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mardi, 04 mars 2008

La nature de la chair et le péché

 
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Rappelons, avant toute chose, que l'anthropologie hébraïque ignore cette distinction, qui traverse la pensée chrétienne, entre le corps regardé comme grossier et animal, et l'âme, à tel point d'ailleurs que, s'il existe un terme en hébreu pour désigner l'âme (nephesch), que l'on traduira par psychê en grec, puis par anima en latin, il n'y a aucun terme dans cette langue pour signifier le corps matériel en tant que distinct de l'âme, montrant bien l'absence de toute conception dualiste dans la pensée originelle des hébreux. Pour eux, s’il n'y a pas d'âme, alors il n'y a pas de corps non plus ; l'un et l'autre forment une unité indissociable. On connaît bien un mot pour parler du cadavre, mais il n'y en n'a pas pour le corps séparé de l'âme, c'est pourquoi on utilisera une expression particulière (basar), pour évoquer la totalité âme/corps, expression que l'on retrouvera en grec sous le nom de sarx, puis caro en latin et enfin « chair » en français. Or le mot « chair », par suite de nombreuses confusions, et sous l'influence de la tradition philosophique issue des courants grecs (pythagorisme, orphisme, néo-platonisme), est devenu pour nous synonyme de « corps », c'est-à-dire ce l'on appelle sôma, ce qui représente uniquement l'enveloppe matérielle, créant ainsi un important contresens. La seule désignation hébraïque correspondant à ce que l'on entend par « âme » en Occident, est le terme ruach, soit « l'esprit », qui donnera pneuma en grec et spiritus en latin, terme qui s'applique aussi bien à l'esprit de Dieu : « Le Dieu d'Israël est le Dieu des esprits de toute chair » (Nombres 27, 16), qu'à celui de l'homme : « Je répandrai mon esprit sur toute chair » (Joël 2, 28).

Saint Cyrille d'Alexandrie (De recta fide ad Augusta, P.G., LXXVI), fera justement remarquer que l'évangéliste Jean utilisa le mot sarx afin d'exposer le mystère de l'Incarnation : « Le Logos s'est fait chair » (Jean I, 14), affirma-t-il, soit l'équivalent de : « Le Logos s'est fait homme (âme et corps) », insistant dans son texte sur la volonté du Christ d'assumer pleinement, en son entier, la nature humaine.
 
 
 
 
 
 
 
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Cela étant dit, nul ne saurait contester la radicale opposition que l'on retrouve dans les évangiles, opposition ainsi formulée : «C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne profite de rien » (Jean, 6, 63), particulièrement réaffirmée chez saint Paul, distinguant nettement deux ordres absolument antithétiques : l'ordre de l'esprit et l'ordre de la chair. Même si certains se refusent, par aveuglement volontaire et vision anthropologique erronée, à reconnaître l'antagonisme des deux ordres, pourtant nettement souligné à de multiples endroits du texte sacré, il faut bien se rendre à l'évidence et admettre que la nature de l'homme (c'est-à-dire son âme et son corps), entendue sous le terme générique de « chair », est frappée de corruption et de réprobation.

Comment ne pas citer, en premier lieu eu égard à son caractère emblématique, l'épisode de Nicodème, docteur en Israël, auquel Jésus annonce qu'il doit naître de nouveau, concluant son discours ainsi : « Ce qui est né de l'Esprit est esprit, ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3, 6). Quant à l'apôtre Paul, nul n'a plus que lui établi des liens concrets entre le péché et la chair, s'écriant même, dans un gémissement quasi désespéré et pathétique : « Misérable homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7, 24 ). L'opposition est également clairement soulignée dans ce passage significatif : « Marchez par l'Esprit, et vous n'accomplirez point la convoitise de la chair. Car la chair convoite contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l'une à l'autre... » (Galates 5, 16-17).

Enfin, de nouveau dans l'Epître aux Romains, c'est une véritable condamnation de ce que représente la « chair » en son essence et sa nature qui nous est adressée, établissant une équivalence saisissante entre la « chair » et le péché : « Quand nous étions dans la chair, les passions des péchés, lesquelles sont par la loi, agissaient dans nos membres pour porter du fruit pour la mort. » (Romains 7, 5). Puis, un peu plus loin, et toujours avec la même intransigeance : « Moi je suis charnel, vendu au péché (...) C'est le péché qui habite en moi. Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite point de bien (...) Je vois dans mes membres une autre loi qui combat contre la loi de mon entendement et qui me rend captif de la loi du péché qui existe dans mes membres. » (Romains 7, 15-18 ; 23). Le cri de Paul est d'une grande honnêteté : « De moi-même selon l'entendement je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du péché. » (Romains 7, 25).
 
 
 
 
 
 
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Voudrions-nous encore nier, après ces paroles, le fruit vénéneux que représente la « chair », oserions-nous refuser de voir le caractère à jamais flétri et abîmé de ce qui est charnel ? Alors écoutons Paul qui, avec une redoutable force de conviction, insiste plus avant de manière à ne point laisser subsister la moindre trace d'ambiguïté : « Dieu a envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour [le] péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fut accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l'Esprit. » (Romains 8, 3-4).

