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vendredi, 14 mars 2008
Philippe Sollers : l’ « athée sexuel » et son catholicisme érotique, par Zacharias
Mais le plus dangereux n’est peut-être pas là au fond, car dans les réactions, parfois violentes, que suscitent ces profanations, on voit qu’il subsiste encore chez beaucoup de ceux qui furent chrétiens une saine capacité d’indignation. En effet, les plus malsaines et malveillantes insultes faites à la foi ne se trouvent pas où on l’imagine, et il se pourrait bien que les ravages commis par les écrivains en mal de célébrité, dont Philippe Sollers incarne ces derniers temps la vomitive icône, qui se font, paradoxalement, les défenseurs d’une certaine image du religieux en la caricaturant à l’extrême l’utilisant à des fins foncièrement personnelles relativement intéressées, soient sans doute les plus redoutables attaques qu’ait à subir l’héritage spirituel chrétien.
De la sorte, ce n’est plus l’anticléricalisme qui est, aujourd’hui, le véritable danger pour le catholicisme, mais la revendication d’une appartenance ou d’une adhésion à l’Eglise par de clownesques hypocrites qui, feignant une prétendue conversion, ridiculisent les fondements de la foi au profit de leur misérable petit commerce à l’hideux mercantilisme dont la seule finalité est de faire, encore et toujours, parler de soi et vendre du papier.
Fort justement Jaccard s’interrogeait ainsi : « Je me suis longtemps demandé, ce qui me débectait chez Philippe Sollers. Etait-ce ses mimiques de comploteur ahuri ? Ses bagues sur ses doigts boudinés ? Son côté bourgeois français avec femme et maîtresses ? [...] Sollers est à la littérature française ce que Mitterrand fut à la politique: un captateur d'héritage. Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques; Mitterrand le socialisme pour assouvir son ambition.» (Roland Jaccard, Journal d'un oisif, Puf). Or, ce à quoi nous assistons dernièrement avec le catholicisme chez Sollers, participe bien de sa stratégie du détournement ici évoquée ; il s’agit bien pour lui, et tant d’autres à sa suite, de siphonner à grande vitesse un carburant utile à leur insupportable industrie du paraître, de mettre la main, à la hâte, sur un héritage dont il se moque totalement afin de pouvoir au maximum profiter des lucratifs dividendes sur investissement.
La stratégie médiatique des émois religieux du nouveau converti est bien rodée, le système, parlant à temps et à contretemps des émotions mystiques du récent catéchumène, supérieurement organisé, avec les relais que sont, les maisons d’éditions, les suppléments littéraires, et les émissions littéraires.
Ainsi, une indigne bestiole polygraphique comme Sollers, qui aura pu écrire, comme le dit Benoît-Jeannin : « … avec la même autorité sur Breton, Vivant Denon, Guy Debord, Casanova, Jean-Paul II, Rimbaud, Pascal, Céline, Paul Morand et la suite. Faire l'éloge du dernier ouvrage de BHL dans Le Journal du dimanche. Décréter qu'une héroïne de Loft Story a une frimousse d'écrivain. Publier un péan à la gloire du feuilleton de M6 dans Paris-Match. Imposer une jeune romancière, la laisser tomber si son premier livre n'a pas marché. S'entremettre pour que le Goncourt aille à Jean-Jacques Schuhl » (Maxime Benoît-Jeannin, La corruption sentimentale, Le Cri), sans oublier Sade, Nietzsche et la géniale pensée de Mao, étale à présent complaisamment son admiration éperdue pour l’art érotique de l’Eglise, tout en soulignant son rejet du christianisme.
Dans un exercice ou il excelle, l’outrecuidant parangon de vanité avait expliqué le choix de son pseudo : « Sollers, de sollus et ars : tout à fait industrieux, habile, adroit, ingénieux…. » (Philippe Sollers, Un vrai roman, Mémoires, éditions Plon), l’actuelle industrie du pitoyable érotomane, confirmant ses orientations primitives à l’infect projet, est aujourd’hui tournée vers l’exploitation du nouveau filon à la mode, un catholicisme charnel et sexuel sans le Christ, ainsi qu’il le déclare au Monde des Religions :
- « Il est certain que j’ai un rapport personnel à la transcendance et au sacré, mais de là à dire que je suis croyant… Je ne sais pas. Le côté « ecclésiastique » du mot ne me convient pas. Je suis un athée sexuel. Je ne suis pas dans l’illusion de croire que l’on continuerait à réciter quelque chose de religieux pour éviter l’activité sexuelle. » (Le Monde des Religions, mai-juin 2006, n°17.)
Le plus hilarant dans cette comédie du sacré se parant d’un vernis catholique où l’érotisme tient une place non négligeable, c’est de voir à quel point les serviles cireurs de godillots et les petits scribouillards fraîchement édités, viennent astiquer le membre viril de l’industrieuse diva ingénieuse de chez Gallimard directrice de la revue « l’Infini », frottant comme des forcenés sur les parties intimes de sa « Majesté » pour en extraire la divine semence, l’encensant en abondance tels des sous-diacres soumis et courbés devant la liturgie d’un Monsignore de la curie, ainsi qu’en témoignent ces lignes ridicules par leur servilité de Fabrice Hadjadj :
- « Philippe Joyaux, bientôt sous son nom d’écrivain, Philippe Sollers, va mener au fil de sa vraie vie. Un combat pour quel objectif, pour quelle victoire ? Ceux d’une œuvre, cette œuvre, la sienne, sur laquelle il revient, qu’il commente, l’éclairant des moments-clés de sa biographie, De son premier roman, Une curieuse solitude, jusqu’à Une vie divine paru l’an dernier, on suit les mille péripéties de ce qu’on peut appeler ses guerres de libération. Combien d’épigones debordiens qui n’en sont jamais que les courtisans ? Le négatif ne suffit pas. Il faut du positif. Sollers l’entrevoit. Il sait que pour lutter contre cette fantômatisation de l’existence qui ne peut déboucher que sur la «fabrication des corps», il faut revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation. De là son affirmation baroque : Titien, Bernin, Rubens, et ce vin de Bordeaux qu’une consécration peut convertir en sang du dieu…[…] Sollers songe aussi à une échappée où le mythe et la raison s’épousent dans un catholicisme purgé de «sa moraline sexuelle idiote. » (Fabrice Hadjadj, Monde Francophone). mondesfrancophones
Cette littérature d’alcôve et de bidet est effectivement à vomir, et l’on aimerait laisser ces « joyaux », pardon joyeux plaisantins à leurs jeux interdits en s’amusant de les voir « revenir à l’esprit de la chair et donc, par Dionysos afin d’éviter toute régression puritaine, au mystère de l’Incarnation » , et s’exercer fébrilement, en des pamoisons extasiées on l’imagine, au dépassement fiévreux et empourpré de la « moraline sexuelle idiote » - charmant programme pour des ébats décomplexés et des positions expertes entre deux prières et une génuflexion !
La conclusion de cette note, qui montre ce qu’il en est de la vérité qu’il faut conférer à ses présentes déclarations littéraires, laissons-là à l’ignoble athée sexuel qui déteste le pape :
- « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)
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Sollers/Hadjadj
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Le site Royaliste, Les épées, organise des débats/conférences de qualité avec des personnalités intellectuelles pas forcément royalistes.
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Trackback par : Incarnation | samedi, 03 mai 2008
Commentaires
- « Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)
Quel programme ! Surtout que la nature de l'homme qui intéresse Sollers ne semble pas en être la Divine.
Comme Zacharias et Zac précédement, je vomis ces êtres qui ont besoin d'un alibi spirituel pour justifier une libido ou une perversion bien humaine !!
Enfin, Ecce homo !
Ecrit par : M.G. | vendredi, 14 mars 2008
"Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques".
Lors d'une première lecture, j'ai copié immédiatement ce petit extrait, et me voici face au puzzle, ne trouvant plus la place pour une pièce, puisque... je ne trouve plus la phrase dans le texte. A l'aide ? Non, pas encore vraiment...
Ce qui me déçoit, est ici que j'aie pu mal lire. Je ne me serais effectivement pas attardée sans comprendre. Or, je ne la comprends pas. A l'aide... : que signifierait : "détourner le situationnisme" ?
Merci beaucoup à ceux qui voudront m'expliquer le plus patiemment.
...mon désarroi devant cette interprétation de l'expression "athée sexuel" ? Je l'avais comprise autrement et, d'après votre citation, bien à tort. J'avais deviné tout l'inverse, et au contraire la non adhésion à ce qui serait faire du sexe une religion. Il est vrai que Sollers argumente peu le rapprochement qu'il opère entre pornographie et puritanisme, mais il l'exprime.
Globalement, je vois que Sollers est un petit bonhomme (Narcisse ?) ? Cela est certain, mais je crois à vous lire que l'heure serait déjà grave, et que nous ferions un procès ? Je trouve utile votre rappel dans l'analyse. Cependant, attention à la chasse aux sorcières... qui dépend bien de chacun.
