente des anciennes, y compris et surtout le judaïsme mosaïque, économie instaurée par Jésus-Christ et fondée sur la distinction radicale du temporel et du spirituel. Désormais le peuple de Dieu n'est plus une race ou une nation parmi les autres, c'est un rassemblement spirituel, une Eglise qui est un « Corps mystique » qui n'a ni les mêmes principes, ni la même fin, ni les mêmes limitations que les groupements mondains de ce siècle ; le Royaume de Dieu est déjà en ce monde certes, mais n'est pas de ce monde, il est purement spirituel, sans distinction de Juif ou de Gentil, de grec ou de barbare. Il y a désormais l'ordre des choses qui sont à César et l'ordre des choses qui sont à Dieu. Ce qui est à César ne cesse pas d'être à Dieu, mais c'est un autre ordre, celui du temporel, celui de la cité terrestre ; cet ordre a sa fin propre, ses lois propres, son domaine.

L'ordre des choses qui sont à Dieu, dans leur opposition aux précédentes, est spécifié par une fin supra-terrestre, supra-temporelle c'est l'Ordre du spirituel et du sacré.

L'Église et le monde sont deux réalités essentiellement différentes, absolument inidentifiables. Ce sont deux Cités antagonistes, au sens que l’expliquait saint Augustin, que je vous invite d'ailleurs à relire en vous disant bonsoir.

Ecrit par : Zacharias | mardi, 13 mai 2008

A Eremo : le titre de "Mère de Dieu" ("Théotokos") donné à Marie au Concile d'Ephèse en 431 a trait à la réalité terrestre de l'Incarnation du Fils de Dieu, à la fois vrai homme et vrai Dieu.

Ecrit par : Michel de Guibert | mardi, 13 mai 2008

A Zacharias : je ne faisais que réagir à votre article ci-dessus, pas aux oeuvres complètes de Fabrice Hadjadj ni aux ouvres complètes de Zacharias !

Maintenant, si vous vous référez à l'Evangile ou à St Paul, je tomberai plus facilement d'accord avec vous, avec deux nuances toutefois :
- d'accord pour distinguer les ordres, mais sans les opposer aussi radicalement que vous le faites ; ou alors il faudrait préciser ce que vous entendez par temporel opposé à spirituel, qui n'est pas synonyme à mon sens de corps opposé à l'esprit ;
- d'accord pour reconnaître la nouveauté de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, mais sans l'opposer aussi radicalement que vous le faites au judaïsme mosaïque, sous peine de tomber dans le marcionisme dénoncé par St Irénée.

Une question subsidiaire : croyez-vous à la résurrection de la chair (Symbole des Apôtres) ou à la résurrection des morts (Symbole de Nicée-Constantinople) ?

Ecrit par : Miche de Guibert | mardi, 13 mai 2008

Je crois qu’il nous faut être très prudents ensemble sur ces sujets Michel de Guibert, et souvent m’apparaît comme très juste l’analyse, en forme d’avertissement souverain, de Merton : « Tout ce qu'on a écrit sur la Vierge Mère de Dieu nous prouve que sa sainteté est la plus cachée de toutes. Ce que les gens s'ingénient à dire d'elle nous en apprend généralement plus sur eux-mêmes que sur Notre-Dame. Car, puisque Dieu nous a révélé très peu de chose à son sujet, les hommes, qui ne savent rien de Marie ni de ce qu'elle a été, ne font que se révéler eux-mêmes en essayant d'ajouter quelque chose à ce que Dieu nous a dit... » (Thomas Merton, "Semences de contemplation", Seuil, 1952).

Si l’on se réfère à l’Ecriture on ne sait effectivement presque rien de la fin de vie terrestre de Marie. Seul un écrit apocryphe du Vème siècle, la Dormition de Marie », évoque ses derniers instants. Entourée par les apôtres en prière, elle est emmenée au paradis par le Christ.
Très tôt pourtant les chrétiens ont eu le pressentiment que la Mère de Dieu, préservée de tout péché (dogme de 1854), ne pouvait pas avoir connu la corruption de la mort. Une intuition que développèrent des pères de l’Eglise, en particulier Jean Damascène. Au VIème siècle, la dormition est déjà fêtée en Orient, vers la mi-janvier. L’empereur Maurice (582-602) la fixera définitivement au 15 août. Suite à un vœu, France Louis XIII, roi de France consacrera son Royaume à Marie le 15 août, ce qui expliquera le développement particulier de cette fête en France, où prière à Marie et défense de la royauté iront de pair.

