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samedi, 16 septembre 2006

Michel MICHEL sociologue archéo-réactionnaire

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Pourquoi je ne suis pas encore allé visiter le Musée de peintures de Grenoble ?


 
 
 
 
 
 
 
Je n’ai rien contre les musées. Au contraire, enfant j’aimais bien les planchers craquants et l’odeur d’encaustique des musées de province. Sous le regard parfois soupçonneux du gardien, loin des foules de touristes, de la pluie ou des chaleurs écrasantes, on pouvait jouir d’un espace consacré à la contemplation. Même si la collection de coléoptères ne me passionnait pas, l’attitude de « con-templation » que ces lieux suscitaient suffisait à provoquer ma soif de « connaître » et comprendre une parcelle du monde. Pourtant lorsque s’est ouvert le nouveau musée de peintures, à 300 mètres de chez moi, je me suis abstenu d’en faire la visite ; de crainte d’être déçu ? Et plus encore… Quelques années auparavant j’avais visité l’étage de Beaubourg consacré à l’art contemporain et j’en étais sorti avec une extrême déprime. En dehors d’une ou deux œuvres (je me souviens de l’éclatant « les Capétiens partout » de Matthieu qui respirait la santé) tout n’était que dérision, déconstruction, subversion ou déréliction… Pas du « n’importe quoi »… Non ! Les artistes – vrais médiums- donnaient au contraire une image au fond juste et sinistre de l’époque nihiliste que nous traversons.

La vie ordinaire est vivable parce que pour une part elle résiste et échappe aux impératifs de la modernité, et d’autre part –il faut bien le reconnaître- parce que l’industrie de la « distraction » (publicité, relations publiques, communication, « politique » et autre Disneyland »), nous plonge dans un bain de spectacles nous permettant « d’oublier » l’absurdité de « ce » monde.

L’art contemporain met en scène l’insignifiance. Parfois il le dénonce, mais le plus souvent il en fait la norme ultime et pire, pour certains, il en fait la condition du triomphe démiurgique de « l’Homme ».

Le nihilisme contemporain n’est pas le propre de l’art, il se manifeste dans bien d’autres domaines (philosophie athée, démocratie absolue, Golem de la technique) et de bien d’autres façons… Dans les sociétés traditionnelles les hommes se scarifiaient ou se tatouaient pour manifester leur qualification, leur affiliation ou leur dévouement à quelque valeur, à présent les tatouages (comme les prénoms dont on affuble les petits enfants) sont insignifiants et par là même, ils seraient l’expression d’un « goût personnel » (en réalité des modes éphémères). Aux blasons qui exprimaient la « qualité » de ceux qui le portaient ont succédés les pin’s, les sigles ou les tags qui sont des signes de rien.

Mais parce qu’on attend plus de l’art, la concentration d’œuvres nihilistes me plonge dans un spleen dont j’ai du mal à sortir. Comme les personnages désabusés de Matrix, j’ai la désagréable impression d’être précipité dans l’envers laid de la matrice.




La chute dans " l’art"

 

 

Je me souviens que j’avais entrepris de faire la visite de l’ancien musée de peinture de Grenoble – celui de la place de Verdun – avec ma fille de 7 ans. Celle-ci s’est spontanément agenouillée devant un triptyque gothique. Gêne des spectateurs présents. Gêne parce que cette petite fille agenouillée devant la scène religieuse révélait le travail esthétique de passe-passe qui camouflait sans crier gare le cultuel en culturel qui transformait le fidèle en esthète.

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Dans ce même musée, les œuvres étaient disposées selon un ordre chronologique et au fur et à mesure que je m’y enfonçais je sentais mon enthousiasme décliner : au hiératisme des œuvres médiévales succédait l’humanisme de la Renaissance (« humain, trop humain ») un humanisme parfois héroïque, illustrant l’incarnation chrétienne, qui très vite laissait de plus en plus la place au « décoratif » ou à l’anecdotique, on passait des mignardises aux lourdes allégories et des portraits bourgeois aux paysages impressionnistes. Arrivé à l’époque contemporaine on sentait bien que la peinture faisait le grand écart entre le renoncement à « re-présenter » quoique ce soit (style « opus 14 ») et la prétention pansémique à vouloir être une représentation totale (bien mal confortée par des commentaires infiniment prétentieux censés révéler le sens caché d’une œuvre infiniment creuse). Enfin de plus en plus se multipliaient ce que Oswald SPENGLER donnait comme une des caractéristiques des fins de cycles culturels : les « arts du procédé » (un truc marrant auquel jusqu’ici on n’avait pas encore pensé et qu’on use jusqu’à la corde pendant quelques années, puis sur un rythme accéléré pendant une saison pour ne plus jamais avoir à y revenir). Certes à chaque époque tout ne se vaut pas, parfois certaines œuvres retrouvent cette force enthousiasmante (je pense à George de la Tour), il y a même dans certaines performances plus modernes de quoi donner au spectateur l’envie de jouer qui ne serait pas antipathique si on ne sentait une prétention sans bornes sous-tendre ces canulars.

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L’Histoire (sauf par irruption du surnaturel) est l’histoire de la chute d’Adam qui se prolonge dans le temps. Ce sentiment d’une chute que j’avais en visitant l’ancien musée de Grenoble, je l’ai souvent éprouvé en musique ou en architecture. Je préfère la musique ancienne (et parfois certaines « musiques du monde) à la musique baroque, et celle-ci à la musique romantique que je préfère encore à la musique contemporaine. Je préfère le style « Sacré Cœur » aux églises d’après Le Corbusier, le gothique aux églises classiques ou baroques, et le roman au gothique ; quand je dis « je préfère » cela signifie que j’y prie plus facilement. Bien sur, pour chaque catégorie il faudrait apporter mille nuances : le baroque provençal relativement sobre ne me gène pas alors que j’ai de grandes difficultés à prier dans beaucoup d’églises baroques italiennes.