Après cet impressionnant rappel, qui demande à être lu avec crainte et tremblement, une sainte fureur continue d'habiter l'apôtre des Gentils, et, comme si cela ne suffisait pas, voulant fermement faire pénétrer dans le cœur de ses auditeurs le message du Salut, il poursuit son prêche par ses lignes redoutables : « Ceux qui sont selon la chair ont leurs pensées aux choses de la chair ; mais ceux qui sont selon l'Esprit aux choses de l'Esprit ; car la pensée de la chair est la mort ; mais la pensée de l'Esprit, vie et paix ; - parce que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas. Et ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu. » (Romains 8, 5-8).
 
 
 
 
 
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Paul espérait certes convaincre par son discours, mais il voulait surtout pouvoir être certain de parler à des êtres qui avaient déjà entrepris de rejeter les œuvres de la « chair », délivrant, par delà la distance des siècles, un enseignement vital pour notre devenir surnaturel, si nous acceptons, bien évidemment, de déposer ce qui, en nous, est « aliéné » par le l'effet du péché : « Or vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'Esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous ; mais si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, celui-là n'est pas de lui. Mais si le Christ est en vous, le corps est bien mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice. » (Romains 8, 9-10).

Concluons donc avec ces paroles de Paul, dont on conviendra sans peine qu’il est bien difficile d’en nier le sens direct et catégorique, et qui ont la vertu de dissiper toute contestation possible à propos de la question qui nous occupe : « Ni la chair ni le sang n'hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 15, 50)
Ainsi la chair, même conçue comme étant l'unité de l'âme et du corps, ce qui n'enlève rien à la réprobation dont elle est chargée puisque cela englobe la matière corporelle et son principe d'animation, est bien violemment rejetée de par sa corruption, elle est pécheresse par nature et ne participera pas à la réalité future du royaume. Martinès de Pasqually (1710-1774), qui n'aurait pas manqué de soutenir cette vision toute paulinienne du devenir concernant le composé charnel « psycho-somatique », rajouterait sans doute : « Nous voyons clairement que le corps n'est qu'un chaos pour l'âme, ou le mineur, par la manière dont le mineur passe sa vie temporelle dans ce corps de matière en punition du crime du premier homme. » (Traité, 124.)
 
 
 
 
 
 


Avec l’aimable autorisation de Jean-Marc Vivenza,

in Le Martinisme

l’enseignement secret des maîtres

Le Mercure Dauphinois

2006, p. 217-220

 

 

 

 

 

 

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Illustrations

 

I Edvard Munch 

II Egon Schiele
 
III Balthus

IV Rijckere Bernaert 

V Picasso

 

 

 
 
 
 
 

 

 

 

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Sollers/Hadjadj

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Trackback par : Incarnation | samedi, 03 mai 2008

Commentaires

Ce texte est à rapprocher dans son interprétation du deuxième traité de Plotin (même si Plotin vivant à une époque où le christianisme n'a pas encore triomphé, croit en la métempsycose ce qui altère sa vision de l'homme et de l'âme. A mes yeux, c'est une interprétation manichénne que de voir en notre enveloppe charnelle qu'une charge et un péché. Celle-ci nous apporte de grandes souffrances et joies et porte notre âme et notre esprit, tout au long de notre séjour terrestre. Nous nous devons donc de l'honorer sans la préférer à l'âme. Choix subtil et précis mais il est si facile de tomber dans l'hérésie.

Ecrit par : Cadichon | jeudi, 18 mai 2006

John Dowland // Flow my tears..
Une de ses plus belles pièces à mon sens. De même, le texte, anonyme ; un écho à vos toiles.

"Flow, my tears, fall from your springs!
Exiled for ever, let me mourn;
Where night's black bird her sad infamy sings,
There let me live forlorn.

Down vain lights, shine you no more!
No nights are dark enough for those
That in despair their lost fortunes deplore.
Light doth but shame disclose.

Never may my woes be relieved,
Since pity is fled;
And tears and sighs and groans my weary days
Of all joys have deprived.

From the highest spire of contentment
My fortune is thrown;
And fear and grief and pain for my deserts
Are my hopes, since hope is gone.

Hark! you shadows that in darkness dwell,
Learn to contemn light
Happy, happy they that in hell
Feel not the world's despite."

Ecrit par : Axël | lundi, 22 mai 2006

Bonjour,
Permettez-moi d'apporter quelques nuances aux propos de Jean-Marc Vivenza. La pensée de st Paul n'est pas dualiste. Il n'y a pas dichotomie mais trichotomie, ainsi que l'a montré, en son temps, le Père Festugière (article in R.S.R. XX, 1930). Outre le corps et l'âme, il y a l'esprit. Chacun connaît Thessaloniciens, I, V, 23 : "Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même en toute manière, afin que tout ce qui est en vous, l'esprit , l'âme et le corps, se conservent sans tache pour l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ" (trad. Lemaître de Sacy). Festugière a souligné que st Paul emploie le mot "esprit" dans un sens juif (sens que l'on trouve aussi chez Philon). C'est grâce à cet esprit que nous avons la notion de Dieu en nous. L'âme en revanche est le siège de notre personnalité, et en elle s'opposent une partie supérieure et une partie inférieure. Le corps n'est pas mauvais en lui-même, mais il est l'occasion de la faute quand l'âme inférieure le prend comme lieu ou occasion de ses convoitises. On trouve un même schéma chez Origène, comme l'a montré Dupuis dans sa thèse ("l'esprit de l'homme", 1967). Quant à Martinez de Pasqualis et à son disciple Louis Claude de Saint-Martin, on remarque chez eux, et explicitement dans les écrits du second, cette trichotomie esprit-âme-corps.
Merci à Isabelle des Charbinières et à Jean-Marc Vivenza de me permettre ce petit complément.
Bien à vous,
Frib