Il importe donc d’être attentif à ce que nous dit l’Eglise pour ne pas nous lancer dans des interprétations téméraires issues de notre subjectivité facilement induite en erreur.

Je trouve excellente, à ce titre, la présentation du mystère de Marie dans la « Constitution Lumen Gentium » qui montre bien que Marie est déjà entrée dans la gloire du Ciel en tant que « Reine de l’Univers » et qu’il est inexact de la présenter comme étant encore « une juive », terme malsonnant, démontrant à l’évidence chez l’auteur de cette expression qui vise à se singulariser par une audacieuse formulation, recherche un peu artificielle dans ces domaines qui sent de très loin son « naturalisme » littéraire, ramenant celle qui est déjà élevée au plus haut dans le Ciel à sa seule identité terrestre, même si elle porte aujourd’hui magnifiquement, ce qui n’est pas niable, sa judaïté sous les termes évocateurs de « Tour de David », « Fille de Sion », etc. :

« Comme il avait plu à Dieu de ne pas manifester solennellement le mystère du salut de l'humanité avant d'avoir envoyé l'Esprit, que le Christ avait promis, nous voyons les Apôtres, avant le jour de la Pentecôte, "Persévérant d'un seul cœur dans la prière, en compagnie de quelques femmes, de Marie Mère de Jésus et des frères de celui-ci" (Act. 1, 14), et nous voyons aussi Marie implorer par ses prières le don de l'Esprit, cet Esprit qui l'avait déjà couverte elle-même de son ombre à l'Annonciation. Enfin, la Vierge Immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Apoc. 19, 16) et vainqueur du péché et de la mort. »
("Lumen Gentium", 21 novembre 1964)

Il est essentiel de ce fait de ne point perdre de vue que la Mère de Jésus est déjà glorifiée au Ciel et qu’elle est l'image et le commencement de ce que sera l'Église en sa forme achevée, au siècle à venir et sur la terre, jusqu'à l'avènement du jour du Seigneur (cf. Il Petr. 3, 10), elle brille du haut du Ciel devant le Peuple de Dieu en marche, comme un signe d'espérance certaine et de consolation. Ce signe éminent n’a pas à faire l’objet des amusements, quasi sacrilèges, des littérateurs à la mode car de toutes les créatures, c'est Elle qui a le plus parfaitement atteint la ressemblance avec Dieu.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort explique très bien cette suréminente place de la divine Marie dans la ressemblance de Dieu, et l’excellence, précisément, de sa divinisation dans l’œuvre de la grâce :

« …ce n'est plus Marie qui vit, c'est Jésus-Christ seul, c'est Dieu seul qui vit en Elle. Sa transformation en Dieu surpasse plus celle de saint Paul et des autres saints, que le ciel ne surpasse la terre en élévation. Marie n'est faite que pour Dieu, et tant s'en faut qu'Elle arrête une âme à elle-même, qu'au contraire Elle la jette en Dieu et l'unit à lui avec d'autant plus de perfection que l'âme s'unit davantage à Elle. Marie est l'écho admirable de Dieu, qui ne répond que : Dieu, lorsqu'on lui crie : Marie ; qui ne glorifie que Dieu, lorsque, avec sainte Elisabeth, on l'appelle bienheureuse. Si les faux illuminés, qui ont été misérablement abusés par le démon jusque dans l'oraison, avaient su trouver Marie, et par Marie Jésus, et par Jésus Dieu, ils n'auraient pas fait de si terribles chutes. Quand on a une fois trouvé Marie, et par Marie Jésus, et par Jésus Dieu le Père, on a trouvé tout bien, disent les saintes âmes. Qui dit tout n'excepte rien : toute grâce et toute amitié auprès de Dieu ; toute sûreté contre les ennemis de Dieu ; toute vérité contre le mensonge ; toute facilité et toute victoire contre les difficultés du salut ; toute douceur et toute joie dans les amertumes de la vie.
[…]
La difficulté est donc de savoir trouver véritablement la divine Marie, pour trouver toute grâce abondante. Dieu, étant maître absolu, peut communiquer par lui-même ce qu'il ne communique ordinairement que par Marie ; on ne peut nier, sans témérité, qu'il ne le fasse même quelquefois ; cependant, selon l'ordre que la divine Sagesse a établi, il ne se communique ordinairement aux hommes que par Marie dans l'ordre de la grâce, comme dit saint Thomas. Il faut, pour monter et s'unir à lui, se servir du même moyen dont il s'est servi pour descendre à nous, pour se faire homme et pour nous communiquer ses grâces ; et ce moyen est une vraie dévotion à la Sainte Vierge. »