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A Florence (cette ville dont le Prince est un banquier) aux « Offices », on saisit encore mieux cette chute du hiératique dans l’humanisme (avant la disparition, au XXe siècle de la figure humaine trop inconsistante). Le quattrocento à Florence apparaît comme l’espace/temps paradigmatique de cette révolution qui fait muter de ce qu’André Malraux avait nommé « le surnaturel » à « l’irréel ». Les œuvres les plus anciennes tiennent encore de la mosaïque byzantine ou de la fresque romane ; mêmes malhabiles, ce sont des « hiérophanies » du monde surnaturel, de la réalité qui surplombe ou sous-tend ce monde phénoménal, le relativise et par là, lui donne son sens. Avec Giotto, ou Fra Angelico, les icônes s’animent et deviennent moins sévères, mais le hiératisme demeure avec quelque puissance symbolique et anagogique. L’aimable Botticelli, même dans ses œuvres profanes parvient à rendre sensuelles les figures archétypales de l’intellect (comme Dürer du reste). Mais l’évolution se poursuit et les Vierges Théotokos se mettent de plus en plus à ressembler à la petite amie du peintre, de plus en plus mignon, de plus en plus anecdotique. Et à ma grande stupéfaction, les guides et les commentateurs présentent cette chute comme un Progrès, la pierre de fondation de l’art occidental.

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C’est vrai qu’à partir de cette époque, comme la science, la philosophie, la politique (Machiavel) s’autonomisent, la théologie elle-même se sépare du sapientiel, la synthèse de la Chrétienté vole en éclats ; l’art aussi devient autonome et même si le prétexte peut rester une commande à thème religieux, son véritable objet devient la performance esthétique et finalement, avec la perte du critère « platonicien » du beau, il ne restera plus que l’horizon désespéré de l’originalité formelle. Ce que je mets en question ici, ce n’est pas l’art abstrait par rapport à l’art figuratif, et je suis prêt à entendre les mérites de telle ou telle école. Ce que je met en question c’est le statut de l’art comme autonome –on pourrait dire idolâtre -depuis la Renaissance.

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Au musée de l’Homme étaient exposés de superbes exemplaires de l’activité créatrice des peuples ; je crains que les mêmes objets, transportés au musée des arts premiers (que je ne connais pas encore) ne soient transformés par le regard occidental en « objet d’art ». Un masque africain peut être esthétiquement saisissant, mais c’est une trahison que de le couper de sa fonction dans le rituel initiatique. Certes, les fonctions de l’art ne sont pas seulement religieuses, mais dans une société traditionnelle toute la vie quotidienne, civile, technique est intégrée, « reliée » ( « religare », une des étymologies du terme « religion ») à une conception sacrée du monde où chaque niveau renvoie par analogie aux autres niveaux (« ce qui est en haut est comme ce qui est en bas… » de la Table d’Emeraude, « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux » du Temple de Delphe). Tout est sacralisé parce que tout est analogiquement relié. Le microcosme (l’individu), le macrocosme (l’univers) et la Cité (qu’on pourrait considérer comme un « mesocosme ») se renvoient des images analogues permettant même à l’Invisible de se laisser deviner à travers les choses visibles. Jean Servier l’a montré, les objets les plus humbles qui constituent la maison traditionnelle kabyle dupliquent la cosmologie ; l’édification d’un temple est un rituel qui reproduit les mythes de Création du monde : confier la construction d’une église à un profane, même de talent, est aberrent. Confierait-on le soin d’exécuter le rituel des derviches tourneurs à des coryphées de l’opéra de Paris ? L’art « moderne » (au sens que les historiens donnent à « moderne ») témoigne par son autonomisation de la perte d’unité et de cohérence de la « dissociété » occidentale.

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De l’originalité et du destin des « avant-gardes » Le beau (« la splendeur du vrai ») étant le reflet dans ce monde de ce qui le dépasse, la révolution anthropocentrique, en niant toute transcendance devait aboutir à l’abandon de tout critère fondé sur la beauté. D’où comme l’ont remarqué Maurras et Malraux, la disparition du « goût ». L’originalité est devenu le seul critère pour juger de l’art contemporain ; c’est-à-dire le refus de l’artiste d’entrer dans un modèle déjà formalisé. D’où un « art du procédé » qui très vite s’use dès que la technique a fixé sa constitution. La révolte métaphysique de l’image (l’homme crée « à l’image et à la ressemblance » de Dieu) contre l’Originel va conduire à ce que l’art ne relève plus que d’un seul critère, l’attribut divin d’originalité. On aurait pourtant bien surpris l’auteur des fresques pharaoniques si on lui avait dit qu’il fallait juger de la valeur de ses œuvres en fonction de leur degré d’originalité. Si l’art se résume à la combinaison de formes « nouvelles », autant – ne serait-ce que pour échapper au radotage- confier le soin de combiner à des ordinateurs ; ce qui a été fait en musique, peinture et même littérature. L’épuisement du mouvement intellectuel et artistique amorcé par le romantisme et développé à satiété par chaque « avant-garde » ; mouvement caractérisé par la recherche systématique des normes qui pourraient encore être transgressées. Mais comme le parasite ne peut subsister qu’autant que vit l’organisme qu’il détruit, c’est le destin de tels mouvements de disparaître avec cela même auquel ils s’attaquent. Quand il ne reste plus rien à « déconstruire », et que les derniers « tabous » ont été transgressés, la dérision, la subversion et la révolte s’épuisent d’eux-mêmes. Après le démolition du lexique et de la syntaxe, le tableau blanc, l’exposition des déchets de poubelle, ou les pratiques de « l’art nouveau », on ne peut aller beaucoup plus loin sur une voie qui épuise ses propres supports d’expression et qui à force de répétition suscite plus d’indifférence que d’indignation. Le feu de la subversion s’éteint de lui même quand tout le combustible a flambé. L’idéologie de la libération – doctrine essentiellement critique - tirait sa force et sa justification des résistances et des limites qu’elle rencontrait dans les coutumes et les représentations traditionnelles ; or arrive un moment où, faute de mythes et de rites à pourfendre, la « libération » s’épuise de son succès même. Prométhée ne trouve plus de ciel où dérober le feu. Comme Marcuse l’avait compris, la société permissive, faute de « répression » rend vaine toute tentative de révolte. En l’absence d’opposition à laquelle se confronter, la seule voie qui reste ouverte offerte à « l’esprit critique » est de se retourner pour critiquer sa propre démarche.

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De l’efficacité anagogique

 

Un de mes fils est allé récemment à Amsterdam pour voir l’exposition Rembrandt /Le Caravage. Il me dit qu’à un moment de sa visite il a été happé par deux petits tableaux devant lesquels il est resté un long moment dans un état de contemplation : il s’agissait de Vermeer… J’aime que l’art soit efficace ; les chants de marins permettent effectivement de mieux souquer, de mieux hâler, ou de mieux danser. Encore faut-il que l’on précise à quelle fin l’art peut-il être efficace. Les expériences qui montrent que les vaches produisent plus de lait à l’écoute de Mozart qu’à celle du Hard Rock constituent un critère qui ne convaincra pas beaucoup d’amateurs d’art.