Ecrit par : frib | lundi, 22 mai 2006

Bonjour,


Lisant toujours avec beaucoup d’intérêt vos pages et appréciant certaines de vos toiles et encres, mais n’ayant jusqu’à présent jamais jugé utile d’intervenir, je me permets tout de même de le faire suite à la publication du texte de M. Jean-Marc Vivenza portant sur « la nature de la chair et le péché » qui suscite, visiblement et comme il est normal tant cette question est délicate, quelques commentaires.
Il me semble que les intervenants qui se sont exprimés se méprennent fortement en réduisant les positions pauliniennes, que M. Vivenza (avec lequel j’ai néanmoins certaines divergences significatives, en particulier ne partageant pas son jugement positif à l’égard d’Origène que je trouve contestable en plusieurs propositions, propositions condamnées d’ailleurs au second Concile de Constantinople en 553 ) fait siennes dans son analyse, les identifiant à du dualisme ou du manichéisme. On l’aura mal lu et mal compris sans doute, d’autant que son ouvrage, (Le Martinisme ) est sans aucune ambiguïté, concernant ce point tout au moins.
On confond, et c’est là l’erreur de M. Frib, qui, par ailleurs, a parfaitement raison lorsqu’il relève la constitution tripartite du composé humain (corps, âme, esprit), mais commet, bien qu’il s’agisse là d’une erreur extrêmement courante qui n’entache en rien la sûreté et la qualité de ses jugements, comme il sut en témoigner éloquemment à l’occasion (cf. son analyse pertinente de la commune vision du péché originel chez Maistre et Pascal), une confusion entre les notions « d’ordre » et de « structure » qui ne sont, en matière théologique surtout, absolument pas superposables, bien qu’elles se conjuguent souvent comme il est normal dans ces domaines, ce qui conduit à de fréquentes méprises
Ainsi, la loi de distinction des ordres, n’est en rien contradictoire avec, et encore moins négatrice, de la forme structurelle de la créature humaine possédant, évidemment, un corps, une âme et un esprit qui n’ont pas un rôle accidentel dans l’homme mais essentiel dans la mesure où ils participent, tous les trois, de l’unité de la personne. Toutefois, il convient de ne surtout pas oublier que l’homme est placé, ontologiquement, sous la dépendance d’une loi de détermination qui s’exerce sur la totalité du créé car si l’essence est puissance à exister, l’acte d’exister est ordonné à un acte substantiel qui définit précisément l’essence, certes de la structure ternaire constitutive, mais régit aussi la matière du corps ; or cet acte substantiel constitutif s’est traduit depuis l’épisode tragique de la faute, pour tous les fils d’Adam, en une nature historique dégradée donnée en salaire et en punition du péché.
Cela revient à souligner qu’il y a donc bien, ontologiquement, un ordre de la nature et un ordre de la surnature, et historiquement, un ordre de l’esprit et un ordre de la chair qui s’opposent et se combattent, car la chair actuelle de l’homme est corrompue, dégradée, abîmée par le péché. C’est pourquoi, c’est à l’ordre de l’esprit à qui seul sont dévolues les promesses du Royaume annoncées par Jésus-Christ : "Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né l'Esprit est esprit" (Jean III, 6)
De ce fait on est autorisé à reconnaître comme le dit M. Vivenza, non par « dualisme », mais par exigence évangélique, un ordre de l’esprit radicalement différent, distinct, du corps voué à la corruption, à la mort et à la disparition, corps ayant reçu cette loi de finalité dégradante, après le péché et la faute.
Je termine cette courte mise au point en rappelant ce que l’Eglise enseigne s’agissant des conséquences du péché pour nos premiers parents :

1) La perte des dons surnaturels et préternaturels.
2) Le dépouillement de la grâce sanctifiante, des vertus infuses, des dons du Saint-Esprit et du droit du bonheur du Ciel.
3) Le retrait des dons extranaturels, c’est-à-dire, pour le traduire clairement, qu’Adam et Eve, et nous par héritage, avons été assujettis à l’ignorance, à la concupiscence et à la mort.
4) La révolte des sens et la désobéissance native.
5) La transformation de notre corps immortel en un corps condamné à la mort, et la malédiction du sol (Genèse III, 17)

Après la faute du premier homme, désolé pour les naïfs louangeurs du corps et des enivrants et, hélas, bien fugitifs mirages de la chair, tous les descendants d’Adam naissent, et il n’y a là pas de pathologie dépressive à le dire mais honnêteté spirituelle, dans un état d’aversion à Dieu, parce qu’ils sont, par la faute de leur père, privés des dons que Dieu avait octroyés à l’homme. Telle est la vérité de la Révélation sans laquelle l’homme croupirait dans la fangeuse et perverse abjection de son crime primitif ; comme l’affirme Tertullien : « L’homme, condamné à mort dès l’origine, a entraîné dans son châtiment tout le genre humain contaminé par son sang. » (Sermon de l’âme, 1 ; c. IV)

Cordialement, et encore toutes mes félicitations pour vos travaux et "l'esprit" qui se dégage de votre site.