Ecrit par : Marie Gabrielle | vendredi, 14 mars 2008
A-t-il jamais tué, d'ailleurs ? Si tel était le cas, qui pourrait en réchapper ? Moi le premier, du reste : n'ai-je pas furieusement donné l'impression d'être de ces représentants "de la bonne pensée catho" qui s'enflamment au quart de tour ? "Complaisance" plus "naïveté" égalent "complicité" : si vous avez tout à fait raison sur cette arithmétique, permettez que je me dérobe vertement sur ses composants... qui représentent tout ce dont j'ai parfaitement horreur ! Ceci nécessite à n'en pas douter une sereine mise au point.
Oserais-je vous l'avouer, Zak ? JE N'AI PAS LU la prose de Mr Sollers et consorts. (Les aperçus que vous m'en soumettez -et que l'on retrouve sur la dernière note publiée sur ce blog- ne sont d'ailleurs guère de nature à me précipiter chez mon libraire !) Mon précédent post n'était donc pas établi sur la foi de ses écrits... mais en fonction des diverses réactions à ces écrits. Dont les vôtres, bien entendu. Il s'agissait donc moins d'un commentaire que d'un commentaire de commentaires : je ne saurais commenter ce dont je n'ai pas connaissance... et ce qui, a fortiori, ne saurait "m'émouvoir" dans un sens ou dans un autre !
Cela dit, vous avez bien agi en faisant taire vos "scrupules à me tancer" : je reconnais que les propos que je tenais ce vendredi prêtent à ambiguïté, laissant entendre que je cautionne benoîtement des déclarations dont je conviens avec vous sans arrière-pensées qu'elles relèvent "des pires sottises". Sur bien des points effectivement "inadmissibles théologiquement", je vous rassure immédiatement : je boude mon plaisir !
Au risque de vous apparaître cette fois comme le chien qui ronge son os jusqu'à la moelle, je maintiens QUAND MÊME la validité de mon précédent post sur le fond. Naturellement, j'apporte un bémol quant à la forme... temporelle. Aujourd'hui, admettons tout ce que vous voulez : conversion de tartuffe, immonde pantalonnade, jouissance libidineuse, (im)posture factuelle, opportunisme médiatique et j'en passe. AUJOURD'HUI, la question n'est pas "de savoir si le discours tenu à présent est crédible ou pas" : IL NE L'EST PAS ; et si j'ai pu faire croire à quiconque que je cautionnais un tel discours, je bats ma coulpe.
Aujourd'hui... mais demain ? Hier, nous avions saint Paul : avant-hier, Saül. Il existe un abîme entre les deux ; pourtant, il s'agit du MÊME homme...
Aujourd'hui, il n'y a pas photo : j'ai plus de bonheur à parcourir l'épître aux Corinthiens qu'"une vie divine". (Les quelques extraits publiés ici me suffisent amplement !...)
"Mais de quoi voulez-vous douter chez ce personnage ?" me demandez-vous. De son PRÉSENT, de tout... et ma foi, vous n'y avez pas peu contribué ! De son avenir, de tout également. Mais pas nécessairement dans le même sens : j'ai encore la faiblesse de croire que l'avenir n'étant pas présent, il n'est pas encore écrit. (C'est bête comme chou, mais extrêmement libérant !) Alors, que la posture du bonhomme soit maintenant factuelle, bien sûr. En revanche, "qu'elle sera jetée aussitôt après l’avoir usée", peut-être... mais peut-être pas. C'est sur ce point que je propose le bénéfice du doute. Jouer avec les choses de la foi n'est pas sans risques, et le Père de cette foi aime de temps en temps à prendre au mot ces joueurs peu vertueux : s'Il a eu un Saül, ce n'est pas du menu fretin tel que du bobo parisien qui va l'arrêter...
Alors... à suivre ?
Ecrit par : MDT | samedi, 15 mars 2008
Mille excuses : le post ci-dessus est censé être la réponse à Zak dans "La nature de la chair et le péché". Quoi qu'il en soit, il n'est pas hors-sujet ici !...
Ecrit par : MDT | samedi, 15 mars 2008
j'ai un certain mal à comprendre ce genre de gymnastique qui consiste à se déclarer :
athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme!
à mettre l'homme au centre de l'univers et dans un même temps faire l'éloge de
Joseph de Maistre!
Tout ça sent la récupération à plein nez, après avoir tout essayé il vient comme tant d'autres d'ailleurs** piller le catholicisme et la Tradition
**(art contemporain: détournemment des images religieuses, Saint Jean de la Croix mis à la sauce performance, Karl Lagerfeld qui se targue sur je ne sais qu'elle revue branchée, d'aimer Madame Guyon....et de faire des robes monacales pour ses manequins anorexiques etc..
Tout ça béni par le silence des catholiques, qui ne dit rien consent!
Tout ça est à gerber!
Pas de soucis un jour Sollers nous dira qu'il est musulman!
le dit Karl n'a pas hésité à concevoir en 1994 une robe pour Claudia Schiffer sur laquelle il avait fait imprimer des versets du Coran. Les autorités musulmanes françaises crièrent au sacrilège et Lagerfeld fit marche arrière en détruisant l’objet hérétique par peur de causer des ennuis à Chanel.
Ecrit par : Gerbaline | samedi, 15 mars 2008
Il est amusant de voir qu'au moment où vous publiez cette note, la revue "Famille Chrétienne" met en kiosque un numéro dans lequel l'hilarant Hadj nous explique en sept points, avec grand sérieux, comment bien mourir.
Mais il a sans doute oublier un huitième conseil qu'il garde en secret pour un prochain numéro du pieux magazine :
Comment faire pour mourir de plaisir...
Ecrit par : Eva | samedi, 15 mars 2008
Il n'est pas indifférent de relever que le sieur Hadjadj, comme il le laissa filtrer parfois dans certaines de ses feuilles, fut un sérieux "queutar" dans sa jeunesse avant sa conversion.
N'y aurait-il pas, dans son actuelle défense de la chair en mode catholique, en réalité un vieux retour du refoulé dont l'inconscient possède le secret ?
Ecrit par : Francis | samedi, 15 mars 2008
Le ridicule Hadjadj, le Doc Gynéco des sacristies dont Zacharias vient de nous montrer l'étendue de ses dons masturbatoires sur la personne du nombriliste Sollers, n’est pas qu’un fameux « queutar » comme vous l’écrivez Francis, c’est aussi un réel cinglé sur le plan théologique qui n’hésite pas à se risquer à des formulations dont la complaisante hardiesse vise à foncièrement sexualiser notre conception du religieux et, pour ce qui nous occupe, de la religion catholique, dont il est un singulier salisseur.
Pour en donner un exemple, voici comment sont présentées, dans les colonnes du numéro 343 du mois de mars 2008 de l’ignoble revue Art Press, les abjectes propositions de l’érotomane expert en sexologie divine : « … attends-toi également, lecteur, à te trouver confronté à de bien déroutantes propositions avancées par ce glorificateur de l’utérus de la Vierge, ce penseur d’une «divine pornographie», ce paradoxal défenseur des libertins, ce singulier moraliste qui se moque de la morale. L’entretien qui suit peut t’y préparer. »
Nous voilà prévenu, et le pire est effectivement à venir sous la plume même de l’indigne pornographe libidineux qui confond allègrement films de cul et théologie :
- « La Bible insiste ainsi sur l’utérus de Dieu. La judéité se transmet d’ailleurs par l’utérus d’une juive. Ce que le Nouveau Testament reprend de manière radicale : l’utérus de Marie porte le Dieu fait chair. Si ce n’est pas une exaltation du féminin, ça ! »
- « …Ma femme n’a pas conçu couverte «par l’ombre de l’Esprit», mais par ma masse essoufflée, pour ainsi dire. Le catholicisme reste avant tout la religion de l’Incarnation : sous un certain rapport, la chair y est plus spirituelle que nos raisonnements. L’acte le plus mystique y consiste en une manducation : prendre Dieu dans sa bouche, mastiquer l’Éternel, déglutir la Lumière des Nations, c’est dans ce concret de baiser et de bave qu’est la contemplation la plus haute, – rien à voir avec la petite harangue puritaine.
- Tous les sacrements exigent le toucher, la proximité physique : la parole à distance, celle qui ne se fait pas chair, n’y est jamais qu’un prélude.
- « …l’union conjugale de Robert et Micheline Tripied devient signe vivant de l’union du Christ et de l’Église, pas moins. L’acte charnel est donc non seulement béni, mais il est aussi tout ensemble une image de la Trinité et un précipité de la Rédemption. Dans mon livre, en faisant se rencontrer Thomas d’Aquin et Charles Baudelaire, j’essaie de montrer la présence de la Croix à même la copulation. Je confirme par là certaines fulgurances de Bataille. »
(Art Press, n° 343, mars 2008, Interview réalisé par Jacques Henric ).
Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de son triste esclavage devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser.
Rappelons à l’impudique écrivain dont la prose, aux vaginales extases mystiques a en fait sa place réelle dans les sex-shops, ce clair avertissement on ne peut plus clair du Verbe de Dieu dans la Sainte Ecriture :
- « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean, 6, 63).
Ecrit par : Zak | samedi, 15 mars 2008
Ah ! On voit bien là le condensé nauséabond et tristounet de tous les préjugés anti-Sollersiens sortant de la plume ou de la bouche de personnes qui l'ont lu en diagonales, sur le net, par petits bouts en le feuilletant de ci, de là, non pour se confronter à l'écrivain et, éventuellement, lui rentrer dedans à sa juste mesure, mais juste, et uniquement pour vous conforter dans ces préjugés qui sont les vôtres.
Mais permettez-moi de vous dire, que lorsque vous aurez lu, de bout en bout, "Le Rire de Rome", "La Divine Comédie" (c'est celui-là qu'il est allé offrir au Pape Jean-Paul II), "Visions à New York", "Un Vrai Roman" et... "Une Vie Divine"... sans oublier quelques articles lumineux dans "La Guerre du Goût" et "Eloge de l'Infini"... pour ne citer que les livres que je connais du monsieur et dans lesquels il évoque ou parle longuement de la Catholicité, vous changerez peut-être votre fusil d'épaule. Lorsque je lis quelque chose comme ça :
"Cette volonté de sexualisation du religieux dénote certes une très grave désorientation doctrinale et un grand égarement théologique, mais surtout, elle met en lumière une évidente séduction et une patente faiblesse à l’égard des émotions sensibles traduisant une nette soumission face aux impératifs du désir auxquels l’on fait une place de choix et que l’on cherche, en témoignant de sa triste soumission devant les spasmes du domaine génital, à sacraliser. "
... cher Zak, et sachez que je dis ça en toute amitié, non, que vous le vouliez ou pas, je ne suis pas de ces thuriféraires anti-Catholiques et un défenseur de Sollers aveugle et béat, lorsque je lis ça, je me dis qu'il y a bien des parties de la Sainte Bible qu'il nous faudrait, en ce cas, supprimer, car il n'y a rien de plus "sexué" et même "sexualisé" que la Bible. Dieu veut que nous bandions, c'est un signe de santé, après, bien entendu, tout dépend selon quelle orientation la bandaison en question s'effectue, mais je suppute que vous êtes grand, majeur et vacciné, et je ne vais pas vous faire un dessin... relisez votre évangile :
"1 Corinthiens 7
7.1
Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit, je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme.
7.2
Toutefois, pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.
7.3
Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari.
7.4
La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme.
7.5
Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.
7.6
Je dis cela par condescendance, je n'en fais pas un ordre."
Pour ne donner que cet exemple... et je ne vais pas m'amuser à vous citer "Le Cantique des Cantiques" qui a été mis à toutes les sauces et, surtout, excusé par quelques prêtres frustrés car, disent-ils, imagé et ne célébrant que des noces spirituelles. Vous aimez bien limiter Dieu... alors que son fils s'est INCARNé.
Lorsque vous citez :
« Je suis athée, cela va de soi, mais sans plus, démocrate inné, féministe et progressiste, homophile, négrophile, arabophile, judéophile, antipédophile mais gayphile. Conjugalophile mais sexophile. Je déteste le pape, je préfère n’importe quelle religion à la sienne, bien que toutes les religions soient à rejeter par principe. Je ne connais qu’une valeur : l’homme. Et puis après ? Eh bien, c’est tout simple : l’homme. » (Philippe Sollers, une Vie divine, Gallimard, 2006, p. 289, sq.)
Ayez le courage de préciser que c'est un personnage de Roman qui parle, selon les lignes de séparations que cela devrait imposer. Par contre, il est vrai que Sollers brouille les pistes, puisque dans ses mémoires qu'il a intitulé "Un Vrai Roman" pour embêter peut-être les personnes comme vous, à la question de la croyance il répond qu'il est "à l'écoute". Ce qui change tout de même les choses. Et si vous êtes chrétien, vous devriez vous en réjouir et prier pour lui pour qu'il soit sauvé... surtout au vu de la verve qu'il a mis dans la défense de Jean-Paul II... et à présent de Benoît XVI... à la grande surprise de ses amis qui ne l'ont jamais compris dans ce domaine...
Sollers lance des ponts entre les écrivains, les psychanalystes, les poètes, les peintres, les philosophes, et les Saints... ce n'est certainement pas de la vérité à prendre avec argent comptant... mais il y a là des résonances qu'il ne faut pas négliger si on est intellectuellement honnête.
Sollers, il y aurait 1000 et 1 choses à lui reprocher, bien plus graves que vos reproches pleins de poncifs creux. Ses réseaux littéraires morbides, son soutien à une Gôche caviar qui est une vraie bouffonnerie, sa présence guignolesque sur les plateaux de télévision (encore que... pas toujours... ça dépend...)... Car si vous reprochez à Sollers ce que vous lui reprochez, balancez par la fenêtre tous les écrivains moralistes français, bien catholiques et pourtant ouvertement baiseurs jusque dans leurs fusées implacables... balancez et liquidez Baudelaire... foutez en l'air Rimbaud et Verlaine (le premier enculait le second et mettait du coeur à l'ouvrage)... et liquidez Apollinaire... Retz était tout autant baiseur qu'il était Cardinal... passons...
Mais... à croire qu'il n'y a pas de hasard... alors que je suis en train de préparer un article pour mon Blog sur "APOCALYPTO", le film de l'excellent Mel Gibson (oui oui oui... celui-là même qui a réalisé le sublime "La Passion du Christ" tant décrié par les naïfs et les lecteurs de TELERAMA) je me suis souvenu d'un texte SUPERBE (j'insiste) de Philippe Sollers sur les Indiens Guaranis et la Catholicité et j'ai souhaité m'en servir pour mon article... Ma chère et tendre épouse, dévouée comme elle est, m'a délicatement tapé le texte avec ses doigts de fée, sous ma dictée... et voilà que je tombe sur votre article comique et les commentaires qui fusent dans la foulée... et je me dis : ça tombe bien... faisons d'une pierre deux coups...
Alors accrochez-vous, armez-vous de patience et daignez lire de bout en bout... car ce que dit Sollers, ici, de la Catholicité, de l'Humanité, si c'est du Blasphème, c'est que vous n'avez rien compris... ou alors pire, c'est que vous êtes obtus et primitifs du bulbe. Je pense que non, vous ne devez pas l'être... j'ai lu sous votre plume des effluves scintillantes, des stances de lumière intelligentes... et il y a dans cet article bien plus de sublime clairvoyance à l'égard de ce qui, ici, nous tient profondément à coeur, sur le beau site d'Isabelle, que dans tant de livres soi-disant dédiés à l'église et qui sont d'une platitude sale, bête et sans intérêt...
"L’aventure jésuite
Je regarde ces sculptures, leurs formes torsadées, recueillies ; leurs couleurs. Un enfant blanc, châtain, bouclé, vêtu d’une légère tunique bleue et jaune, s’avance dans le vide, le bras gauche tendu le long du corps, le bras droit replié sur la poitrine, mais esquissant déjà un geste énergique de départ. Ses yeux sont grand ouverts, et pourtant il semble voir quelque chose que nous ne percevons pas, comme s’il regardait à l’intérieur d’eux-mêmes. Son sourire, surtout, est énigmatique : détermination ? confiance ? certitude ? joie ? ironie ? On ne sait pas. L’affirmation qui l’anime, en revanche, est indubitable. On a l’impression qu’il pourrait dire : « je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial l’a trouve complète. »
Où sommes-nous ? À Rome, Vienne, Naples, Prague ? Dans l’une des capitales du baroque et de la Contre-Réforme ? Non : cette fraiche merveille enfantine nous vient du Paraguay, au XVIIIe siècle, quand les Jésuites y poursuivaient leur expérience spirituelle et formelle, divine et humaine, politique et mystique. Une très étrange histoire, qui a fait beaucoup parlé et rêvé, depuis les philosophes jusqu’à nos jours ; une aventure qu’on peut suivre d’un bout à l’autre de la planète. L’époque héroïque est sans doute passée, mais sa mémoire demeure. L’Europe, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Amérique ? Autant d’épopées, souvent martyrologiques, celle des « réductions » du Paraguay restant la plus singulière. En tous cas, l’enfant dont je viens de parler a été anonymement façonné là-bas. Il est âgé de deux siècles et demie, mais il est en réalité millénaire puisqu’il s’agit de l’Enfant Jésus. Si nous ne le savions pas, nous aurions du mal à l’identifier. Tel est l’étrange message que les indiens Guaranis et la Compagnie de Jésus nous envoient par-delà le temps et l’espace.