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Des œuvres classiques et modernes, sauf dans de fugitives rencontres, je n’ai trop souvent trouvée que de quoi flatter mon petit ego. L’érotisme d’Ingres, l’exotisme des peintres orientaliste, le plaisir enfantin de jouer aux soldats de plomb avec les scènes de bataille, les trucs marrants des surréalistes ; jubilation des petits enfants hilares de dire « pipicaca » quand l’adulte qui leur interdit les gros mots s’est éloigné. Moi aussi j’ai cligné des yeux sur les toiles des impressionnistes, eu le sentiment de faire partie des gens intelligents en m’abstenant des « mon petit de 4 ans pourrait en faire autant », des gens distingués aptes à comprendre les dissertations sur l’art conceptuel ou à jouir de l’hyperréalisme ou de pop’art comme d’un cornet de glace au chocolat... Mais on se lasse du chocolat… On aspire à mieux…

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Pour moi, quelques œuvres ont suscité la ferveur enthousiastes (je n’évoquerais pas ici l’architecture) : le triptyque du Maître de Moulin, le « couronnement de la Vierge » à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, les tapisseries de l’Apocalypse d’Angers ; ou encore les exemplaires de statuaire gréco-bouddhiques des salles du Musée Guimet consacrées au Gandahar. Toutes ces œuvres sont de véritables « Révélations » de ce qui « dans l’homme passe l’homme ». Elles ont pour caractéristiques d’être hiératiques. Le hiératisme est l’esthétique du sacré. Les formes ne sont pas « neutres », certaines ont la puissance d’évoquer ce qui dans l’homme passe l’homme. Evocation ambiguë car bien peu distingue l’idole de l’icône. L’art à sujet religieux en Occident est de plus en plus rarement un art sacré. L’art est sacré si celui qui le réalise est spirituellement qualifié, s’il est exécuté rituellement (il est « performatif ») et si ses formes sont hiératiques. C’est le cas des icônes ou du chant grégorien lorsqu’ils ne sont pas détournés à des fins estétiques. Le hiératisme se laisse percevoir même à travers les différences culturelles : on en reconnaît les formes dans un chant liturgique slavon, l’invocation du nom de Dieu lors d’un « dzikr » ou dans la récitation de mantras par des lamas tibétains, même si on est ignorant de l’orthodoxie, du soufisme ou du bouddhisme vajrayana. Le hiératique évite de trop jouer sur les passions (« à l’estomac ») pour signifier la part pneumatique, spirituelle qu’il évoque ; refusant une lecture expressive, le moine qui cantilène ou procède à une lecture recto tono met en éveil une dimension autre que celle des émotions humaines. Enfin l’œuvre hiératique renvoie au-delà d’elle-même. La fresque baroque joue sur les illusions d’optiques en montrant le Père assis sur des nuages au milieu des angelots comme s’ils étaient de ce monde ; l’icône ou la vierge romane (comme la double voix des chamanes) sont au contraire des mises à distance ; elles disent qu’elles sont présence dans ce monde d’une réalité autre que celle de ce monde. C’est ainsi que l’art sacré nous permet de passer d’une dimension humaine à une dimension surhumaine. Je n’ai pas souvent trouvé cette « efficacité » anagogique dans les œuvres d’après la Renaissance.

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Malheur de l’artiste libéré

 

J’aime les artistes quand ils sont modestes ; c’est rare, ou bien je soupçonne une modestie affectée… Certes l’homme est Seigneur des formes, et par cette capacité de bricolage, il reflète le pouvoir du Créateur. Mais le reflet devient pathologique quand il ne se réfère plus à son modèle ou qu’il prétend s’opposer à Lui. Les artistes me paraissent prétentieux, d’une prétention névrotique. A la fin des années 76, j’avais constitué une association d’universitaires sur le thème « crise de la modernité et désir de tradition ». Nous avions eu l’occasion de rencontrer des artistes « guénoniens » et nous avions songé à les amener à se rencontrer, et pourquoi pas à organiser des expositions communes. Il a fallu vite y renoncer devant les susceptibilités des artistes qui les uns avec les autres se repoussaient comme des pôles magnétiques de même signe. Pourtant leurs références traditionnelles –sincères - auraient dû les prémunir contre le gonflement de l’ego… Combien les artistes ordinaires doivent être plus atteints. C’est à la Renaissance que les artistes se sont mis à signer leurs œuvres (qui connaît l’auteur des Très riches heures du Duc de Berry ?). Et de plus en plus les artistes se sont mis à enfler dans leur prétention. Jean Sébastien Bach est sans doute génial, mais il ne se prenait pas pour un génie. A partir du Romantisme, le moindre des manipulateurs de formes, rimailleur ou rapin, aspire à être l’auteur de la Grande Révolution des Arts et par là d’annoncer l’aube de l’Humanité Nouvelle.

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Jusqu’au XIXe siècle les commanditaires des artistes, l’Eglise, la Cour, l’aristocratie, avaient cette aptitude d’imposer aux artistes des valeurs à servir. Toutes ces valeurs ne se valaient peut-être pas, mais elles avaient au moins la capacité de donner une orientation à l’activité artistique. Progressivement les nouveaux riches ou l’Etat bureaucratique ont remplacé les anciens mécènes, mais sans valeurs spécifiques à illustrer. Les anciennes classes dominantes se montraient et se mettaient en scène comme légitimes, on pouvait croire éventuellement à ce qu’ils prétendaient incarner. Mais (comme l’a remarqué Roland Barthe) la bourgeoisie est la classe dominante qui dit qu’il n’y a pas de dominants. La où les autorités traditionnelles se montraient dans leur « transcendance » (du chef gaulois hissé sur un bouclier porté par ses guerriers au Pape dans sa papamobile) les nouveaux pouvoirs cryptocratiques, cachés au centre d’un dispositif panoptique (cf. Michel Foucault) prétendent qu’il n’y a pas de pouvoir, que tout n’est que marketing, démocratie, audiométrie.