Eremo

Ecrit par : Eremo | lundi, 22 mai 2006

Savez-vous que Fabrice Hadjadj, converti ultra conciliaire très adulé par la presse catho en odeur de sainteté dans les sacristies, vient de publier au Seuil un petit bouquin dans lequel il caresse de nouveau, si l'on ose dire, comme toujours son sempiternel et lassant refrain extatique à l'égard de la chair, du monde et de sa beauté, etc., sous le titre assez lourdingue et d'une subtilité analytique plutôt grotesque : "La profondeur des sexes : Pour une mystique de la chair".

Présentation du croustillant opuscule par l'éditeur :

"Qu'est-ce que c'est que ces sexes que nous croyons si bien connaître ? Les uns s'inquiètent de leur longueur et les poussent à la performance; les autres rappellent leur différence et en redoutent la confusion. Mais n'y a-t-il pas lieu, avant toute chose, et par-delà leur réduction biologique ou leur psychologique évanescence, de les considérer dans leur profondeur ? Et si des voies impénétrables s'ouvraient sous nos ceintures ? Si nos bas-ventres dissimulaient une ruse du Très-Haut ? Contre tout dualisme, c'est-à-dire aussi contre ce projet technicien qui ramène l'homme à un matériau, ce livre voudrait reconnaître l'esprit qui se donne à même la chair. Contre tout moralisme, c'est-à-dire aussi contre cet immoralisme qui ne cesse de faire sa leçon, il s'efforce de découvrir une "morale qui se moque de la morale ", sachant laisser sa place à la dramaturgie du désir. Son itinéraire à travers la littérature, la philosophie et les textes sacrés nous invite à plonger dans des profondeurs sexuelles successives - celles du corps, du couple, de l'enfant, de la Cité, enfin celle d'un possible Ciel, d'après la foi juive et chrétienne en la résurrection. L'Epouse du Cantique des Cantiques ne craint pas de dire à propos de l'Époux divin : Mon bien-aimé a passé la main par la fente, et pour lui mes entrailles ont frémi (Ct 5, 4)."


Bigre ! on frémi déjà des pitoyables louanges de la bonne presse à l'égard des pamoisons littéraires de notre auteur, diffusant un pieux discours pseudo libéré très "tendance", niaisement admiratif des émoustillantes parties de jambes en l'air en milieu catholique !

Ecrit par : Zak | jeudi, 28 février 2008

La bonne presse des bobos démocrates chrétiens comme Famille Chrétienne et Panorama par exemple?
C'est sûr on est curieux de lire ça!

Ecrit par : Maurice | jeudi, 28 février 2008

Zak, finement, met en lien sur son commentaire la représentation : "La jeune fille et la mort", fresque à Munich admirée par Schopenhauher.


On peut lire ceci également sur la page où se trouve la gravure :

Schopenhauer ne se lasse pas de décrire une existence humaine prisonnière de l'illusion du bonheur, oscillant constamment de la souffrance à l'ennui, nécessairement insatisfaite puisque la volonté ne veut rien que sa propre affirmation. Selon lui, le but de la vie n'est que le maintien de sa propre vie.

L'amour et la mort prennent une importance nouvelle hors de la référence à la dualité de l'âme et du corps. Tout amour, toute passion amoureuse cachent sous leurs manifestations, des plus vulgaires aux plus sublimes, le même vouloir-vivre, le même " génie de l'espèce " Cette dénonciation de la sexualité ( "le grand secret") en particulier dans le chapitre des Parerga sur les femme, eut un grand retentissement littéraire et Freud pourra trouver chez Schopenhauer non seulement la subversion du moi mais aussi le primat de la sexualité. En perpétuant l'espèce dans l'individu, la sexualité signifie au moi sa propre mort.

Là encore, l'illusion de la sexualité est de chercher un principe d'immortalité dans l'indépendance d'une âme raisonnable, une façon d'exister, un désir et un plaisir éphémère, et ce même bonheur cruel et inutile qui hante l'humanité.

Si dans son détail, une vie humaine relève de la comédie, considérée dans son ensemble de la naissance à la mort, elle est une tragédie. Schopenhauer n'attend rien d'autre de la vie que des passions réfoulées, des désillusions fatales et un ennui insoutenable, le tout ryhtmé par l'éternelle recherche d'un bonheur inexistant. La délivrance ne peut être attendue que dans la négation du vouloir-vivre par lui même.

Ecrit par : Hector | jeudi, 28 février 2008

Par la passion de la chair le corps entre en gloire. C'est le chemin de la croix.

Ecrit par : X | lundi, 03 mars 2008

Qu'elle vision de la vie, ce texte est cauchemardesque! C'est franchemment insupportable
La reflexion sur la chair de M. Hadjadj tombe à point.

Ecrit par : Denise P | lundi, 03 mars 2008

Vous devriez dire tombe sur le point G !

Non franchement, même si le texte de Vivenza est un peu raide, pardon, un peu sévère, le délire sur la profondeur des sexes est purement grotesque !

Ecrit par : Kilimu | lundi, 03 mars 2008

Je suis peut être un peu naïve mais j'aimerais comprendre comment l'on peut d'un côté "rejeter les œuvres de la « chair » et de l'autre côté pratiquer les paroles divines : " Croissez et multipliez-vous ".

Kilimu votre humour est vraiment douteux!

