« De la fausseté des vertus humaines | Page d'accueil | Il y régnait un grand calme »
jeudi, 08 juin 2006
David Gattegno
ORACLE
Matrices d’ambiguës et sonores humeurs,
Patricien au sein de vie, père des grèves,
Là où, vert, tige exfoliée, l’homme se lève
Empanaché d’étoffes tissues de vapeurs.
Mâle est mon âge, femme mon acte; hommage!
À moi, dont la droite est un masque de lin
Et la côte gauche un reposoir féminin.
Monsieur, je n’agis pas – dame, je n’ai pas d’âge.
La mer, aux remuements pairs — sac et ressac —,
L’appât de la terre et les amas de terre sur moi
M’ont donné ce regard et m’ont fait cet émoi :
J’ai les yeux pairs, et l’onde amère des lacs
S’écoule de la robe et de la queue du frac.
Je traîne en vêtements les eaux de la naissance,
J’en change, nuitamment, épris d’obsolescence,
Sans cordes à mon arc, sans un tour dans mon sac.
Riche d’avoir paupérisé mon patrimoine,
Voué au célibat d’une chimie nuptiale,
À moi-même j’unis mon moi matrimonial,
Et dispose d’un or mélangé d’antimoine.
Une fée s’est penchée, jadis, sur mon berceau.
La baguette tendue, roide comme une épée,
Elle a tranché le nœud de ma virilité.
Comme habit de lumière elle a conçu mes os.
C’est la robe de lin immaculée des morts
Travestissant la vie qui me possède encor
En l’hiéroglyphe d’une voix sans vêture,
Nue, juste, unique de parole : “Je suis pur.”
Matrices d’ambiguës et sonores humeurs,
Patricien au sein de vie, père des grèves,
Là où, vert, tige exfoliée, l’homme se lève
Empanaché d’étoffes tissues de vapeurs.
Mâle est mon âge, femme mon acte; hommage!
À moi, dont la droite est un masque de lin
Et la côte gauche un reposoir féminin.
Monsieur, je n’agis pas – dame, je n’ai pas d’âge.
La mer, aux remuements pairs — sac et ressac —,
L’appât de la terre et les amas de terre sur moi
M’ont donné ce regard et m’ont fait cet émoi :
J’ai les yeux pairs, et l’onde amère des lacs
S’écoule de la robe et de la queue du frac.
Je traîne en vêtements les eaux de la naissance,
J’en change, nuitamment, épris d’obsolescence,
Sans cordes à mon arc, sans un tour dans mon sac.
Riche d’avoir paupérisé mon patrimoine,
Voué au célibat d’une chimie nuptiale,
À moi-même j’unis mon moi matrimonial,
Et dispose d’un or mélangé d’antimoine.
Une fée s’est penchée, jadis, sur mon berceau.
La baguette tendue, roide comme une épée,
Elle a tranché le nœud de ma virilité.
Comme habit de lumière elle a conçu mes os.
C’est la robe de lin immaculée des morts
Travestissant la vie qui me possède encor
En l’hiéroglyphe d’une voix sans vêture,
Nue, juste, unique de parole : “Je suis pur.”
19:05 Publié dans De la poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie





















Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://isabelledescharbinieres.hautetfort.com/trackback/504523
Commentaires
Quand le texte , la chanson et l'intention s'élèvent d'un seul coup d'aile, c'est le génie(l'innocence du coeur) qui s'exprime. Mais c'est vrai gmc il n'est pas moins réel de ne pas s'exprimer, ou de s'exprimer maladroitement .
Ecrit par : . | samedi, 10 juin 2006
Encore
Encore
Encore
le duvet s'envole
le propos rien en l'édulcore
trouble alchimique en or
quand la peau se colle
aux os, rien ne s'étiolle,
pas même la Lumière crue de la Vérité ...
Encore...
La page blanche après du Gattegno c'est encore ...
Ecrit par : Tudry | lundi, 12 juin 2006
Le poème "Oracle" de D. Gattegno ne laisse pas de me faire rêver. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu quelque chose de "littéraire" et de "symboliste" dans cette "zone" d'ignorance accrue de la blogosphère. Mais je constate avec bonheur que, si pour la plupart les écrivains ne répandent pas sur le Net ce qu'ils réservent à l'enrichissement de leur éditeur, il est des étoiles, des perles, des dragons pensants qui échappent au copyright pour orner le ciel mesquin des octets en goguette.
"Mâle est mon âge, femme mon acte; hommage!"
Voilà qui ouvre grand la boîte de Pandore.
"À moi-même j’unis mon moi matrimonial,
Et dispose d’un or mélangé d’antimoine."
Grande chymie, quand tu nous tiens !
...
Au plaisir,
Ecrit par : nonihil | mercredi, 14 juin 2006
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.