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Comment servir ces nouveaux mécènes qui disent qu’il n’y a plus de dieux et que chacun doit tracer son chemin comme il l’entend ? Les nouveaux dominants n’ont plus d’autre légitimité que de proclamer qu’il n’y pas de légitimité, c’est-à-dire plus de transcendance. Il n’y a que du contrat, des procédures et des modes éphémères. Dès le début de ce régime, les artistes ont méprisé leurs nouveaux maîtres : le Bourgeois (le philistin) ou l’Etat (celui des commissions anonymes pas celui de Louis XIV) auquel il tend la sébile sans pouvoir cacher le cocktail molotov qu’il rêve d’envoyer. Rien ne laisse entrevoir une telle attitude envers les autorités traditionnelles ou même les anciens pouvoirs avant la fin du XVIIIe siècle.

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Dans un essai sur L’avenir de l’Intelligence, Charles Maurras préconisait une alliance des intellectuels et des artistes avec les autorités traditionnelles car l’Or (les nouveaux dominants) qui prétend les libérer les asservira plus que le Sang. Mais peut-être que le malheur des artistes vient de ce que l’Or précisément les a « libéré » de tout critère qualitatif. Quand tout se vaut, il n’y a plus de valeurs. Avec la fin du « goût » (pas toujours bon il est vrai), c’est-à-dire à des critères communs entre les artistes, les commanditaires et le public, l’artiste libéré devient autoréférent et par là malheureux. « Une œuvre d’art, c’est ce que je décide d’exposer » se vantait un conservateur de musée Après l’urinoir de Duchamp, c’est d’ailleurs peut-être moins l’artiste qui est souverain que les intermédiaires qui maîtrisent les procédures pour accéder au public.

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Evoquer la condition malheureuse de l’artiste, ce n’est pas seulement faire allusion à la figure de « l’artiste maudit », dédaigné par une société à courte vue, compensant son absence d’état social reconnu, par l’alcool, la drogue et toutes les perversions sexuelles ou mentales. Et comme les autorités sociales ne sont plus légitimes, il convient de donner les apparences, les signes extérieurs de la révolte et de la marginalité même si l’on vit correctement de son art. Car celui qui profite « cyniquement » des lois du marché de l’art est-il moins désolé ? S’adonner au design marchand, collaborer à la fabrication industrielle d’une culture « pour » le peuple (après que les traditions populaires aient été systématiquement détruites), arranger des logos, prêter sa plume à quelque communication publicitaire ou à quelque politicien peut-il satisfaire le désir de bel ouvrage ? Quel malheur que d’avoir à se soumettre à une commission aux critères impersonnels pour bénéficier des commandes publiques du 1 pour 1000 aux équipements collectifs ! Heureux La Fontaine qui dépendait du bon vouloir de l’intendant Fouquet ; à présent il faut se vendre à des procédures et aux normes impersonnelles des bureaucraties. Le moderne m’apparaît dans ce domaine et dans tant d’autres comme une tentative pour remplacer l’imperfection de la conscience par la calamiteuse perfection des procédures. Quant à ceux qui ont acquis une relative indépendance grâce à un large public, des subventions, des commandes d’Etat assurées, ceux dont les œuvres dont directement « muséifiées » aussitôt qu’achevées, quant aux nouveaux « prix de Rome » (ou à ceux qui ont accepté la pauvreté), individus libérés de toute nécessité signifiante, ils connaissent de façon encore plus pure l’anomie d’une situation sans transcendance Alors pour combler ce vide effroyable, pauvres diables d’artistes, ils se proclament prophètes ou grand prêtre d’une nouvelle Révélation. A coup de manifestes, de gloses ou au contraire d’un impénétrable hermétisme personnel, ils tentent, par une vaine mise à distance du reste des hommes, de s’ériger eux-mêmes en transcendance. Mais suffit-il de peindre une toile blanche ou d’exécuter une symphonie silencieuse pour faire œuvre de mystique apophatique ? A partir du romantisme, les plus grandes oeuvres m’apparaissent comme des discours pour dénier ou pour combler la vacuité dans laquelle cette société patauge. Ces prophètes d’une néo-religiosité artistique ont-ils tenu leurs promesses ? Les seuls qui soient un peu convaincants sont ceux qui traduisent la misère de l’homme exilé.

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Démesure de l´anthropocentrisme

 

La "mort de Dieu" n´a pas seulement libéré l´homme de tous ses "arrières-mondes", mais a transformé un monde "chosifié", une société "fonctionnelle", des vérités "opératoires" en instruments purs d´une volonté de puissance absolue. Mais en devenant la mesure de toute chose, l´Homme a perdu toute mesure. En proie à l´ "hybris", la volonté humaine individuelle ou collective ne peut que s´insurger contre ce qui pourrait la contenir : les dieux, les cycles de l´univers, les autorités et les coutumes d´une société et jusqu´aux limites de sa condition propre. Comme dans ce jeu de dominos où la chute du premier entraîne successivement celle de tous les autres, chaque niveau s´est désarticulé. Libéré de ses liens, de ses relations ou de sa "religion" chaque élément de l´univers humain comme l´homme lui-même veut "vivre sa vie" exclusivement guidé par sa propre rationalité : l´art pour l´art, "science sans conscience" et technique sans finalité, morale kantienne et politique pure. L’art s’inscrit dans les pratiques schizoïdes de notre vie quotidienne reflètent bien ces dissociations : temps de production et temps de consommation, loisirs et travail, zonning urbain, sexualité sans procréation et bébés éprouvettes… En absolutisant la volonté humaine, l´anthropocentrisme l´oblige à se heurter à l´absolu arbitraire de chacune de ses oeuvres. Mircéa Eliade a montré comment les mythes traditionnels cosmologiques ou eschatologiques transforment le chaos en cosmos ; c´est le processus inverse qu´engendre l´idéologie de la libération qui domine la société occidentale depuis le XVIIIe siècle. Francis Jeanson en a donné une expression assez pure quoique non originale dans le texte suivant : « Je crois qu´il n´y a ni Dieu ni diable au-delà des hommes, ni Bien ni Mal, ni Vrai ni Faux... Nous avons à exister selon nous-mêmes, donner sens à notre vie en la vivant... Je crois que nous naissons innocents... » ; il faut « croire à l´éventuel triomphe de cette force prodigieuse qui ne cesse de travailler l´histoire des hommes... et qu´il faut bien qu´on dise surnaturelle. La vraie foi consiste à parier que l´espèce humaine est capable d´incarner Dieu, de le réaliser, d´en finir avec lui en inventant sa propre humanité ». Je soupçonne que ce même credo sous-tend la pratique de l’art occidental, y compris pour la plupart de ses représentants les plus « mystiques ».