Ecrit par : Serena | lundi, 03 mars 2008

Eremo nous rappelle les "conséquences du péché pour nos premiers parents". Même s'il a encore mauvaise presse, il faudra bien revenir tôt ou tard à ce péché originel dont on s'est longtemps débarrassé avec légèreté, prétextant d'une réalité d'arrière-garde tout juste bonne à culpabiliser les naïfs et les bigots.Sans le péché originel, le dualisme corps-âme est inévitable. Il est surtout insurmontable : ne reste que le balancement périodique de la déification de l'un au détriment de l'autre. Avec le péché originel -considéré comme tel-, il n'y a pas de coup de baguette magique : il introduit justement cette opposition potentielle entre le corps et l'âme, ce qui en amoindrit l'apparente absurdité mais n'en résout pas la difficulté ! Le concept d'esprit -qui se veut distinct de l'âme- semble destiné à constituer une sorte de point d'équilibre destiné à prévenir le balancement précité. C'est de bonne guerre, mais la question est de savoir si cette subtilité sémantique correspond réellement à la réalité. Dans l'affirmative, qui peut en tirer la "substantifique moelle" sinon un esprit particulièrement éclairé ? La vie courante ne se charge-t-elle pas de parer au plus urgent : l'appétit certes insatiable d'une chair soumise à toutes les convoitises, oublieuse à l'envi des sollicitations de l'âme ?
Ne renions ni saint Jean ni saint Paul ni aucun autre saint : la sainteté n'est-elle pas justement l'art d'avoir su concilier l'inconciliable, certes au prix de combats toujours recommençants ? "La chair n'est rien ; seul l'esprit vivifie". À propos, de quel "esprit" parle l'apôtre des païens ? L'esprit de la triade, arbitrant le combat entre l'âme et le corps ? Ou bien l'âme elle-même ? Après tout, l'âme est bien ce qui anime... et ce qui anime vivifie. Questions de traductions, toujours.

Enfin, si la chair est corruptible, est-ce une raison valable de la mépriser ? N'est-ce pas plus volontiers le balancier qui penche vers l'âme au détriment du corps ? C'est bien connu : qui veut faire l'ange fait la bête. Tous ces commentaires ne manquent certes pas d'intérêt ; il est cependant dommage qu'aucun ne semble évoquer ni la résurrection de la chair ni le Verbe... qui s'est fait chair et qui, le premier, a justement inauguré cette résurrection de la chair. Ce qui, tout de même, a détruit l'irréversibilité du péché originel (avec ses sinistres conséquences décrites par Eremo) sans détruire le péché lui-même qui conserve toutes ses potentialités. Le propre du potentiel est d'être possible : pas obligatoire. "Bienheureuse faute (celle d'Adam) qui nous a valu un tel Rédempteur (le nouvel Adam)"...
Alors certes, Serena, croissons et multiplions-nous... sinon nous rabougrissons en nous divisant sur des broutilles !...

Ecrit par : MDT | lundi, 03 mars 2008

La Bible ne parle de "croissez multipliez" que dans le contexte de la création originelle.

Or, on l'oublie bien trop souvent, il y a 2 créations dans la Bible:

- la visible, terrestre, cosmos etc., (Genèse 1 à 3),
- l'invisible, la "nouvelle création" (2 Corinthiens 5.17) ou encore (Galates 6;15).

De la première il est dit : qu'elle souffre (Romains 8 ,19-22) à cause du mal (Ephésiens 6) et, précisément, du péché originel.

De la seconde, création selon l'esprit et non selon la chair, elle vit dans l'attente du Royaume ! pas en se satisfaisant mollemement d'une libido fiévreuse à laquelle on trouve toutes les excuses, y compris les plus spirituelles, pour pouvoir en réalité donner libre cours, sans culpabilité excessive, à des pulsions on ne peut plus instinctives et animales.

Ecrit par : Radek | lundi, 03 mars 2008

Effectivement, la Création est maintenant assujettie aux conséquences de la chute ; — la Loi, qui donnait une règle à l’homme au milieu de cette création, pour voir s’il pouvait y vivre selon Dieu a été pervertie par Adam.

L'homme, après la faute, a été placé dans une création inférieure, au milieu de laquelle le péché abonde. Il y a des anges tombés, et les cieux créés sont souillés par le péché.

La Création et la Loi sont liées au principe de la responsabilité de la créature, et nous trouverons tout ce qui est en rapport avec elles coupable ou corrompu.

Le Fils, au contraire, lui, la manifestation du Père, l’expression de son amour, l’empreinte de la substance de Dieu, nous apparaîtra souffrant en amour, au milieu de cette création déchue et de la contradiction d’un peuple rebelle ; accomplissant plus tard, en bénédiction, par sa puissance et par son autorité, tous les conseils de Dieu par la réunion de toutes choses dans les cieux et sur la terre, ceux-là même qui l’ont haï et rejeté étant forcés de le reconnaître comme le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ; et, enfin, lorsqu’il se sera assujetti toutes choses, remettant le royaume de sa gloire comme Fils de l’homme à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous.

Le bonheur et la sécurité d’Adam, primitivement, centre conscient de tout ce qui l’entourait, consistaient dans sa dépendance de Dieu et dans ses rapports avec Dieu. C’est là ce qu’il perdit, et il devint le centre insatiable de ses propres désirs et d’une ambition qu’il ne put jamais satisfaire.
Ainsi, la nature terrestre dans sa perfection, ayant pour centre l’homme en relation avec Dieu par sa création et par le souffle de vie qui était en lui ; de pures jouissances, une source de vie permanente et un moyen de mettre sa responsabilité à l’épreuve ; des sources de rafraîchissement universel pour le monde au-dehors, et, si l’homme demeurait dans l’état où il avait été créé, des rapports bénis avec Dieu dans cet état : — telle était la position du premier Adam dans l’innocence.