(Le Secret de Marie)

Oui, « La difficulté est donc de savoir trouver véritablement la divine Marie, pour trouver toute grâce abondante », évitons autant que possible, et fuyons vigoureusement les pièges d’un abaissement de l’ordre de la grâce à l’ordre de la chair, pièges classiques qui se dressent régulièrement devant les fils d’Adam et dans lesquels ils se précipitent avec un empressement impressionnant.

Ecrit par : Eremo | mardi, 13 mai 2008

Ultimes précisions Michel de Guibert !

Qu’il existe un ordre de la nature et un ordre de la surnature, un ordre de l’esprit et un ordre de la chair qui s’opposent et se combattent, c'est ce que ne cesse de rappeler l'apôtre Paul, qui affirme clairement que c’est à l’ordre de l’esprit, et à lui seul, que sont dévolues les promesses du Royaume annoncées par Jésus-Christ : « la loi de l'Esprit qui donne la vie en Jésus Christ m'a libéré de la loi du péché et de la mort. Ce qui était impossible à la loi, car la chair la vouait à l'impuissance, Dieu l'a fait : à cause du péché, en envoyant son propre Fils dans la condition de notre chair de péché, il a condamné le péché dans la chair, afin que la justice exigée par la loi soit accomplie en nous, qui ne marchons pas sous l'empire de la chair, mais de l'Esprit. En effet, sous l'empire de la chair, on tend à ce qui est charnel, mais sous l'empire de l'Esprit, on tend à ce qui est spirituel : la chair tend à la mort, mais l'Esprit tend à la vie et à la paix ; la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car elle ne le peut pas. » (Romains 8, 1-7).

Par ailleurs pour ce qui est de mon prétendu marcionisme je veux bien en être suspecté, de nouveau en compagnie de Paul : « Le Christ a obtenu un ministère d’autant supérieur, qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente qui est établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Car, en censurant, il leur dit : «Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, et je conclurai, pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda, une nouvelle alliance » (Hébreux 8, 6-8) ; « En disant : « une nouvelle » alliance il a rendu ancienne la première : or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître. » (Hébreux 8, 13).

Toute l'Epître aux hébreux est d'ailleurs écrite pour montrer aux Juifs que l’ensemble du système de la loi — en particulier la sacrificature et les sacrifices qui fondaient l’Ancien Testament — est à présent périmé et obsolète. Qu’il ne s’agissait en fait, dans son imperfection, que « d’ordonnances charnelles imposées jusqu’au temps du redressement » (Hébreux 9, 10). Dès lors que Jésus-Christ vint en ce monde, il y eut « abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité car la loi n’a rien amené à la perfection et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu.» (Hébreux 7, 18-19). Est-ce là, par cette très nette affirmation de la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l’Ancienne ? il me semble que la réponse ne pose pas de problème particulier pour un chrétien.

Tout ceci n'est pas une question de nuances ou d'interprétations dépendantes de la libre fantaisie de chacun comme semble le donner à penser l'église moderne. Il y va de l’essence de la foi.

Enfin je n'ignore pas la distinction des formulations entre le Symbole des Apôtres (résurrection de la chair) et Nicée-Constantinople (résurrection des morts), qui cependant évoquent la même vérité de foi.
Ainsi, si je me tourne vers le Catéchisme de l'Église catholique (CEC), je constate qu'il affirme avec résolution l'importance capitale de cette vérité : « Le Credo chrétien --- profession de notre foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, et dans son action créatrice, salvatrice et sanctificatrice --- culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et de la vie éternelle» (988).

Toutefois la résurrection des morts n’est pas une simple "résurrection de la chair" qui serait une réplique, même un peu améliorée et teintée d’un soupçon d’environnement céleste, de ce que nous avons été. C’est la transfiguration profonde et radicale de toute la personne, c’est là le sens de l’espérance qui est au cœur de la célébration des funérailles chrétiennes :

http://zacharias.hautetfort.com/archive/2008/04/01/zacharias-la-signification-et-le-sens-de-la-resurrection-de.html

Saint Paul souligna d'ailleurs la stupéfiante nouveauté de ce corps "spirituel" qui nous sera donné après la mort : « Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable; ce qui est semé n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel. » (1 Corinthiens 15, 42-44).