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De la valeur de l’art

 

J’ai commis une mauvaise action dans ma vie d’enseignant : j’avais demandé à un étudiant qui préparait un « grand oral » de concours administratif, pour la sauvegarde de quel monument il serait prêt à mourir. Celui-ci, pris au dépourvu, après un moment d’expectative m’avait répondu : « pour l’Arc de Triomphe ». Je n’ai pu m’empêcher de partir dans un long éclat de rire, hélas vite repris par l’auditoire, tant cette idée me semblait saugrenue. Se sacrifier pour la Cathédrale de Chartres, la Sainte Chapelle, voire une petite église romane de Bourgogne, je comprends ; mais pour l’Arc de Triomphe ! Au fait qui serait prêt à se sacrifier pour quelle œuvre d’art contemporain ? Vous aurez là un indicateur authentique de la valeur (« ce qui vaut la peine de ») des œuvres d’art. Ce test du sacrifice m’apparaît beaucoup plus probant que les côtes du « marché de l’art » où l’intérêt pour telle ou telle œuvre fonctionne essentiellement comme indicateur de « distinction » au sens bourdieusien du terme. (L’art traditionnel rassemble la communauté autour des valeurs partagées, l’art moderne « distingue », permet de se mettre à l’écart du vulgaire). Mourir pour l’arche de la Défense, pour un Vasarely, un Bernard Buffet, un Pollock ? Même un Soulage…Si on excepte la passion du collectionneur ou la concupiscence pour la valeur marchande… Je n’y croirais pas.

*

Voilà pourquoi, sauf si on m’informait que le Musée de Grenoble avait reçu quelque collection d’icônes bulgares, de miniatures gothiques, ou quelque Grünewald ou une œuvre de cette trempe, je ne me déplacerai pas. Me faire traiter de vieux Schnock ne me fait plus peur : cet art n’en vaut pas la peine. Je m’en fous (comme un amoureux déçu dit qu’il s’en fout).

 

Illustrations:

Rembrandt

Marcel Duchamp 

 

 

 

 

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Commentaires

Pourtant, il me semblait bien que l'Arche, c'était mourir à soi-même...

Ecrit par : endora | dimanche, 17 septembre 2006

Michel Michel devrait se replonger, pour sa consolation et aide à la compréhension des phénomènes de la modernité, dans la lecture du Secret (dans sa version complète à présent disponible) de la Salette, qui explique beaucoup de choses.


Extraits du texte du secret de La Salette

écrit et daté par Mélanie à Castellamare,
le 21 novembre 1878

Nihil obstat et Imprimatur Datum Lycii ex Curia Episcopi,
die 15 nov. 1879.
Carmelus Archus Cosma. Vicarius Generalis.





Les saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les
astres perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera qu'une
faible lumière rougeâtre ; l'eau et le feu donneront au globe de la terre des
mouvements convulsifs et d'horribles tremblements de terre qui feront
engloutir des montagnes, des villes, etc...
Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'antéchrist.
Les démons de l'air avec l'antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et
dans les airs et les hommes se pervertiront de plus en plus.
(...)
Malheur aux habitants de la terre ! il y aura des guerres sanglantes et des
famines, des pestes et des maladies contagieuses ; il y aura des pluies d'une
grêle effroyable ; des tonnerres qui ébranleront des villes ; des
tremblements de terre qui engloutiront des pays ; on entendra des voix dans
les aires ; les hommes se battront la tête contre les murailles ; ils appelleront
la mort et, d'un autre côté, la mort sera leur supplice ; le sang coulera de
tous côtés.
Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de l'épreuve ?
Par le sang, les larmes et les prières des justes, Dieu se laissera fléchir ;
Enoch et Elie seront mis à mort ; Rome païenne disparaîtra ; le feu du Ciel
tombera et consumera trois villes ; tout l'univers sera frappé de terreur, et
beaucoup se laisseront séduire parce qu'ils n'ont pas adoré le vrai Christ
vivant parmi eux.
Il est temps ; le soleil s'obscurcit ; la foi seule vivra.
Voici le temps ; l'abîme s'ouvre.
Voici le roi des rois des ténèbres.
Alors, l'eau et le feu purifieront la terre et consumeront toutes les œuvres
de l'orgueil de l'homme, et tout sera renouvelé :Dieu sera servi et glorifié.

Ecrit par : Sainte Montagne | dimanche, 17 septembre 2006

Merci de votre visite sur mon blogue. Je vais essayer de vous répondre .

Ecrit par : A. Borgel | dimanche, 17 septembre 2006

Alors comme ça on déprime
Pas étonnant avec une vision pareille
Ouvrez donc les yeux vous êtes en 2006.

Ecrit par : Gilles Burlat | lundi, 18 septembre 2006

Encore un louangeur béat du progrès !
Pour ce genre de gargouillis insignifiant voir ailleurs!!

Ecrit par : virtus | lundi, 18 septembre 2006

Et bien voyons on est en démocratie que je sache.
L'art contemporain est incontournable au diable la poussière des vieux musées et des peintres ringards

Ecrit par : Gilles Burlat | lundi, 18 septembre 2006

"Et bien voyons on est en démocratie que je sache."

Je ne vois pas le rapport, mais vous allez nous faire un plaisir de nous l'expliquer!

C'est votre religion? C'est une incantation rituelle?

Ecrit par : Rivarol | lundi, 18 septembre 2006

Ma religion et pourquoi pas Rivarol ?! A chacun la sienne n'est-ce- pas avec un pseudo pareil.
Mes gargouillis insignifiant je les pose où je veux mon cher.
Par ailleurs, j'imagine que vous n'êtes pas choqué par les propos du sociologue archéo-réactionnaire !!
Mais c'est vrai, l'art contemporain c'est votre affaire - vous allez nous faire un plaisir de nous expliquer tout ça.

Ecrit par : Gilles Burlat | lundi, 18 septembre 2006

"Et bien voyons on est en démocratie que je sache.
L'art contemporain est incontournable au diable la poussière des vieux musées et des peintres ringards"

Pour un démocrate je vous trouve diablement futuriste !

Ecrit par : Saûl | lundi, 18 septembre 2006

Tu commences à fatiguer Burlat ; non seulement tu n'exposes rien mais en plus tu joues le rôle, maladroit et mille fois entendu du grand dégoûté : ".... mon Dieu quelle horreur, une critique acerbe et violente de l'art moderne".

Donc soit tu argumentes, sois tu va faire tes besoins ailleurs - vu que tes droits mon chéri, on s'en balance méchamment ici, tu piges Gilles. (Hum... ce prénom rappelle quelqu'un, un hasard sans doute !)