On se souvient que Claudel, au début du Soulier de Satin, fait parler un père jésuite attaché à un mât, sur le pont d’un bateau dévasté par un abordage, et qui est en train de sombrer dans l’océan Atlantique :
Et c’est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où
je suis n’est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la limite du ciel connue s’efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j’ai
quitté
Et de l’autre nouveau.
Claudel prend soin d’ajouter, un peu plus loin, que l’action de son drame se déroule dans une dimension du temps où le passé et l’avenir sont faits « d’une seule étoffe indéchiffrable ». Le projet jésuite, à travers le monde, était, n’en doutons pas, celui-là.
Il faut, bien entendu, traverser beaucoup d’ignorance et de préjugés pour considérer calmement ces aventuriers italiens, portugais, espagnols. Ils sont Jésuites, franciscains, dominicains. Ce sont des prêtres, mais également des savants : théologiens, mathématiciens, astronomes, géographes, linguistes, juristes. Nous apprenons avec surprise qu’ils étaient, aussi, des artistes : architectes, musiciens, dessinateurs, sculpteurs. Ils ne se contentent pas de propager leur foi et de convertir, ils enseignent. Les continents qu’ils abordent sont inconnus, dangereux, et ils posent vite (surtout en Amérique du Sud) une question neuve : ces hommes qu’on a jamais vus dans l’univers « civilisé », ces Indiens, ces « hurons », sont-ils des hommes comme vous et moi, c’est-à-dire des créatures divines avec une âme, ou bien des mécaniques animales, proches du démon et, par conséquent, vouées à l’exploitation et à l’esclavage ?
On sait quels effets comiques Voltaire a tirés de cette situation. L’Ingénue en est la preuve. Mais c’est oublier que la tentative jésuite, au-delà des sarcasmes dont elle a été l’objet, a eu ses partisans jusque dans le camp des Lumières. Montesquieu, D’Alembert, Buffon s’y sont intéressés et Voltaire (qui est, après tout, un ancien élève de la Compagnie) y a même vu un « triomphe de l’humanité ». Les missionnaires, en effet, se sont vite opposés (et parfois par les armes, soutenus par les populations locales) au pouvoir économique et administratif, comme aux avidités meurtrières qu’il légitimait. Les « réductions » du Paraguay, l’autonomie qu’elles ont peu à peu acquises, sont ici l’exemple le plus célèbre et, en un sens, le plus mystérieux.
Ce système social inédit est mis en place dès le début du XVIIe siècle. En 1627, il compte déjà trente mille Indiens « protégés ». L’organisation agricole soustrait ces derniers à l’esclavage, et assure également la pérennité de leur langue et de leur culture (musique, chants, danse). Les Jésuites doivent à la fois se battre contre la brutalité des colons, plaider leur propre cause en Espagne et maintenir ainsi un équilibre fragile qui finira par s’effondrer. Nous ne sommes pas encore entrés dans la longue histoire des Droits de l’Homme : c’est pourtant ici qu’elle a été, la première fois, tentée.
Le Libro de Ordenes, de 1649, nous décrit le Code civil et pénal mis en place. Ainsi, la peine la plus lourde est celle de la réclusion pour dix ans. Fait unique à cette époque, la peine de mort n’existe pas. Les réductions (terres cultivées, villages) disposent d’une milice armée. Une forme de vie communautaire s’installe, au grand scandale des propriétaires terriens, et, bientôt, de leurs alliés créoles. Les Indiens se sédentarisent, et la propriété (très relative) dont ils disposent est fondée, christianisme oblige, sur la monogamie. Chaque nouveau ménage reçoit, au moment du mariage (en général précoce), une maison et un terrain à cultiver.
Les Jésuites dirigent tout. Mais ce qui nous intéresse particulièrement est le développement de l’artisanat, donc de l’art. Telle est l’origine de nos sculptures.
Édouard Pommier, dans Les Missions Jésuites du Paraguay (texte qui accompagne l’étonnant enregistrement des Vêpres solennelles de Saint-Ignace, du musicien Jésuite Dominico Zipoli, 1688-1726), donne quelques exemples frappants de la vie des réductions.
La vie est rythmée par la pratique religieuse. L’assistance à la messe dominicale est obligatoire. Les fêtes religieuses sont accompagnées de danses et de représentations théâtrales dans la langue locale. On a ainsi recueilli des fragments transmis oralement d’un opéra, Le Drame d’Adam. L’important est que la culture soit fondée sur le maintien et le respect de la langue guarani dont les Franciscains ont été les défenseurs dès 1575, les Jésuites continuant leur œuvre. En 1640, le père Ruiz Montoya, pendant son séjour à Madrid, publie deux livres sur ce sujet.
Cette politique amène la formation, parmi les Indiens, d’une classe cultivée. En 1724 et 1727 le cacique Nicolas Yapuguay publie, en guarani, un commentaire du catéchisme et un recueil de sermons.
Le développement de cette culture s’appuie sur l’introduction, dès 1695, de l’imprimerie sur le territoire des réductions (alors que Buenos Aires attendra jusqu’en 1780). Ces Jésuites sont décidément dangereux : ils vont transformer les esclaves en hommes, et même en hommes sachant lire et écrire. Pourquoi pas, aussi, en artistes ? On peut imaginer l’énorme jalousie qui se développera, à cette occasion, chez les Blancs, ou les demi-Blancs, puisqu’on oublie toujours trop facilement que la propagande anti-jésuite a été aussi une propagande « capitaliste ».
Les églises dont on voit aujourd’hui les ruines ont été construites au début du XVIIIe siècle en succédant à des constructions provisoires. Les architectes jésuites ? Ils sont italiens : Angel Petragrassa (1656-1729), José Brasanelli (1659-1728), Giovanni Primoli (1673-1747). Mais il y a aussi l’Espagnol Ribera, et le père autrichien Anton Sepp (1635-1733), qui écrit un manuel pratique de construction. Il est bon de citer ces noms méconnus pour contrebalancer une censure séculaire.
Édouard Pommier écrit : « Les statues qui ont survécu à la destruction des églises se réfèrent en grande majorité à l’iconographie du Nouveau Testament et des saints de la Compagnie. Bien que les textes manquent à cet égard, on peut supposer qu’elles sont l’œuvres des Guaranis, guidés par l’enseignement des pères et inspirées par les gravures d’œuvres européennes qui ont circulé un peu partout dans l’Amérique coloniale. La sensibilité profonde, l’émotion contenue, la spiritualité sincère dont elles sont imprégnées sont peut-être le meilleur témoignage de la valeur de l’œuvre religieuse et civilisatrice accomplie par les Jésuites. »
Par ailleurs un voyageur, José de Escandon, note ceci (nous sommes donc au XVIIIe siècle) : « Il y a des chants tous les jours de fête, ainsi que le samedi. La musique est de grande qualité, à tel point que même ici, en Espagne, elle serait considérée d’un niveau supérieur. […] Chaque village possède sa chapelle de musique, qui compte tant d’instruments et de voix qu’il n’en est pas une, petite ou grande, qui ait moins de 20 à 24 musiciens. Ceux-ci sont très habiles à la lecture, et ils jouent de tous les types d’instruments dont on se sert ici, en Europe, dans les églises. Les voix […] savent très bien écouter d’oreille ou lire les partitions qu’on leur envoie d’Espagne ou qu’on leur fabrique là-bas, car il y a de tout, et les deux méthodes sont utiles. De même qu’ils connaissent bien la musique et peuvent la déchiffrer sur les partitions, afin de la chanter et de la jouer, ils savent fabriquer, et construisent tout type d’instrument, même des orgues…»
L’iconographie du Nouveau Testament et les saints de la Compagnie seraient les seuls sujets sculptés ? Cette description ne nous dit pas grand chose et, de plus, elle est erronée, puisque beaucoup de statues représentent des saints de toutes les époques. Mieux vaudrait parler d’un théâtre du temps, avec ses points de répétitions.
Voyez cette jeune femme radieuse, emportée vers le large comme une belle frégate. Tout, en elle, est mouvement, plis, replis, bonté éblouie du visage, le jaune et le rouge exaltant son triomphe. Mais pourquoi tient-elle, sous son bras gauche, comme un rouleau biblique, cette tour à deux étages ? Il s’agit de Sainte-Barbe, mais qui est Sainte-Barbe ? Et plus généralement, pourquoi savons-nous désormais si peu de chose des saintes et des saints ? Voici une vierge et martyre du IIIe siècle, en Égypte. La légende veut que son père l’ai fait enfermer dans une tour à cause de sa beauté. Puis, apprenant qu’elle est devenue chrétienne et qu’elle se refuse au mariage, il l’a traine devant des tribunaux, la fait condamner à mort et la décapite de sa propre main. À ce moment précis la foudre le frappe. Conséquence : Sainte Barbe se retrouve patronne des canonniers et de tous les métiers qui manient la poudre, carriers et mineurs. Van Eyck lui a consacré un tableau en 1437.