Pour le reste, vous souhaitant de nouveau le bonsoir, je vous réitère mes conseils de lecture.

Ecrit par : Zacharias | mardi, 13 mai 2008

Merci à Eremo et Zacharias pour leurs explications qui nous apportent toujours beaucoup, et éclairent bien des points de notre foi !

Ecrit par : Felix F. | mardi, 13 mai 2008

Je ne suis pourtant pas toujours aligné sur vos analyses Zacharias, loin de là, mais la mise en scène voulue par Mgr Di Falco au Laus, qui organisa et imposa ce colloque sur la "réconciliation" avec Marek Halter, ceci eu égard à ses positions et déclarations contestables, est effectivement, j'en suis d'accord, complètement hors propos et inconvenante dans le cadre des célébrations liturgiques de l'Eglise.

Ecrit par : Antona | mardi, 13 mai 2008

Mais alors derrière la persécution sévère du clergé du Laus contre Benoîte se trouvent en réalité, non pas les "jansénistes" comme on le dit partout aujourd'hui mais les Jésuites qui avaient peur de perdre des clients à Notre Dame d'Embrun? Mais c'est vraiment incroyable ce truc !

http://zacharias.hautetfort.com/archive/2008/05/09/9d3cfdbdcc2c69d897165b796894da53.html

Ecrit par : Karl | mardi, 13 mai 2008

@ Eremo

Mais je suis quasiment d'accord avec tout ce que vous dites... si bien que je ne comprends vraiment pas pourquoi vous vous offusquez de voir qualifiée de "juive" la "fille de Sion", ce qui n'est du reste pas à mes yeux une injure ! ! !
Marie est une créature toute pure et immaculée et chez laquelle la grâce touche la chair puisqu'elle touche son être tout entier ; c'est bien là le noeud de notre discussion car Marie est entrée toute entière dans la gloire du ciel.

Ecrit par : Michel de Guibert | mercredi, 14 mai 2008

@ Zacharias

La difficulté vient du fait que le mot "chair" a des sens bien différents dans la Bible.
S'il s'agit du sens donné par St Paul de chair de péché, nous sommes d'accord.
Mais quand le Symbole des Apôtres parle de "résurrection de la chair", il ne s'agit pas de chair de péché, mais bien de résurrection des morts comme transfiguration et de "corps spirituel", comme vous le dites justement plus loin.

Cela dit, vous attribuez l'Epître aux Hébreux à Paul, ce que aucun exégète ne soutiendrait plus aujourd'hui... et vous en tirez des conclusions pour le moins hasardeuses, car le Christ lui-même nous dit qu'il est "venu pour accomplir et non pour abolir" (Matthieu 5, 17)

Ecrit par : Michel de Guibert | mercredi, 14 mai 2008

Prions que le Laus ne soit pas transformé en infâme repaire sectaire comme l'église conciliaire l'a fait à la Salette!

Ecrit par : Maurice | mercredi, 14 mai 2008

vous auriez dû préciser sectaire moderniste.

Ecrit par : Ernest | mercredi, 14 mai 2008

@Michel de Guibert

"Cela dit, vous attribuez l'Epître aux Hébreux à Paul, ce que aucun exégète ne soutiendrait plus aujourd'hui...et vous en tirez des conclusions pour le moins hasardeuses, car le Christ lui-même nous dit qu'il est "venu pour accomplir et non pour abolir" (Matthieu 5, 17)"

Quand vous voulez argumenter, ayez l'amabilité de citer vos sources car l'exégète qui a le plus remis en cause l'authenticité de cette épître est Albert Vanhoye, élevé par Benoît XVI au rang de Cardinal le 22 février 2006 sans avoir été évêque, eu égard aux services rendus à l'Église pour ses travaux sur les Saintes Écritures et dont voici les ouvrages concernant l'épître aux Hébreux :

- La structure littéraire de l'épître aux Hébreux, Desclée de Brouwer, Tournai, 1963.
- Situation du Christ. Epître aux hébreux 1 et 2, Paris, 1969.
- La lettre aux Hébreux: Jésus-Christ, médiateur d'une nouvelle alliance, Paris, 2002.