Ecrit par : virtus | lundi, 18 septembre 2006

Nos besoins, Virtus ont les fait dans la pissotière de Duchamp !
Pas la peine d'aller ailleurs ! HU HU

salut Danielle, tu manques, qu'est ce que tu nous met dans la pissotière ???

Ecrit par : .))) | lundi, 18 septembre 2006

Cher ange réglementaire :

http://www.trekearth.com/gallery/North_America/Mexico/photo430816.htm

http://i1.trekearth.com/photos/37382/mexicana.jpg

Ecrit par : Danielle | lundi, 18 septembre 2006

Lo siento Isabelita, le deuxième lien est plus exactement ceci :
http://www.trekearth.com/gallery/North_America/Mexico/photo369044.htm

Allez vous soulager aux chiottes messieurs ; servicios para hombres por favorcito ??

Ecrit par : Danielle | lundi, 18 septembre 2006

Vous vous fatiguez vite mon cher Virtus, un commentaire qui ne va pas dans le sens de votre poil et patatras ! On sort l'artillerie lourde.
Vous aboyez bien ouaf ouaf, mais vous exposez peu retournez donc dans votre panier, virtuscaniche
Remarquez je m'y attendais un peu, c'est connu, le corps de troupe d'IDC est réputé pour être très efficace.

Ecrit par : Gilles Burlat | lundi, 18 septembre 2006

"un commentaire qui ne va pas dans le sens de votre poil et patatras !"

Mais justement, on voudrait bien en voir la queue d'un, de commentaire qui ne va pas dans notre sens, mis à part le fait que vous êtes démocrate et que nous sommes en 2006.

Vos commentaires ne contredisent pas le texte de M.Michel, ils se contentent d'etre nuls et modernolâtres. Cherchez bien, il doit bien exister des blogs à boutonneux pour les poster.

Ecrit par : Rivarol | mardi, 19 septembre 2006

A propos des thèmes abordés dans ce texte, il existe deux livres sublimes de Jean-François Mattéi: "La barbarie intérieure" et "L'ordre du monde"

Ecrit par : Rivarol | mardi, 19 septembre 2006

Mais non, Burlat ! le corps de garde d'IDC ressemble étrangement aux vieux gardiens de musée avec une casquette sur la tête qui aboyaient quand un gamin mettait les doigts sur les les peintures ringardes de Madame des Charbinières (avec un nom pareil) accrochées aux cimaises d'un vieux musée poussiéreux de province !
On s'y croirait d'ailleurs au musée- le musée des cathos!
tout y est, il ne manque plus que les vapeurs d'encens !
Madame a fait bénir le blog par monsieur le curé et après la messe l'on dîne grassement au château avec la clique:
le sociologue archéo-réactionnaire, Gattegno, Rivarol, l'Asensio et ceux de la Messe en Mer tout en daubant sur la modernité!

Ah je les vois d'ici au château avec les portaits de Bloy aux murs!!

"Nous considérerons comme une évidence absolue la nullité de l’art contemporain dans la presque totalité de sa production."
c'est à mourir de rire!
Burlat c'est pas un musée ici, c'est un conservatoire !

Ecrit par : . | mardi, 19 septembre 2006

Mr ., je préfère M'appeler Rivarol que . ; C'est totalement ridicule comme pseudo, mais ca nous en dit beaucoup sur vous:vous etes un petit point insignifiant qui voudrait défendre la modernite mais ne peut pas le faire, faute de n'avoir qu'un . dans la tête.

Personne n'a "daubé" sur la modernité ici, il en est simplement fait une critique savante et réfléchie. Relisez vos posts et vous verrez qu'il n'y a que vous qui daubez ici.

Ecrit par : Rivarol | mardi, 19 septembre 2006

Alors Burlat comme ça on a la trouille ? On a peur de se faire mordre par les molosses de la comtesse ? Tu sonnes au portail du château (puisque tu y tiens) grand courageux, et puis voilà que dès que tu entends grogner un peu fort tu cours en vitesse te cacher derrières les buissons comme un gosse pour protéger le fond de ton pantalon.

Allez mon petit chéri approche un peu et apprends les rudiments d'éducation que l'on ne t'a pas donnés.
D'abord enlève les doigts de ton nez mon gars c'est pas propre, puis tu dis bonjour poliment en faisant une risette, et tu t'inclines devant Madame en te présentant gentiment, t'as pigé Gilles ?


Après seulement on causera sérieusement.

A ce propos t'es pas un rapide pour les sortir tes arguments, c'est plutôt poussif ta démonstration en faveur des plates nullités de la modernité satisfaite (tu as dû, sans doute, trop manger de petits fours dans les vernissages où l'on vient montrer son beau costume à Mr. le Député-maire et lui parler de l'aspect géniaaaal du dernier abruti à la mode célébré par Art Press et Télérama, et maintenant t'as envi de vomir), faut donc te bouger l'andouille recuite car on frise l'ennui mortel avec toi.


Au fait, pense bien à t'essuyer les pieds avant d'entrer, la dernière fois t'as tout dégueulasser le parquet avec tes godillots crotés, et les gens de Madame ont mis trois jours à tout laver.

Ecrit par : virtus | mardi, 19 septembre 2006

Mon prénom vous fait pensez à quelqu’un ? Et bien moi aussi figurez-vous !
Gilles de la Tourette vous connaissez.
Faites attention, vous devriez consulter un spécialiste de ce trouble, petit caniche- bichon à la mémère!



Alors, d’après vous, avec moi l’on s’ennuie ferme !
Mais voyons !! c’est vous Monsieur Virtus qui êtes ennuyeux avec vos critiques oiseuses sur Art Presse et Télérama…il me semble qu’Olivier Cena va plutôt dans votre sens non ?

Derrière votre agressivité, je respire l’air vicié des expositions de fleurs et de chats du Rotary Club. Vous sentez le rance du jeune réac en mocassin-chemise bleue, déjà aigri avant l’âge, qui voit l’argent comme le mal absolu, incapable de comprendre ce qu’est l’art contemporain.
Il faudra vous y faire jeune con ; le progrès, la modernité ont soufflé sur l’histoire.
Et oui, Marcel Duchamp avec son ready-made est tout de même à l’origine des « installations » et a en quelque sorte ouvert la voie à l’art performance…
Et oui désormais il y a l’Art brut, l’Art Singulier, le Land Art…
Et oui, désormais on s’exprime…on a plus envie de nous agenouiller dans les musées; notre corps s’exprime, on hurle, on pète, on balance la peinture sur les murs, on peint comme cela nous chante, avec des matières qui sortent des sentiers balisés par des gens comme vous, on photographie, on filme, on chie, on met nos merdes en boite… on cherche et comble de l’horreur on va de l’avant !!