Afin qu’il ne fût pas seul, mais qu’il eût une aide, une compagne, une autre jouissance d’affection, Dieu forma, non pas un autre homme, car alors l’homme n’eût plus été un centre ; mais de l’homme lui-même Dieu forma sa femme, afin que leur union fût aussi intime et aussi absolue que possible, et qu’Adam demeurât chef et centre de tout. En outre, il la reçut de la main de Dieu même. Telle était la nature dont l’homme était entouré : celle que Dieu reconnaît toujours et contre laquelle l’homme ne pèche jamais impunément.

Quoique le péché ait souillé et gâté tout cela, c’est le tableau de ce que Christ, l’Église et l’univers seront, lorsque tout sera rétabli en puissance par l’homme obéissant. Jusqu’ici tout était innocence sans connaissance du mal, mais à présent il est extrêmement risqué de louanger avec rapidité et exaltation la vie charnelle, et donc de flatter les appétits sexuels qui n'en demandent pas tant, car la nature est profondément abîmée et l'orientation des désirs singulièrement déviée...

Ecrit par : Arpacschad | lundi, 03 mars 2008

Pourquoi pas ? Mais pourquoi la création invisible s'opposerait-elle à la création visible ? Pas question de se satisfaire -mollement ou non- d'une "libido fiévreuse" avec excuses intégrées ! La création invisible est justement là pour appeler la création visible à modérer ses "pulsions", non à les refouler au nom d'un esprit désincarné.

Si "croissez multipliez" n'était réellement valide "que dans le contexte de la création originelle", alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! Parce jusqu'à la fin du monde, la création se renouvelle en permanence et ne sera complète que lorsqu'il ne sera plus nécessaire de vivre "dans l'attente du Royaume". Attente qui se doit d'ailleurs d'être active, donc incarnée au sein de la création visible...
J'en conviens : la souffrance reste présente dans cette création visible. Mais n'est-ce pas la création invisible qui lui donne tout son sens ? Sans elle, nous sombrerions dans une absurdité telle que notre seule consolation serait effectivement de céder "à des pulsions on ne peut plus instinctives et animales" !

Là n'était pas la perspective que j'émettais...

Ecrit par : MDT | lundi, 03 mars 2008

Qu'est ce que vous pensez de cette idée à savoir que la sexualité est un acte sacré?

En effet je rencontre de plus en plus de chrétiens imprégnés de new-age, qui ont une vision latéralement opposée à celle de l'évangile:
déification de la chair etc.

Ne devons-nous pas en tant que chrétiens (ré ) affirmer nos valeurs (auprès des chrétiens entre autre) et ne pas craindre d'être taxés de coinçés, refoulés, névrosés, rétrogrades ....

Ecrit par : Serena | mardi, 04 mars 2008

Vous écrivez MDT : « Si "croissez multipliez" n'était réellement valide "que dans le contexte de la création originelle", alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! »

Vous ne croyez pas si bien dire ! pour preuve :

« Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit :
- Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné.
Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux–mêmes, à cause du royaume des cieux.
Que celui qui peut comprendre comprenne. »
(Matthieu 19, 11-12).

Ecrit par : Radek | mardi, 04 mars 2008

Radek, ce n'est pas un peu nihiliste votre vision de l'existence?!

Ecrit par : Marcia Downey | mardi, 04 mars 2008

Il est devenu classique aujourd’hui, en particulier depuis le dernier Concile se voulut niaisement « à l’écoute du monde », de se lancer dans des louanges à propos de la sainteté de la sexualité, de la légitimité du plaisir charnel, du caractère profitable des émois vaporeux en chambre, etc.

Les revues, les magazine, voire même les prêtres de l’église moderne, lancent, dans un bel enthousiasme passablement clownesque, des soupirs extasiés à l’égards de l’épanouissement des corps et de la découverte des frissons libidineux.

Pour ce faire, on n’a de cesse de rejeter les prétendues visions austères de saint Augustin, sur lequel sont concentrées les noires critiques du nouveau paradigme sexuel obligatoire.

Que dit en réalité Augustin ?


« Avant le péché, au paradis, la "libido" ou concupiscence était entièrement soumise à la volonté, et la volonté à Dieu. Après le péché, il y a renversement du rapport de l'homme à Dieu. »

(S. Augustin, De Trin. XII, 8, 13 à 11, 16; De Gen. ad litt. 11).

La concupiscence est donc quelque chose de congénital. Mais d'où vient cette concupiscence ?

Deux réponses sont possibles:

- (1) ou bien elle vient d'un péché antérieur (solution catholique);
- (2) ou bien elle procède par l'entremise d'une puissance mauvaise (solution manichéenne).

Pour Augustin, le péché de l'homme fournit la seule explication valable. Car ceux qui rejettent le péché originel doivent forcément admettre :
- ou bien qu'il y a dans l'homme une substance mauvaise d'où découlent tous les maux;
- ou bien que Dieu est injuste en accablant ainsi des innocents.

Pour Augustin, la concupiscence est ainsi le signe tangible du péché antérieur.
Elle est mauvaise en elle-même, même si, par la procréation, elle sert au bien de l'humanité en assurant sa propagation.

Augustin s'appuie sur S. Paul:

"La chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair. Il y entre eux antagonisme" (Ga 5,17).