(Source : Wikipedia, rubrique " Albert Vanhoye ")

Toutefois, cela ne change rien à la remarquable cohérence doctrinale qui se dégage des épîtres quand, par exemple, on rapproche l'Epître aux Hébreux de celle aux Romains en son chapitre XI, versets 11-32. Que Paul en soit l'auteur ou non, ces textes font partie des Saintes Ecritures et s'intègrent au corpus doctrinal du christianisme, toutes églises confondues.

De même, quand vous faites une citation, ayez l'honnêteté de ne pas la tronquer :

"Ne croyez pas que je suis venu pour abolir la loi et les prophètes;je suis venu non pour abolir mais pour accomplir " (Matthieu, V, 17)

Ce que le Christ est venu accomplir, c'est la loi d'Amour car si on lit la Bible dans son intégralité (ce que je conseille fortement à la majorité des catholiques), on est frappé par une remarquable continuité: c'est à la fois le roman d'une chute continuelle de la part des hommes et l'expression permanente de la miséricorde divine qui leur envoie sans cesse des signes pour qu'ils reviennent à Lui. Et c'est ainsi que le Christ est venu accomplir cette œuvre de réintégration de l'homme dans l'amour divin au quel il ne cesse de faire obstacle. Je n'insiste pas davantage sur ce point, vous renvoyant à ce que vous a dit Zacharias concernant le passage de l'ancienne Alliance à la nouvelle.

Tout cela pour dire que votre argumentation est minable: quand on vous cite les Saintes Ecritures, vous en contestez l'authenticité et au point où vous en êtes, ce sera la Bible que vous mettrez en doute; Vous vous comportez comme un adolescent qui prend systématiquement le contrepied de ce qu'on lui dit et qui veut absolument avoir raison.

Ecrit par : Ronin | mercredi, 14 mai 2008

@ Ronin

Il n'est pas nécessaire de qualifier l'argumentation de son contradicteur de "minable" ou de faire des attaques ad hominem pour développer une argumentation.

Ne faisant pas sur ce blog des travaux universitaires, je me limiterai à l'essentiel, ne vous en déplaise !

Albert Vanhoye n'a jamais remis en cause l'authenticité de l'Epître aux Hébreux, mais seulement son attribution à Paul.

Vous m'accusez d'avoir tronqué la citation de Matthieu 5, 17 parce que je ne l'ai pas citée intégralement, mais je ne l'ai nullement falsifiée ou dénaturée, et il n'est pas honnête de me traiter de malhonnête.
En l'occurrence, je répondais de façon lapidaire à Zacharias qui affirmait : "L’ensemble du système de la loi (...) est à présent périmé et obsolète".
La Loi et les Prophètes, c'est une formule classique pour désigner l'ensemble des Livres saints (de l'AT), autrement dit pour parler de l'ancienne Alliance.
Il est donc inexact de dire qu'après Jésus Christ l'ancienne Alliance est abolie ; elle n'est pas abolie car les dons de Dieu sont sans repentance.
Mais je vous suis totalement dans votre avant-dernier paragraphe relatif à la Nouvelle Alliance, la loi d'Amour, accomplie par le Christ et je vous suis totalement aussi dans votre remarque sur la continuité des deux Alliances dans l'histoire du salut.

Ecrit par : Michel de Guibert | mercredi, 14 mai 2008

Si, l'ancienne Alliance est abolie par substitution de la nouvelle car ce sont les modalités régissant les rapports entre Dieu et les hommes qui changent, la loi d'Amour transcendant le tout.

Ecrit par : Ronin | mercredi, 14 mai 2008

@ Ronin

C'est bien là que nous divergeons, car je ne crois pas que l'ancienne Alliance a été abolie par substitution de la Nouvelle... même si bien sûr, nous sommes d'accord, la loi d'Amour transcende le tout.

A ce sujet, voici ce que dit la déclaration "Nostra Aetate" du Concile oecuménique Vatican II :
"L'Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, dans les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d'Abraham selon la foi, sont inclus dans la vocation de ce patriarche et que le salut de l'Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C'est pourquoi l'Église ne peut oublier qu'elle a reçu la révélation de l'Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l'antique Alliance, et qu'elle se nourrit de la racine de l'olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l'olivier sauvage que sont les Gentils. L'Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même des deux a fait un seul."