Ah ! Je vous imagine bien à la culture, Sieur Virtus en ministre de la culture avec Madame comme artiste officielle, et toute la clique au vernissage !

Alors désolé, les gars si la queue de mes arguments ne sont pas à la hauteur des vôtres !
(Mais au fait, qu’avez vous dit de si lumineux sur l'art contemporain?).
Allez RICTUS coucouche panier avec Mémèere, RIVAROL occupez-vous de votre site (je donne l'adresse: Rivarol.com) quand à SAULE, visiblement son blog a besoin de ses lumières!
salut point, ton style me dit quelque chose!

Ecrit par : Gilles Burlat | mardi, 19 septembre 2006

Prose excrémentiel, délateur, Modernolâtre...Pas de doute, vous êtes bien un gôche.

"on chie, on met nos merdes en boite"

Fort à votre aise, mais vous ne pourriez pas aller faire ça ailleurs?

Ecrit par : Rivarol | mardi, 19 septembre 2006

La peinture d'Isabelle des Charbinières n'est ni ringarde, ni moderne, pas plus qu'elle n'est contemporaine. La peinture d' Isabelle des Charbinières est intemporelle, en cela elle questionne.

L'art intemporel questionne l'homme qui cherche à être relié par le haut.
L'art contemporain questionne l'homme qui cherche à être relié par le bas.

Ecrit par : Saint-Martin | mardi, 19 septembre 2006

"Et oui, désormais on s’exprime…on a plus envie de nous agenouiller dans les musées; notre corps s’exprime, on hurle, on pète, on balance la peinture sur les murs, on peint comme cela nous chante, avec des matières qui sortent des sentiers balisés par des gens comme vous, on photographie, on filme, on chie, on met nos merdes en boite… on cherche et comble de l’horreur on va de l’avant !!"

J'y suis Gilles, c'est toi Charles Legrand ?

http://pour-un-autre-monde.blogspot.com/

Ecrit par : Saûl | mercredi, 20 septembre 2006

Burlat,

T’es vraiment un comique mon mignon, et pour le coup, puisque que tu as oublié le précieux conseil de prudence et de politesse oratoire qui t’avait été, précédemment, gentiment glissé à l’oreille, et que tu sembles à l’évidence dur de la feuille, on va passer à un autre type de discours.

Non seulement je te soupçonnais relativement idiot, mais de plus tu y rajoutes à présent l’imbécillité profonde, ce qui donne comme portrait, te concernant : un idiot doublé d’un triste imbécile.

Il y a pas à dire, dès que tu ouvres la bouche pour ânonner trois conneries énormes, tu refoules du goulot au point de donner la nausée à tous ceux qui t‘écoutent. Frappée visiblement d’une abyssale nullité, tu oses, sinistre batracien aveugle, soutenir le caractère créatif et pertinent de l’art contemporain alors même que le regard le plus détaché et dénué de partialité, convient que nous sommes en présence d’une gigantesque entreprise d’escroquerie rapportant suffisamment gros aux maquignons du canular organisé que sont les artistes sponsorisés, les musées d’art contemporain et les galeries, négoce de coquins au service d’une lamentable et navrante cause depuis bien longtemps dépassée et sans objet (laisse moi rire avec l’avant-garde !).

L’original dans l’histoire, c’est qu’il existe encore des triples guignols de ton espèce, pour soutenir l’immonde trafic dans lequel, avec une effrayante superbe, des egos aux proportions vertigineuses, et donc dimensionnés en conséquence sur cartons d’invitations en papier glacé, viennent faire étalage de leur dérisoire génie.

Burlat, risible andouille, l’art contemporain est une supercherie monumentale, une foire de dupes dans laquelle tu joues ton minable petit rôle de soumise ridicule et de conséquente salope.

Tu veux que je te dis l’abruti, ton art poubelle c’est de la récupération. Du procédé au kilomètre belle andouille, et pas besoin de te faire un dessin dans le monde du plagiat généralisé...

Quant à ton larmoyant plaidoyer sur la valeur de la créativité actuelle, arrête tu vas nous faire pleurer car même si tout le monde s’en cache, quand par exemple les mairies subventionnent des associations culturelles et artistiques, elles attendent surtout un retour sur investissement, elles fixent des objectifs, ne serait-ce que mettre leurs logos sur toutes les affiches, histoire de montrer à un électorat potentiel qu’elles sont ouvertes au dialogue.

Pareil pour les autres formes de sponsoring public ou privé. Ça n’est pas une nouveauté mon cher crétin prétentieux.

Et en général ça marche très bien, et tout ce qui dérange un jour peut se faire récupérer pour le profit de telle ou telle institution ou entreprise quand les financements ou les opportunités sont là.

De toute façon comme tu devrais le savoir, même gratuitement qu'est ce que les "artistes" ne seraient pas prêts à faire pour un peu de reconnaissance ou de place au soleil pour pratiquer et déployer leur pitoyable génie universel... Tu vois, la prostitution à côté Burlat, c’est vraiment la cours de récréation pour école primaire !

De l’entrée payante au coût de production des œuvres d’artistes et leur cotation en bourse, on ne peut pas nier que l’art (et par extension la culture) est devenu, pauvre cloche débile, un grand marché qui vit grâce à un petit monde d’acheteurs filous et de collectionneurs fortunés qui font les côtes de celles et ceux qui essaient de percer et de vivre de leur soi-disant « art » en baissant leurs culottes, ou léchant quelques attributs à l'occasion, pour avoir des expos.

Parvenus, arrivistes, magouilleurs, tu peux les prendre les uns derrière les autres Burlat crétin satisfait, c’est le même discours et le même objectif : ETRE CONNU ET FAIRE DU FRIC ! ! ! Voilà ce qu’est ton « ART » de merde, une marchandise de la reconnaissance de la nullité. Art conceptuel, povera, minimal ; pseudo Art brut réalisé par de faux demeurés mais de vrais crapules rusées, etc. C’est la même chose sombre marionnette !