Ce genre d’histoire ne se raconte pas par hasard, et touche au plus près l’imaginaire universel (suivons Freud dans sa certitude). Un père incestueux, une fille qui ne le sait que trop et préfère épouser Dieu : une Indienne Guarani peut être aussi sensible à ce récit que n’importe qu’elle Européenne du temps. Et voilà le beau navire de Sainte Barbe lancé à travers les mers. Tonnez, cannons ! pour la plus grande gloire de Dieu ! Célébrez une fille libre à la barbe de tous les pères.
Ou encore Saint Érasme : c’est un jeune gentilhomme bleu, portant, sans effort apparent, une lourde croix. Il a une attitude militaire concentrée, il appartient sans aucun doute à un corps d’élite dirigé par un grand général. Mais attention : c’est le même Saint Érasme que nous voyons, dans une autre sculpture, crucifié et atrocement supplicié par deux soldats (romains ? espagnols ?). Le ventre ouvert, le corps tailladé, il est, espérons le, soutenu dans son martyr par un angelot qui le coiffe, en douce, d’une couronne de fleurs.
Oui, mais qui est Saint Érasme ? Rien à voir, bien entendu, avec le grand humanisme du même nom, si bien peint par Holbein, et dont la vie a été une habile navigation entre catholiques et protestants. Non : Saint Érasme (appelé aussi Saint Elme) était un évêque de Formie, près de Gaète, au Ve siècle. Les Lombards ariens (l’arianisme est une hérésie tenace) l’ont affreusement torturé et mis à mort. Est-ce parce qu’il a été soumis à une douleur insupportable qu’il est vite devenu saint patron des femmes en couche ? étrange rapprochement, qui nous paraît aujourd’hui sans objet, mais c’est vouloir oublier le long cri de souffrances de la naissance ayant traversé notre espèce, l’ « ardent sanglot » dont parle Baudelaire. Regardez, côte à côte, le gentilhomme bleu acier, lumineux et inaccessible dans sa défense de la foi, et ce pauvre condamné démantibulé sur lequel des brutes grotesques s’acharnent. Le contraste est saisissant : c’est toute une pièce de théâtre qui parle aux yeux et au cœur.
Nous sommes encore dans la marine : les navigateurs du temps (et le Jésuites avec eux) connaissaient bien les feux Saint-Elme, phénomène d’étincelles électriques enflammant les mâts des bateaux pendant les orages en mer (et revoici notre père jésuite du Soulier de Satin). Saint Érasme : la chair retournée et sanglante, l’impassibilité divine, le feu du ciel. Voilà ce qui se racontait aussi dans les réductions du Paraguay, voilà qui ne manquait pas d’embraser l’imagination des artistes populaires entrés non seulement dans la communion catholique mais dans le goût européen.
Des reliques de saint Érasme sont conservées à Bologne, Naples, Vérone, Cologne et Mayence. Mais, là encore, les artistes imposent leur loi : Le Martyr de Saint Érasme est un tableau important de Poussin exécuté pour Saint-Pierre de Rome. Razzié par les français en 1797, il a été restitué au Vatican en 1815. Poussin, peintre philosophe allié des Jésuites ? Mais oui : il suffit de contempler son Saint François Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant de Cangoxima (Kagoshima) au Japon dit, aussi, Le Miracle de Saint François Xavier. Ce dernier tableau, on le sait, a été victime d’une cabale du camp Simon Vouet, et c’est à la suite de ces désagréments que le grand Poussin a choisi de s’expatrier à Rome. Les deux saints jésuites les plus fameux, Ignace de Loyola et François Xavier, eux, ont été canonisés ensemble, en 1622.
Et Saint Roch, ce saint bondissant ! Qui pense à le rapprocher de San Rocco ? Pourtant, c’est lui à Venise, là où l’on va admirer l’impressionnante série du Tintoret. C’est un saint français du Moyen Âge, né à Montpellier en 1293, et mort dans la même ville en 1324 (à 31 ans, donc). Il veille sur les malades, les pestiférés : on l’invoque pendant les épidémies. Ses reliques ont d’abord été en Arles, puis ont été transférés dans la Sérénissime. On le fête le 16 août. La légende veut qu’au désert son chien lui rapportait, chaque jour, un morceau de pain donné par une main inconnue.
Avoir de son côté pour combattre la peste, Tintoret, Rubens et des sculptures en bois, ce n’est pas rien ! Protégez-nous donc dans les forêts américaines, Saint Roch, Sainte Barbe, Saint Érasme, mais aussi Saint Sébastien, Sainte Catherine, Saint François d’Assises, Saint François Xavier (avec, dans la main droite, un drôle de violon) ! Et puis encore Saint Jean Baptiste, Saint Joseph ! Quoi ? Vous dites qu’il n’y a pas de sculptures de saintes ou de saints guaranis ? Patiente, cela viendra. Il suffit d’attendre trois ou quatre siècles.
À tout seigneur, tout honneur. Mais aussi toute horreur. Les représentations du Christ souffrant sont une épreuve. Elle est inévitable. Le corps humain est à franchir, ce que ne comprendrons jamais ceux qui croient naïvement, ou par calcul, à sa nécessité animale ou biologique. La leçon est dure : des blessures, du sang. Le Christ à la colonne n’est pas le même au XVIIe et au XVIIIe siècle mais les deux sont sublimes. S’ils éveillent en vous des pulsions cruelles et sadiques, ou, au contraire, de dépression masochiste, ce sera votre faute, pas la leur, puisqu’ils sont visiblement ailleurs, immergés dans une sagesse ou une sérénité incompréhensibles. On tient, là, la clé de la puissance de suggestion catholique : elle ne peut pas laisser indifférent. Soit elle déclenche la perversion, et elle la traverse et l’annule ; soit c’est la répulsion troublée, le dégoût et la preuve est faite par le refoulement. De toute manière, le regardeur est révélé, il ne dit d’ailleurs pas forcément ce qu’il ressent ou pense.
Ce dos flagellé, ces taches de sang font encore rêver ou délirer de nos jours. Une vierge en plâtre est censé pleurer des globules rouges ? Non, bien sûr, mais l’événement supposé signale l’impasse de l’art saint-sulpicien, l’affadissement est le déclin de l’art sacré depuis le XIXe siècle. Ici, au Paraguay, à l’époque héroïque, les choses sont infiniment sérieuses, directes, vraies. Les Jésuites et leurs fidèles sont dans leur moment de splendeur. Pas de mièvrerie, de bigoterie, de pruderie : l’essentiel, la force. Le Christ du XVIIe siècle est basané, il pourrait être indien. Celui du XVIIIe siècle, stigmatisé, est au contraire très blanc mais tous les deux sont liés à la même colonne qui est une sorte de temple à elle seule. La signification est claire : le martyr guarani et le martyr jésuite se situent du même côté. On dirait qu’ils déposent ensemble au tribunal de la Justice et de la Vérité. Les mains liées, le corps violé, le visage déjà dans la mort, ou plutôt dans une vision qui la surplombe, l’effet de grandeur est imparable : ecce homo.
Pour comprendre de tels chefs-d’œuvre sculptés, il faut aller à la source, c’est-à-dire non seulement au Nouveau Testament, mais aux textes du fondateur de l’Ordre, Ignace de Loyola lui-même.
Car le voici, lui. On dirait un moine ascétique, absorbé par on ne sait quelle scène (la sculpture est là pour faire voir l’invisible). Il a l’air étonné d’être en vie. Il contemple, avec respect et compassion, quelque chose. Quoi ?
« Voir Notre Dame, Joseph, la servante, et l’Enfant Jésus après qu’il est né, me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles. Et réfléchir ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.
Regardez et considérez ce qu’il font comme, par exemple, voyager et peiner pour que le Seigneur vienne à naître dans la plus grande pauvreté et qu’au terme de tant de peines, après la faim, la soif, la chaleur et le froid, les outrages et les affronts, il meurt en croix : et tout cela pour moi. Puis, réfléchissant, tirez quelque profit spirituel.
Terminez avec un colloque et par un pater noster. »
Nous venons de lire une séquence des fameux Exercices spirituels. Mais dans son Journal spirituel, Ignace de Loyola nous raconte de drôles d’expériences. Par exemple : « allant à la messe. Avant elle, non sans larmes ; pendant, nombreuses et très apaisées. Très nombreuses intelligences de la très Sainte-Trinité, qui illuminait l’esprit, au point qu’il me semblait qu’à force d’étudier je ne saurai pas autant ; et ensuite, réfléchissant encore à ce que je ne comprenais en sentant et voyant, j’avais toujours cette impression, quand bien même j’étudierais toute ma vie. »
On voit que les exercices sont représentatifs alors que les extases sont extrêmement abstraites : la combinaison des deux définie la spiritualité jésuite. Pas de mystique sans considération des formes, pas de formes sans plongée dans l’essence divine. Telle est, en somme, la définition du baroque.