Relisez à ce sujet les chapitres 9 à 11 de l'Epître aux Romains.
Je ne vais pas tout citer, en espérant ne pas encourir vos foudres de ce fait, mais en voici tout de même quelques extraits :
"Je le demande donc : Dieu aurait-il rejeté son peuple ? Jamais de la vie !" (11.1)
"L'endurcissement partiel qui a frappé Israël durera jusqu'à ce que soit entrée la masse des païens. Et ainsi Israël tout entier sera sauvé, ainsi qu'il est écrit :
De Sion viendra le libérateur ;
il ôtera de Jacob les impiétés.
Et voici l'alliance que je ferai avec eux,
quand j'enlèverai leurs péchés.
Du point de vue de l'Evangile, ils sont ennemi sà cause de vous, mais du point de vue de l'élection, ils sont aimés à cause des pères. Car Dieu ne regrette rien de ses dons ni de ses appels." (11, 25-29)

Ecrit par : Michel de Guibert | mercredi, 14 mai 2008

Michel de Guibert, vous confondez « élection » et « dons », qui sont effectivement sans repentance, et « économie divine » synonyme « d’Alliance », confusion assez classique et largement répandue dans l'église aujourd'hui, mais ceci n'est pas une excuse, qui vous entraîne, outre à fournir des citations qui n’évoquent et ne parlent que des « dons » ou de "l'élection" et non des "alliances" (cf. Rom 11 ou Nostra Aetate) , à des positions inexactes et des affirmations erronées.

Tous les théologiens et les docteurs de l’Eglise depuis les premiers temps du christianisme s’accordent à reconnaître les « Alliances » successives au cours des âges différentes des dons accordés à Israël , démontrant comment l’Eternel jugea nécessaire d’établir, par une pédagogie progressive remarquable, le déploiement du plan divin qu’il conçut pour l’homme et sa Rédemption depuis la création d’Adam.

Ainsi, comme le déclara en s’appuyant sur l’Ecriture et les Pères le cardinal Jean Daniélou, montrant, non sans pertinence, le caractère totalement dépassé des prescriptions et règles du culte mosaïque : « La première Alliance est désormais périmée dès lors qu’une nouvelle et meilleure Alliance est intervenue » (Essai sur le Mystère de l’histoire, Seuil, 1953, p. 116).

C’est l’un des fondements les plus importants de la foi chrétienne ; sans quoi, si l’on suit votre raisonnement, le culte du Temple et les sacrifices de boucs, boeufs et pigeons, pourraient se poursuivre pour être sauvé et pardonné, ceci après le Golgotha - cela n’a aucun sens pour un chrétien voyons !

Toutefois revenons tout d’abord à vos propos. l’Épître aux Hébreux n’est pas de Paul dites vous, mais comme les livres du Pentateuque ne sont pas de Moïse pourtant attribués à ce même Moïse par le Christ dans les évangiles qui se montre, s’il fallait en croire votre jugement, un piètre exégète aux yeux des modernes érudits.

Mais fond cette non attribution que change-t-elle du point de vue de notre foi ? Rien ! Absolument rien !

De toute façon la question n’est pas nouvelle puisque l’identité de l’auteur de l’Epître aux Hébreux fut discutée dès la fin des temps apostoliques, ce qui n’empêcha pas les pères de l’église d’en fait un usage constant et permanent.
D’autre part cette Épître est d’un style très semblable à celui de Paul à qui tous les commentateurs sacrés l’attribuent. De la sorte cette Épître reconnue comme authentique dans le canon des Ecritures par le Magistère, et ce dès les premiers siècles, parle avec l’autorité divine.

Dès lors si rien ne nous permet d’en préciser l’auteur, là n’est pas l’important pour nous.

Ce qui est sûr c’est que la lettre fut rédigée avant la destruction de Jérusalem, puisque le Temple subsistait encore au moment où elle fut écrite. Voyez : (Hébreux 10, 11). Ceci explique pourquoi les croyants hébreux, qui avaient confessé leur foi en Jésus comme Messie, avaient besoin d’exhortations particulières. Certains d’entre eux se montraient hésitants et indécis. Cette situation rendit nécessaire la rédaction de cette Épître ainsi que le soulignent les déclarations : « pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance... » (Hébreux 3,6), et : « c’est pourquoi tendons à ce qui est parfait » (littéralement tendons vers la maturité Hébreux 6, 1).