Augustin entend ici "esprit" (spiritus) au sens de l'esprit animé ou prévenu par la grâce qui met en l'homme "la concupiscence spirituelle" qui lui fait désirer le Bien.

L'évêque d'Hippone voit donc, à juste titre, dans la concupiscence de la chair un "vice", non parce qu'elle s'oppose simplement à la raison, mais parce qu'elle est opposée à la grâce. L'homme avant le péché était exempt de concupiscence, puisqu'il a été créé "à l'image de Dieu".

Voilà la cause de l'absence de concupiscence chez l'innocent. De ce fait, la concupiscence est bien une conséquence du péché de l'homme; et cela Augustin le tire, non pas d’une rémanence manichéenne, mais bien de l'Ecriture Sainte.

Ecrit par : Eremo | mardi, 04 mars 2008

Cette radicalité est surprenante à bien des égards, cependant je ne vois pas trop où vous voulez en venir!

Si l'on vous suit, nous mettons tous une ceinture de chasteté et la race humaine s'éteint!
Etes-vous pour la procréation assistée qui nous délivrerai t de l'acte sexuel?

Ecrit par : Marcia Downey | mardi, 04 mars 2008

Vous écrivez Marcia :

"Radek, ce n'est pas un peu nihiliste votre vision de l'existence?!"

Mais non ma grande, c'est simplement la vision de l'Evangile ! replongez-vous dans l'Ecriture et laissez tomber au plus vite vos magazines de midinettes disponibles dans les kiosques, ou vos gentils auteurs à l'eau de rose.


De même vous poursuivez en vous exclamant :

"Cette radicalité est surprenante à bien des égards, cependant je ne vois pas trop où vous voulez en venir!"

Mettez donc rapidement de nouvelles lunettes en ce cas, puis relisez tranquillement les explications ici disponibles et vous comprendrez alors aisément le sens de ce rappel salutaire du caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle, témoignant de la dégradation animale dans laquelle l'humanité patauge, avec une visible délectation, depuis l'expulsion de l'Eden.

Ecrit par : Radek | mardi, 04 mars 2008

Pour Radek qui me reprend : "alors soyons tous eunuques en vue du Royaume ! ", c'était là bien entendu un clin d'œil de ma part à ce passage de saint Paul que vous citez plus explicitement. Mais lui fait référence à ceux qui se consacrent à plein temps au service du Royaume. Autant que je le sache, la mariage des prêtres n'est pas à l'ordre du jour et il n'est pas question qu'il le devienne. Pas plus que celui de tous les célibataires consacrés par vœu.
Si le "caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle" est indéniable, il n'est pas non plus fatal : la grâce est là, qui purifie bien des vilenies et nous évite la "perversion" à la mesure de l'accueil que nous lui faisons.

Pour Eremo qui aime à citer saint Augustin qui était si soucieux de rechercher les origines du mal, c'est le même qui indique : "aime et fais ce que tu veux." On ne saurait soupçonner l'évêque d'Hippone de collusion avec les maisons closes ou autres lupanars !...
"L'homme avant le péché était exempt de concupiscence, puisqu'il a été créé "à l'image de Dieu". Dieu merci, en dépit de sa concupiscence native, l'homme RESTE créé à l'image de Dieu aujourd'hui encore. Il RESTE ouvert à la grâce... et libre de l'accueillir ou non.

Pour Serena, "la sexualité est un acte sacré" est bien davantage qu'une idée : c'est une réalité que nous n'avons pas fini de découvrir au travers de la théologie développée par Jean Paul II. Le moins que l'on puisse dire est que ce grand Pape n'était pas plus favorable aux bordels que saint Augustin !

Pour tout le monde, nous pouvons passer des nuits entières à nous asséner les uns les autres des passages de l'Écriture qui nous démontreront nos arguments... ou les démonteront ! Depuis la tentation au désert -dont la lecture inaugure le Carême-, nous savons que le démon lui-même connaît l'Écriture sur le bout des doigts. Sa juste interprétation relève de l'autorité suprême de l'Église : à savoir, le Pape.
Que celui qui est plus pape que le Pape lève le doigt !

Ecrit par : MDT | mercredi, 05 mars 2008

Je ne sais si je peux intervenir sur ce blogue très intello mais je me pose une question : Paul n'a-t-il pas opéré une greffe de la philosophie platonicienne ?

Ecrit par : Rosa | mercredi, 05 mars 2008

Vous écrivez MDT:

"Nous savons que le démon lui-même connaît l'Écriture sur le bout des doigts."


Erreur, il l'a cite de façon inexacte et incorrectement en Luc 4, 9, omettant l'expression "dans toutes tes voies" lors de sa référence au Psaume 91 dans son entretien avec le Christ.


Mais le plus important est ailleurs.

Vous affirmez :

"Si le "caractère impur et terriblement perverti de la concupiscence sexuelle" est indéniable, il n'est pas non plus fatal : la grâce est là, qui purifie bien des vilenies et nous évite la "perversion" à la mesure de l'accueil que nous lui faisons."

C'est conférer, dans votre raisonnement théologiquement imparfait une puissance excessive à la grâce qui perfectionne certes la nature, selon s. Thomas, mais ne peut la modifier dans son essence profondément pervertie.