Tout cela a lieu, ne l’oublions pas près de la ville d’Asunción : Assomption. C’est ainsi que s’appelle la capitale du Paraguay. Cela doit faire un curieux effet de répondre à la question : « où habitez-vous ? » par : « Assomption. » Étrange histoire.
La noblesse de ses vierges est impressionnante. Leur recueillement dégage une lumière bouddhiste. L’Immaculée Conception règne sur la terre. La Vierge au chapelet (c’est-à-dire rosaire) partage son royaume avec son fils enfant. La Vierge Marie est une femme-fleur qui prie sans cesse, elle est pleine de grâce, elle est bénie entre toutes les femmes, elle se penche sur nous. Son drapé flottant rouge, ses mains jointes la retourne entièrement sur elle-même. La Vierge de pitié, elle, avec son barbu adulte, grand comme un enfant, sur les genoux, n’est pas indigne du sommet du genre, la Pietà de Michel Ange. C’est du même génie qu’il s’agit.
Victoire, donc, à travers la torture et la mort. Affirmation sans mélange au cœur du chaos. Ici, la figure de l’Archange guerrier : Saint Michel. Son nom, en hébreu, signifie, on le sait : « qui est comme dieu ». Il est là pour anéantir Celui qui veut être « comme » Dieu : Satan en personne. Prince de la milice céleste, protecteur d’Israël, il était logique de le rencontrer dans l’armée jésuite. Le voici donc, dans deux apparitions fulgurantes.
Il danse, l’Archange, il est un des stars du ballet divin. Il tombe du ciel sur la scène, comme s’il était animé par la vive musique de Vivaldi, de Haendel. Il vole de biais, étoffes rouges et jaunes, en foulant aux pieds, en passant, une masse informe qui n’est autre que le Démon. Regardez cette espèce de gros cerveau sanglant, ce tas de mou de veau d’où émerge à peine une tête stupide. Telle est la lutte incessante contre la maladie psychique de l’univers. On lui répond par l’élégance physique instantanée. Même désinvolture de fouet ailé dans la façon dont, l’épée à la main, dans une autre sculpture, Saint Michel triomphe de la bête qui lui sert de piédestal. La tragédie est terminée, l’horreur surmontée, le négatif nié.
Il y a le château Saint-Ange dédié à saint Michel à Rome. Et qui ne connaît, en France, le mont Saint-Michel ? On retrouve l’Archange militaire à Bruxelles, à Munich. Il a pour lui Raphael, Rubens (encore lui !), Delacroix. C’est la guerre.
« Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j’entendis une voie clamer dans le ciel : " Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la dénomination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait nuit et jour devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu avec le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. "» (St Jean, Apocalypse, XII, 7-11)
Pauvre terre, pauvre mer ! Beaucoup de dévastations leur sont promises ! Et nous n’avons pas la chance d’être les « habitants des cieux ». Prions donc saint Michel, comme l’ont fait les artistes guaranis, qui avaient de bonnes raisons de douter de la paix terrestre. Les massacres se multipliaient. La bestialité quotidienne était invivable (et qui dira que notre siècle ne s’est pas surpassé dans la diablerie ?). Pourtant l’opéra jésuite était là. On pouvait parfois danser, faire sonner les instruments, s’émerveiller des sculptures. La joie, après tout, se situe par définition hors du temps.
Dans quel but cet orchestre ? ce grand théâtre ?
Ad majorem Dei gloriam. Pour la plus grande gloire de Dieu. Une gloire qui brille secrètement, toujours à travers ces figures."
(Eloge de l'Infini) Philippe Sollers
Bien à Vous tous...
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Ecrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008
Vous êtes bien gentil Nebo, et votre amour de la littérature vous aura sans doute amené à trouver quelques traits saisissants dans les livres de la diva, mais les pitreries de Sollers ne m’ont jamais attendries et, si elles démontrent un art relatif du stylo, elles témoignent surtout celui, hautement consommé, de l’opportunisme le plus vil – j’ai trop vu depuis des années les diverses convictions du petit monsieur se distiller, fondre et disparaître à grande vitesse, avec toujours l’identique manière de considérer que chaque virage était le dernier, qu’aujourd’hui l’ultime numéro de grand guignol catholique, s’il en impressionne certains, me fait profondément sourire.
Vous me direz que c’est déjà pas si mal vu mon tempérament – erreur, touchant au domaine de la foi, cela me met en rage !
Je partage, comme vous, une vive admiration pour Gibson, dont le dernier film, Apocalypto, réel chef d’œuvre cinématographique et apologétique (la dernière scène est du plus bel effet !) doit être largement défendu – ce qui me fait penser que nous pouvons partager quelques identiques valeurs.
Toutefois, votre long plaidoyer en faveur du corps s’appuyant sur des passages de l’Ecriture n’est absolument pas convainquant. Pourquoi ? car vous vous exonérez aisément d’un jugement objectif sur la situation dans laquelle nous nous trouvons, et ce fameux corps, que vous considérez selon une approche décontextualisée dans vos citations, suivant en cela quelques plaisants rigolos exégètes est bien pour nous, ainsi que le préciserons les Pères de l’Eglise, et pas seulement Augustin (est-il saint pour vous ?), une rançon de la faute.
Vous le savez bien, le « Cantique des cantiques » n’est une invitation à la gaudriole, et je ne vous fais pas l’injure de vous croire à ce point ramolli du cigare pour suivre les minables commentaires modernistes sur ce point, ou les divagations, dignes des magasins spécialisés dans la vente de sous-vêtements féminins, distribuées par de satisfaits plumitifs à la mode prétendument catholiques.
Puisqu’il faut en passer par un petit rafraîchissement de saine théologie authentiquement traditionnelle, permettez moi de vous remettre en mémoire deux ou trois vérités de foi :
- Si nous sommes placés dans une enveloppe corporelle, cela n’est certes pas la cause, mais certainement la conséquence de la chute, en raison de la faute ; c’est-à-dire, pour être clair, que c’est en punition et pour notre honte que nous reçûmes des « vêtements de peau » (Genèse 3, 21), entraînant en conséquence tragique de la tentation et de la chute d’Adam, le fait que le péché a atteint la famille humaine entièrement.
En effet mon cher Nebo, du point de vue théologique selon Irénée, Clément d’Alexandrie, Basile le Grand, Jérôme, Eusèbe de Césarée, Athanase, auxquels, autant vous dire, je confère une plus haute autorité que les grotesques sottises de Sollers, Hadjadj et autres clowns littéraires qui font le divertissement des imbéciles, l’attaque de Satan se développa sur trois plans, ce que l’on retrouve dans (Matthieu, 4:1-11) et (1Jean 2, 16), il commença par insinuer le doute à l’égard de la Parole de Dieu, puis nia celle-ci : (Genèse 3, 1-5) ainsi que (Jean 8, 44).
- D’autre part le fait qu’Adam et Eve éprouvèrent le besoin de se cacher montre que, par la chute, ils furent rendus conscients de leur péché, de leur condamnation et de leur séparation de Dieu (Genèse 3, 8) et (Genèse 3, 9-13).
- De la sorte la nature même de l’homme changea, devenant pervertie et ennemie de Dieu (Romains 5, 19 – 8,7-8). C’est pourquoi, hélas ! l’état de mort spirituelle a pour corollaire inévitable la mort physique, toutes les deux sont impliquées en (Genèse 2, 17) et ( Romains 5, 12-14), elles sont interdépendantes et non séparables – la mort physique (et sont cortège éprouvant, la maladie, le vieillissement, etc.), témoigne de la corruption psychique de l’âme.
Par exemple, la modification de la condition de la femme, (Genèse 3, 16) se fait dans trois domaines :
- a) augmentation des douleurs de l’enfantement ;
- b) éveil de la passion pour son mari ;
- c) autorité de l’homme sur elle (Genèse 1, 26-27).
- La tâche aisée de l’homme en Eden, (Genèse 2, 15) sera elle transformée en pénible labeur, (Genèse 3,18-19) en vertu de la malédiction prononcée au sujet du sol (Genèse 3,17), et la souffrance devient inhérente à toute existence ; la brièveté de la vie et la tragique certitude de la mort physique est dès lors confirmée pour Adam et tous ses descendants (Genèse 3,19 ) et (Romains 5, 12-21). Quant à la mort spirituelle, je vous renvoie, puisque vous aimez l’Ecriture, à (Genèse 2, 17) et surtout (Ephésiens 2, 5).