Le but du livre était donc :

1- d’affermir les Juifs devenus chrétiens en leur montrant que le judaïsme de l’A.ncien Testament était arrivé à son terme, parce que l’objectif de la loi, la sanctification et la purification, avait été réalisé par Christ ;

2- d’avertir ceux qui se considéraient comme chrétiens du danger de retourner au judaïsme, ou de ne pas parvenir à la vraie foi en Jésus-Christ en ne comprenant la signification essentielle du passage à la Nouvelle Alliance ;

3- d’attirer l’attention de tous les chrétiens sur la prééminence de Jésus-Christ par rapport à l’ancienne sacrificature mosaïque ; le mot clé en grec (kreissôn) peut d’ailleurs se traduire alternativement par meilleur, mieux, supérieur, plus excellent, etc. (Hébreux 1:4; 6:9; 7:7, 19, 22; 8:6; 9:23; 10:34; 11:16,35,40; 12:24).

L’Épître aux Hébreux fait ainsi ressortir deux points fondamentaux sur lesquels va reposer toute la foi de la jeune Eglise du Christ dans sa confrontation au judaïsme :

- L’opposition entre ce qui est devenu « obsolète » dans le judaïsme et ce qui est « meilleur » en Christ. Le Christ étant supérieur aux anges, à Moïse, à Josué, à Aaron ; et la Nouvelle Alliance instituée par le Messie, (Hébreux 8, 7-13) plus excellente que l’alliance faite avec Moïse.
- Mieux qu’aucun autre livre du Nouveau Testament cette Épître révèle le ministère sacerdotal actuel de l’Homme-Dieu dans la gloire : le Seigneur Jésus-Christ, souverain Sacrificateur.

Ce deuxième aspect est essentiel puisque touchant au fait que le voile de séparation qui maintenait les hommes hors du sanctuaire est définitivement déchiré. Aussi peuvent-ils s’approcher du trône même de Dieu, et découvrir que c’est un trône de grâce, avec, toujours présent, celui qui est prêt à intercéder en leur faveur. Aussi peuvent-ils compter à chaque instant sur leur Grand-Prêtre qui, de son trône, pourvoira à leurs besoins et parachèvera pleinement l’œuvre de leur salut. Ils peuvent également compter sur l’accomplissement en eux-mêmes, en tant que peuple du Christ, de toutes les promesses divines de l’Alliance Nouvelle.

Avec des privilèges aussi merveilleux qui s’offrent à eux, les chrétiens doivent rester inébranlables dans la foi et la confesser ouvertement, afin qu’ils recherchent ardemment une expérience et une jouissance plus complètes des bienfaits de la grâce.

Aussi refuser les termes de l’Epître aux Hébreux parce qu’elle ne serait pas de Paul, c’est se retrancher de la foi de l’Eglise, se retirer de l’économie de la grâce et ne plus être chrétien !

Pour une raison inconnue, le Seigneur a cru bon de cacher l’identité de l’auteur. On a même suggéré que Paul l’avait écrite mais s’était gardé de révéler son identité à cause des préjugés juifs à son égard. Cette interprétation est peut-être exacte, mais la conclusion d’Origène me paraît la meilleure : « Dieu seul connaît l’auteur de cette épître. »

De toute façon ne pas savoir qui en est l’auteur est un problème auxiliaire qui n’a pas à intervenir sur le plan de la portée doctrinale du texte sacré, car notre ignorance sur ce point ne nous prive pas cependant de la juste compréhension du texte. Elle ne peut pas davantage minimiser la portée spirituelle et théologique d’un document qui, dès l’abord, s’est imposé comme faisant autorité par sa valeur intrinsèque. En vérité, la seule réponse adéquate de la foi chrétienne aux questions posées, est, comme le déclareront plusieurs pères (Clément, Augustin, Tertullien, etc.), que Dieu lui-même est l’auteur premier de l’épître et que les chrétiens de tous les siècles en sont les destinataires car par son canal Dieu, sans le moindre doute, a parlé et parle encore à son peuple par son Esprit.

C’est là, en fin de compte, la justification la plus importante de son insertion dans le Canon du Nouveau Testament et la raison de sa suréminente valeur, constamment affirmée par le Magistère à travers les siècles, sur les plans de la théologie et de la dogmatique.