Alors je vais te dire, insipide prosateur à la puante prose sortie du purin, ton baratin de minable à trois sous tu le gardes, et tu disparais vite fait dans ta zone interlope dans laquelle tu pourras prospérer au milieu des insignifiants excréments qui te servent de relations.
Ton carnet d’adresse doit être bien fourni, retourne donc dans tes appartements de fonction, c’est-à-dire les égouts, où tu prospéreras entourés de tes amis, les colombins et colombines du panier de crabes faisandés de l’Art contemporain.

Puisque tu aimes « les matières qui sortent des sentiers balisés » bonjour de ma part en passant aux étrons, stupide et inculte valet de la modernité.

Ecrit par : virtus | mercredi, 20 septembre 2006

Pour exemple

http://www.ben-vautier.com/

Ecrit par : Saint-Martin | jeudi, 21 septembre 2006

L'art dit contemporain ça donne à peu près tout, c'est-à-dire pas mal de n'importe quoi. Un peu le problème de la création sans contrainte. Le but du jeu étant de faire en sorte que ce n'importe quoi veuille dire un truc, et que ce truc soit le plus souvent aussi rebelle et profond qu'une émission de Laurent Ruquier, mais avec une gueule d'enterrement et un air d'iconoclaste, ou alors façon illuminé : j'agite mes deux bras en hurlant façon Gilles-Charles Legrand.

En bref, n'importe qui capable de découper une étiquette, y écrire son nom, un titre et la coller où bon lui semble, en prétendant dénoncer quelque chose (la guerre, le racisme, la canicule, l'intolérance, etc.) EST par définition un artiste. C'est à dire tout le monde après la maternelle. Nan ? Puisque j'ai compris ce qu'était un artiste, j'aimerais savoir qui n'en est pas ?

C'est tout de même assez discriminatoire envers les bébés, bien incapables d'apposer une étiquette sur le contenu de leur pot, mais bon, on est pas à l'abri d'aller de l'avant.

Et ce Gilles persuadé d'être à l'avant garde. "Attention je vais choquer le bourgeois !" Mon pauvre. Comble de la ringardise. Rien de plus admis, de plus bourgeois que vos antiennes de gauchos, théâtreux et j'en passe.

"Ouvrez donc les yeux vous êtes en 2006"

J'aurais aimé vous entendre il y a 60 ans...

"Ouvrez donc les yeux vous êtes en 1940"

Allez ! zou ! rentrez chez vous >>>

http://pour-un-autre-monde.blogspot.com/

Ecrit par : Axël | jeudi, 21 septembre 2006

J’ai commis une mauvaise action dans ma vie d’enseignant !
Une de plus

Ecrit par : o | vendredi, 22 septembre 2006

Bande de pêtés vous êtes minables.
Et toi Saül, tu fais rire HAHAHA,

Ecrit par : Gilles Burlat | vendredi, 22 septembre 2006

Si ça peut améliorer votre quotidien Gilles, vous m'en voyez ravi...

Ecrit par : Saul | vendredi, 22 septembre 2006

IDC, veuillez rappeler aux propriétaires de chiens en particulier de race "burelesque", que les déjections canines sur la voie publique, sont passibles de fortes contraventions.

Au fait, il faudrait peut être mettre les chiraclettes au rang d'oeuvres d'art, puisque toutes les matières possèdent un potentiel hautement plastique et néanmoins odorant selon l'andouille modernolâtre.

Burlat, ducon, tu ne sens décidément pas la rose mon mignon !

Ecrit par : virtus | vendredi, 22 septembre 2006

Les roycos à Beaubourg




http://www.umt.edu/montanamuseum/print/daumier/49-051.htm

http://www.umt.edu/montanamuseum/print/daumier/49-053.htm

http://www.umt.edu/montanamuseum/print/daumier/49-095.htm

http://www.umt.edu/montanamuseum/print/daumier/49-052.htm

Ecrit par : Un artiste | samedi, 23 septembre 2006

http://en.wikipedia.org/wiki/Image:This_Year_Venuses_Again_%28Daumier%29.jpg

Ecrit par : Un artiste | samedi, 23 septembre 2006

We're back

Ecrit par : La messe en mer | dimanche, 24 septembre 2006

Ah oui, il est vrai, la perfide Albion...

Ecrit par : Saûl | dimanche, 24 septembre 2006

L'artiste contemporain a coutume de dire "je travaille sur..."
Sur quelque chose pour les personnes (les réacs, les roycos, les imbéciles...) qui ne comprennent rien à la l'art moderne.
Par exemple, je viens de lire ou plutôt d'entendre chez A. Borgel que Anne-Claire JACQUIN travaille sur le corps !

http://borgel-critiquedart.hautetfort.com/archive/2006/09/19/interview-d-anne-claire-jacquin-pour-son-exposition-au-centr.html#comments

J'ai aussi entendu parler certains artistes qui disent aussi travailler sur la Vierge (la mère du Christ) mais aussi le Christ (le fils de la Vierge)!!
Travailler sur ...
Qu'en pense M. Michel Michel sur le "travail sur..."
Pour ma part, j'imagine que lorsque "l'on travaille sur", l'on ne " travaille pas dedans "! Merci M. Faugeras pour les pistes de travail "sur l'intérieur".
C'est là peut être l'origine du vide métaphysique de l'art contemporain. Etre sur et non pas à l'intérieur.
M'enfin, comme je suis roycos je suis peut être à côté de la plaque.
M. Burlat viendra peut être éclairer mon esprit moyenâgeux sur la question.
Ceci dit, le travail sur le corps de la Vierge et le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ me fait gerber...

Ecrit par : Martin | dimanche, 24 septembre 2006

Oui oui, bien d'accord...

Ecrit par : Saûl | lundi, 25 septembre 2006

" Nous sommes contraints d'en revenir à un pessimisme pascalien, à un modèle de l'histoire fondé sur le péché originel. Il ne nous est que trop facile, désormais, de reconnaître avec de Maistre que notre jungle politique, l'acquiescement de l'homme cultivé et assoifé de technique au massacre, accomplissent la prédiction de la Chute."

Georges Steiner
Dans le château de Barbe-Bleue
Notes pour une redéfinition de la culture

Ecrit par : Gérard Lemoine | jeudi, 28 septembre 2006

Putain, quel synthèse!
Bravo à Steiner pour le mot, et bravo à vous pour l'à propos!

Ecrit par : Rivarol | jeudi, 28 septembre 2006

J'ai trouvé le blog de Burlat

http://sur-l-art-contemporain.hautetfort.com/

Ecrit par : HUHU !! | samedi, 16 décembre 2006

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.