De la sorte, lorsque l’Ecriture parle de l’Incarnation du Seigneur, ce n’est pas pour nous signaler, contrairement aux indignes salades des ânes libidineux, prosateurs extasiés par les piètres émois que leurs procurent leurs parties génitales qu'ils souhaitent diviniser dans leur scandaleuse indigence, que le Christ est venu prendre condition humaine afin d’en magnifier l’état et se louer de notre situation ; pour nous adresser des félicitations à profiter plus encore de notre fond vicié et infecté par le péché, pour complaisamment flatter nos séductions sensibles et nous encourager à nous délecter de nos impressions charnelles, nous taper des bons coups, baiser hardiment et brandir, avec un émerveillement comparable à celui des grégaires primates, nos glands gonflés par le désir de l'enfourner dans les orifices des femelles.
Il faut être complètement désorienté spirituellement et théologiquement perverti pour ainsi faire de l’Incarnation une sorte de consécration des corps et de la réalité de notre monde.
Il importe de ne jamais oublier que si le Christ est venu parmi nous, sous forme d’homme, c’est pour, précisément, prendre sur lui notre nature pécheresse, pour assumer, par amour, notre triste condition abîmée par la faute, pour endosser la déréliction de notre état chuté – non pas pour glorifier la chair et ses fruits amers ! mais bien au contraire nous appeler, dès ici bas aux réalités célestes. « Lui [le Christ Jésus] qui de condition divine dit Paul, n’a pas craint de s’anéantir (le verbe grec kenosis, est encore, sur le plan métaphysique, bien plus fort que ne le rend le français « anéantir »), prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui–même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au–dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens, 2, 7-11). Il s’est fait « péché » dit même Paul pour mieux nous faire comprendre le sens de l’Incarnation, et « il est mort pour nos péchés » (1 Corinthiens 15, 3), « portant les péché en son corps .» (1 Pierre 2, 22) ; « il a été fait péché pour que Dieu condamnât le péché dans la chair . »
Encore une fois, il est difficile pour un chrétien, je veux dire celui qui ne s’identifie pas à une esthétique attrayante et ne confond pas sa séduction pour les atmosphères érotiques de la statuaire baroque avec la foi réelle, celle qui conduisit les martyrs des premiers siècles à mourir pour la confession du Nom de Jésus-Christ, de nier la signification de ces paroles de saint Paul, qui ont pour effet d’être de nature à réaliser toute la clarté et de mettre un point de conclusion définitif à propos du sujet qui nous occupe :
« Ni la chair ni le sang n'hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50)
Bien à vous également !
Ecrit par : Zak | dimanche, 16 mars 2008
J'admire votre exigence Zak, vous illustrez à merveille ce que disait Madame de Sévigné
« Il est facile d’être catholique ; ce qui est difficile, c’est d’être chrétien. »
Bonne et Sainte fête des Rameaux.
Ecrit par : Judith Pancake | dimanche, 16 mars 2008
Pour faire suite à la sévère mais imparable analyse de Zak, voici un exemple, plus que démonstratif, de la teneur du dernier affligeant et ridicule opuscule du comique Hadajadj, et ce qui en motiva le choix du titre :
- " La profondeur des sexes, j'ai trouvé ça vendeur. (...) Pour ma part, si j'ai pris ce vocable-ci, ce n'est pas pour éviter la hauteur, mais d'abord cette longueur et cette largeur qui obsèdent tant les adolescents. Une étude statistique sur la longueur des sexes m'eût sans doute valu un succès considérable. J'y ai songé. Je n'en ai pas eu le courage. La profondeur, m'objectera-t-on, renvoie aussi à une mesure métrique : Jusqu'où le sexe est-il profond ? Faut-il s'arrêter à l'antre vaginal ? Doit-on le considérer jusqu'à l'utérus, comme beaucoup oublient de le faire ?"
(F. Hadjadj, La Profondeur des sexes, Seuil, 2008).
Eloquent !
Ecrit par : Guilvinec | dimanche, 16 mars 2008
pour votre info, le 15 octobre 2007, l’hyper sensualiste Hadjadj, à qui l’injure à l’égard de Dieu ne fait pas peur et pour lequel tous les moyens sont bons lorsqu’il s’agit de se singulariser, a signer un billet dans le Figaro qu’il a osé intituler, de façon blasphématoire : « Notre Chair qui est aux cieux ».
http://www.lefigaro.fr/debats/20060413.FIG000000180_notre_chair_qui_est_aux_cieux.html
Ecrit par : Joël | dimanche, 16 mars 2008
Le livre « La Profondeur des sexes », disais-je précédemment, devrait se trouver dans les sex-shops, je ne croyais pas si bien dire puisque je constate que le ridicule bouquin est déjà disponible dans les rayons de la célèbre librairie Gay et Lesbienne parisienne du Marais : « Les Mots à la bouche » - placé, entre autres, au milieu d’ouvrages choisis comme "Zoophilie, homosexualité, rites de passage et initiation masculine", de Marie-Christine Anest, et des centaines du même genre tous consacrés à l’art de la partouze bi, homo, lesbienne, etc., la masturbation sous ses diverses formes mêmes les plus insolites, ainsi que les multiples manières de pratiquer la fellation et la sodomie !
Au fond, si l'on peut dire, une sorte de destination naturelle pour ce type de grossier manuel à prétention théologique transpirant la complaisance libidineuse et flattant de façon malsaine la sous-ventrière, faisant déjà l'objet, démontrant ainsi le degré vertigineux d'imbécilité dans lequel ont sombré les milieux cathos modernes, d'éloges minables dans les pitoyables magazines disponibles dans les paroisses !
Ecrit par : Zak | dimanche, 16 mars 2008
C'est vrai que le catalogue du lieu est impressionnant !
Ecrit par : Lhadhy | dimanche, 16 mars 2008
Monsieur Nebo, il me semble que Notre Seigneur nous a dit de veiller et prier pour ne pas entrer en tentation car l'esprit est fort mais la chair est faible! J'ai entendu ceci à la messe!
C'est peut être un peu naïf de ma part mais je me demande si on peut veiller et prier en bandant?
Peut-on "disposer" notre esprit tout en bandant?
Bien sûr, comme cela dépend selon quelle orientation "la bandaison" en question s'effectue, peut-être y a t'il une position, qui favorise plus particulièrement la bandaison, la veille et la prière? Je veux dire faire les trois choses en même temps?!
Comme je ne suis pas un grand spécialiste en la matière, j'ai cherché sur les Bibles de Google un verset concernant LA BONNE SANTE de Notre Seigneur Jésus-Christ (vous voyez ce que je veux dire?!).
J'ai tapé Jésus bande, bonne santé de Jésus etc. En vain!
De toute évidence vous avez une plus grande connaissance que moi de la Sainte Bible et de ces choses (vu votre bonne santé) pouvez-vous je vous prie me citer les passages concernant ce sujet et me donner quelques conseils sur la, ou les positions à adopter, je vous remercie bien sincèrement d'éclairer mon chemin.
Ecrit par : Laurent | dimanche, 16 mars 2008
Vous avez un coeur de Pierre, Zak, méfiez-vous de l'Orgueil que peut faire jaillir la connaissance. Puisque vous connaissez bien la vie et l'oeuvre de Satan, vous savez comment tout a commencé, et en chapitre 24 de Mathieu il est dit que même des élus seront égarés... Et vous ne tirez, par vos citations Bibliques, la corde que d'un côté. Or, les choses me semblent bien plus complètes que ce que vous signifiez... Bien plus complètes... Totales ? Votre démarche me semble plus Totalitaire que Totale. Confusion.
Jadis les prêtres pouvaient se marier, est-ce de là que viennent vos noeuds vis-à-vis du Corps ? Il est vrai que je viens de la Tradition Orthodoxe, chez nous ces histoires de Chair telles que vous les incluez dans vos réflexions ne sont qu'un détail. Mais, peut-être, suis-je déjà à vos yeux un hérétique ? D'autant plus que si j'ai tout de même pied dans les écrits Saints sur lesquels je me penche depuis... longtemps, et sans prétention aucune, pour le plaisir de l'Ivresse que cela procure, je n'aurai pas l'outrecuidance d'affirmer quoi que ce soit de définitif car je me sens, encore, Agnostique, même si je suis en plein Grand Carême selon le calendrier Julien.
Fabrice Hadjadj, je ne connais pas du tout. Et n'en parlerais donc pas.
Il suffit de lire l'Epitre de Saint Paul à Timothée (I tim., III) pour réaliser que le mariage des prêtres n'était pas interdit mais encore recommandé. L'attitude dans le mariage permettait de déterminer si un ecclésiastique était capable d'assumer correctement une lourde responsabilité ecclésiastique :
"Les évêques seront mariés à une seule femme, ils devront savoir conduire leur foyer et élever leurs enfants, sans quoi ils ne peuvent pas prétendre conduire le peuple de Dieu."
Saint Paul fait la même recommandation pour les diacres.