Vous m’excuserez donc, une nouvelle fois, de me trouver en parfait accord, sans craindre, le moins du monde, le marcionisme, avec les termes de l’Epître lorsque son auteur déclare, expliquant ce qu’il nous faut entendre dans le terme d’accomplissement lorsque le Christ dit qu’il n’est pas venu pour abolir mais pour accomplir [« Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Matthieu 5,17)], sachant que cet « accomplissement » (pléroö) signifie bien dans l’esprit du Seigneur le passage de l’ancienne Loi, qui n’est pas parvenue à libérer les hommes de leurs péchés, à la nouvelle loi de « grâce et de vérité » (Jean 1, 17), car si les dons de Dieu sont bien sans repentance (le peuple juif conserve sa place particulière dans le plan divin nous sommes d’accord), il n’en va pas du tout de même des « économies », une nouvelle fois à ne pas confondre avec les dons, qui se succèdent et se remplacent (l’ère mosaïque succède, en la perfectionnant, à l’ère patriarcale par exemple) et des moyens mis à disposition de l’homme pour parvenir au salut, puisque Dieu dû se résoudre à nous envoyer son Fils pour nous sauver.

Accomplir signifie donc parfaire, réaliser, amener à la perfection ce qui avait été institué antérieurement, mais aussi passer de l’ancien au nouveau. Jésus a dégagé, de la Loi, les principes contenus implicitement en elle. Dans ce sens, il est venu « parfaire la Loi », lui donner son véritable sens, la remplir d’une signification spirituelle en la dépassant, en abandonnant ses prescriptions obsolètes — et il l’a donc accomplie, en la remplaçant, pour toujours :

- « Le Christ a obtenu un ministère d’autant supérieur, qu’il est le médiateur d’une Alliance plus excellente qui est établie sur de meilleures promesses. En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Car, en censurant, il leur dit : ‘‘Voici, des jours viennent, dit le Seigneur, et je conclurai, pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda, une Nouvelle Alliance’’ (Hébreux 8, 6-8) ;
- « En disant : ‘‘une Nouvelle Alliance’’ il a rendu caduque la première : or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de mourir. » (Hébreux 8, 13).
- « Dès lors que Jésus-Christ vint en ce monde, il y eut abrogation de la loi qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité car la loi n’a rien amené à la perfection, et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu.» (Hébreux 7, 18-19).

Tout ceci est d’ailleurs en parfait accord avec la déclaration explicite et très claire qui ouvre le Prologue de l’évangile de Jean, que vous connaissez bien sûr, mais que je vous invite à relire à la lumière de l’Epître aux Hébreux, sachant que si l’apôtre Paul, qui n’hésitait pas à se désigner comme le « ministre de la Nouvelle Alliance » (II Corinthiens 3, 6), s’exprima ainsi dans son Epître aux Hébreux, c’est qu’il avait compris que la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l’Ancienne était fondée sur le fait qu’elle reposait sur un meilleur sacrifice que ceux célébrés dans le cadre du culte mosaïque, ce sacrifice étant celui de Jésus-Christ sur le bois sacré de la Croix, et le don de son sang versé qui fut, et demeure, précisément : « le sang de la Nouvelle Alliance » (Marc 14, 24) :

« La loi a été donnée par Moïse,
mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus–Christ. »
(Jean 1, 17).

Ecrit par : Zacharias | mercredi, 14 mai 2008

Merci, Zacharias, d'avoir pris la peine de me répondre longuement et de façon lumineuse cette fois et sans polémiquer sottement.

Je n'ai jamais pensé, pour ma part, que l'Epître aux Hébreux était de moindre valeur théologique au motif qu'elle ne serait pas de Paul, et je suis là-dessus en plein accord avec vous.

Notre différend venait sans doute pour une très large part d'une question de mots...
Je suis évidemment d'accord sur la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l'ancienne et sur l'obsolescence des sacrifices anciens.
Mais je suis plus que réticent à parler d'Alliance "périmée" ou "caduque", quitte à encourir le reproche de confusion, car je vois mal comment un Dieu fidèle pourrait "dénoncer" l'Alliance qu'il a conclue avec son peuple.
Il me semble en effet que, si les prescriptions de la Loi sont caduques, l'Alliance demeure pour toujours.
Votre développement sur l'Alliance portée à sa perfection me paraît plus recevable, et je m'y rallie volontiers.

Ecrit par : Michel de Guibert | mercredi, 14 mai 2008

A mon tour de vous remercier pour la qualité de votre réponse, heureux de cette convergence entre nous touchant à un point si fondamental de la foi.