Une question se doit d'être posée à ceux qui ne veulent pas respecter cet écrit comme un article du droit canonique : un chrétien, un catholique est-il tenu de croire les Evangiles, les Actes des Apôtres et epitres et d'appliquer, dans sa vie, leurs recommandations ?
Si la réponse est positive, il faut tout faire comme le faisait l'église primitive. Il faut être Intègre, même si le bobo de base mettrait "intégriste" à la place, n'est-ce pas ? Les apôtres étaient mariés, à part Jean. Ces particularités sont connues grâce aux écrits d'Eusèbe ("Histoire ecclésiastique" de l'an 313), de St Jean Chrisostome ou de Tertulien qui affirme dans son "Licebat et aposëtolia nubere et uxores circumducer" : "Les apôtres étaient mariés, et ils amenaient leur femme avec eux."
"N'avons-nous pas pas le droit de mener avec nous une soeur qui soit 'notre femme', tout comme les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas." (I Cor., IX,5)
La première Epitre aux Corinthiens est des plus expressive.
La sexualité peut être sacramentale, cher Zak, jouir peut être un Hosanna au plus haut des cieux, et certainement pas uniquement pour procréer. Sinon ce qui est dit en I Corinthiens VII est a jeter par la fenêtre.
Mais par rapport à Sollers, vous défendez la scène finale du film de Gibson et cette scène finale a bel et bien conduit à l'épopée flamboyante que décrit Philippe Sollers dans ce beau texte où il n'a pas seulement une belle plume, mais où il dit des vérités que beaucoup se refusent à accepter. Souffrez, qu'en ce sens, le grand libidineux est votre allié ne vous en déplaise.
Bien à Vous...
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Ecrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008
Cher Nébo,
Je crois que vous confondez spiritualité et rêverie poétique ou talent littéraire.
Zak est loin d'avoir un cœur de pierre. Il est simplement lucide et son analyse de la faute et de la chair est d'une évidence théologique sans reproche.
Malheureusement, nos prêtres donnent dans le politiquement correct et préfèrent chanter vos balivernes (en toute amitié bien sûr).
Enfin, si j'avais une guerre à mener contre le cornu, je choisirai certainement Zak comme partenaire !
Bien à vous.
MG
Ecrit par : M.G. | dimanche, 16 mars 2008
Si les catholiques étaient conséquents, ils boycotteraient illico presto les livres de Monsieur Fabrice Hadjadj, qui ose écrire « Notre Chair qui est aux cieux ».
Imaginons un instant que ce blasphème tourne en boucle dans une chanson à la mode rapp : (Lunatic, Ministère Amer) groupe qui, il faut tout de même le dire n’hésitent pas à se moquer ouvertement de Notre Saint Père !
Quel scandale !
Quand on sait que des groupes de pression ont fait procès à la redoute pour avoir vendu un bijou blasphématoire,
http://www.rue89.com/2007/09/18/la-redoute-retire-de-la-vente-un-bijou-blasphematoire
que c’est les mêmes qui poussent des cris d’orfraie à la vue de Miss France nue sur une croix ,
http://www.lemoutondenis.com/wp-content/uploads/2007/12/valerie-begue-nue1.jpg !
on peut se demander si les catholiques ont encore la foi et le minimum de connaissances théologiques !
Quant aux rédacteurs des journaux cités plus haut, à savoir Famille Chrétienne, Panorama, La vie, (journaux distribués sur les tables au fond de l’église) vont-ils tresser des couronnes à la profondeur des sexes !
Je suis curieux de lire tout ça !
Ecrit par : Marin Gonet | dimanche, 16 mars 2008
A toutes fins utiles je signale que Juan Asensio a fait un article sur Sollers
http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/05/08/philippe-sollers-le-doge-de-la-betise.html
Ecrit par : Maurice | dimanche, 16 mars 2008
Je respecte le talent remarquable de Juan Asensio, mais je ne prends pas tous ses écrits pour argent comptant... est-ce un blasphème ? Je dis des balivernes ? Mis à part ma "défense"" toute relative de Sollers, en quoi dans mon dernier commentaire ai-je dit des balivernes ?
Curieux cependant... personne ne dit ce qu'il pense de ce texte de Sollers... est-il mauvais ? Ridicule ? Sans intérêt ? Vous préférez en rester aux oeillères ?
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Ecrit par : Nebo | dimanche, 16 mars 2008
Fort justement Jaccard s’interrogeait ainsi : « Je me suis longtemps demandé, ce qui me débectait chez Philippe Sollers. Etait-ce ses mimiques de comploteur ahuri ? Ses bagues sur ses doigts boudinés ? Son côté bourgeois français avec femme et maîtresses ? [...] Sollers est à la littérature française ce que Mitterrand fut à la politique: un captateur d'héritage. Sollers détourna le situationnisme à des fins narcissiques; Mitterrand le socialisme pour assouvir son ambition.» (Roland Jaccard, Journal d'un oisif, Puf). Or, ce à quoi nous assistons dernièrement avec le catholicisme chez Sollers, participe bien de sa stratégie du détournement ici évoquée ; il s’agit bien pour lui, et tant d’autres à sa suite, de siphonner à grande vitesse un carburant utile à leur insupportable industrie du paraître, de mettre la main, à la hâte, sur un héritage dont il se moque totalement afin de pouvoir au maximum profiter des lucratifs dividendes sur investissement.
Cher Zac, ne me laissant plus tromper par l'italique absent du texte en copie, j'ai donc très facilement retrouvé mon passage... bien en place.
A peu près rien compris du situationnisme, sur : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Situationnisme.htm) ; je préfère les mots d'un J-Y Leloup quand il aborde le quotidien comme ce lieu de la rencontre du maître intérieur...
Peut-être, la question serait-elle d'abord de rappeler en quoi l'héritage (avec ou sans définition) serait créateur de richesses - pour qui et par quoi - et non par qui et pour quoi ?
Merci de me répondre, si je n'ai pas été claire... (ne l'ai-je point été ?).
Ecrit par : Marie Gabrielle | dimanche, 16 mars 2008
C’est amusant Nebo, vous écrivez : « Vous avez un coeur de Pierre, Zak », en mettant une majuscule à « Pierre » ce qui n’est pas sans conférer une étrange tonalité apostolique et romaine à votre remarque que je goûte donc, je vous l’assure, avec un religieux plaisir.
Cela dit votre réaction trahit tout de même un certain malaise – je suis dénué de charité, orgueilleux, sans doute, et peut-être même plus que vous ne l’imaginez – mais vous ne le seriez pas également, comme tous les fils d’Adam ? Le contraire m’étonnerait bigrement voyez-vous.
Ainsi l’avantageuse désignation dont vous me gratifiez, pour servir à votre défense, est donc plutôt risible et relativement faible, à ce titre elle ne mérite pas que l’on s’y arrête longuement tant ce genre de discours est dénué de valeur et témoigne toujours d’une patente raréfaction des arguments. Par ailleurs il y a longtemps que je ne nourris plus aucune illusion sur le pouvoir de conviction des textes échangés sur le net ou ailleurs – tout au plus pouvons-nous éveiller quelques questions et réflexions, et encore très légères - espérons donc que cela soit encore le cas entre chrétiens…sinon, il m’est aisé, comme vous le savez, de passer à un tout autre style épistolaire si besoin est, beaucoup plus rugueux et moins châtié, mais que je réserve aux ennemis déclarés du christianisme, ce qui ne semble pas être votre cas si j’en juge par vos positions ; pour l’heure je modérerai de ce fait encore mon ton, mais évitez à l’avenir, pour contribuer à la valeur du débat, ce type d’attaques superflues.
Abordons vos propos – vous mettez en avant, par le biais de votre incidente remarque : « Jadis les prêtres pouvaient se marier, est-ce de là que viennent vos noeuds vis-à-vis du Corps ? » certains textes nous apprenant que les apôtres étaient mariés, ou des passages de Paul concernant le mariage des presbytes et des épiscopes (une seule femme !), et alors ! Qu’est-ce que cela a à voir avec notre sujet, pas grand chose, ou plus exactement une seule, mais que l’on connaît depuis toujours figurez-vous, à savoir que la chair est faible et qu’il vaut mieux, si l’on ne peut faire autrement et par sagesse, vivre saintement ici-bas dans le mariage plutôt que brûler dans le célibat !
Quant à votre affirmation : « La sexualité peut être sacramentale, cher Zak, jouir peut être un Hosanna au plus haut des cieux, et certainement pas uniquement pour procréer. Sinon ce qui est dit en I Corinthiens VII est a jeter par la fenêtre », désolé de vous décevoir mais je ne vois pas en quoi ce chapitre de l’épître confirme une « sexualité sacramentale » par laquelle « jouir peut être un Hosana » (sic !) (curieuse vision des élus éjaculant dans leurs plumards avec bobonne en levrette après le film de Canal+ pour glorifier le Seigneur…passons ), car l’apôtre poursuit son enseignement en répondant à une question en rapport avec le su