Vous oubliez nettement, dans votre réflexion qui fait la part belle à une hypothétique liberté qui est en fait une splendide illusion dans laquelle ne tomba point s. Augustin (relisez son Traité "De Gratia et libero arbitrio" et vous verrez ce qu'il en est ne nos facultés de décision devant la tentation et les séductions de la chair...), que les «dominateurs des ténèbres», cest-à-dire les esprits sataniques agissent en maîtres dans le monde. Ces ténèbres étant d'ailleurs contemporaines de tous les siècles.
Satan, il serez dangereux de ne point s'en souvenir, ce que fait précisément un indigent discours actuel prétendument chrétien, est «le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance» ; il est «le dieu de ce siècle», «le chef du monde» (Éph. 2:2 ; 2 Cor. 4:4 ; Jean 12:31 ; 14:30).

Bien évidemment il est déjà jugé (Jean 16:11), mais, c'est là le drame spirituel des théologiens modernes, il importe de se rappeler constamment qu'il n’est encore ni lié ni détruit.
Il étend sur le monde où nous vivons une autorité usurpée qui prendra fin un jour, mais bien réelle pour l'instant, autorité que la mort de Jésus a même en apparence consolidée. Il régit positivement, à leur insu, les autorités terrestres, dans la mesure où Dieu le laisse agir, pour les opposer à Jésus-Christ aussi longtemps que celui-ci, caché à la vue immédiate de ce monde mais assis à la droite de Dieu, attend, — jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds.

Or nous, chrétiens, qui sommes «dans le monde» sans être «du monde», nous reconnaissons comme Chef non point celui de ce monde mais le Christ. Notre présence ici-bas, notre confession de la foi et la déclaration de notre espérance, sont la preuve de la puissance victorieuse de ce Chef méconnu, et le Saint Esprit qui est dans le croyant «convainc le monde», en même temps que de péché et de justice, «de jugement, parce que le chef de ce monde est jugé» (Jean 16:8-11).

Nous marchions autrefois «selon le siècle» (ou «le train de ce monde», c’est le mot exact en grec), et nous en avons été arrachés. Nous sommes donc laissés ici-bas pour servir Dieu, que nous avons le privilège d’adorer comme Père.

Toutefois Satan ne peut tolérer cela. Chaque fois qu’une âme est amenée des ténèbres à la lumière, elle passe du pouvoir de Satan à Dieu (Actes 26:18). Chaque fois que la mort du Seigneur est annoncée, la défaite de Satan est proclamée. Partout où brille la vraie lumière, elle dit que «le Fils de Dieu a été manifesté afin qu’Il détruisît les oeuvres du diable» (1 Jean 3:8).

Comment l’ennemi supporterait-il toutes ces atteintes à son pouvoir ? Le Christ dans le ciel a son corps sur la terre, — des membres du Christ dans le domaine de Satan ! Comment celui-ci le souffrirait-il ? Comment ne s’opposerait-il pas, de toute sa violence et de tous ses artifices, selon le cas, à la vie divine se montrant ici-bas ?

Il n’est ainsi pas question pour nous de conquérir les passions de ce monde en imaginant être capables de les maîtriser, ou de les sanctifier même par grâce, ce serait là une pure folie irresponsable que de soutenir une telle proposition. Le désir en l'homme est insoumis, mensonger, dévié par essence depuis le péché originel, et la grâce ne sanctifie pas les passions, ne rend pas pur l'instinct et immaculée la concupiscence, bien au contraire !

La force de corruption n'est pas à prendre à la légère, et l'Eglise conciliaire, par la voix des Pontifes qui se sont succédés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, prend un grand risque à tenir un discours complaisant, déculpabilisant et léger à l'égard des séductions de la chair. L'état sacerdotal n'est pas aisé à vivre dans un monde travaillé par le dévergondage élevé au rang d'atmosphère culturelle généralisée, sans compter une liberté des moeurs débridée, mais l'état conjugal, ou pire de commerce joueur entre les sexes toutes tranches d'âges confondues, présente de plus grands dangers encore car la triste vérité, quant à notre état de nature, est que la «chair» qui fut terrassée par Satan, et restée l'alliée le plus ardent de ce même Satan.

La chute a fait l’homme le complice aussi bien que la victime de cet adversaire et c'est pourquoi l'apôtre Paul insiste fortement sur ce point : «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu» (Romains 8:7) ; c'est là une incontestable vérité qu'aucune encyclique postérieure à Vatican II ne peut nier !

Ecrit par : Eremo | jeudi, 06 mars 2008

Mais aucune encyclique (postérieure ou antérieure à Vatican II : peu importe) ne le nie, ce qui est heureux !
Merci en tout cas de toutes vos précisions... et de me reprendre notamment sur l'inexactitude des citations scripturaires du démon. Ce dernier est imparfait ? Voilà qui est parfait et démon...tre sa vraie nature !
Que mon "raisonnement" soit "théologiquement imparfait", soit : je ne suis pas théologien. (Mais j'ose espérer que vous ne me rangerez pas pour autant parmi les démons !...) Je n'aime d'ailleurs pas beaucoup ce mot, qui incline à faire de Dieu un "sujet d'étude" : un peu présomptueux, non ? Personnellement, je préfère en faire un Sujet de foi, d'espérance et de charité dans l'adoration.

"Une puissance excessive à la grâce" ? Mais la grâce pèche -si j'ose dire !- toujours par excès. L'émission est toujours là, et comme vous l'expliquez longuement avec d'autres mots, elle est brouillée par qui nous savons. C'est donc la réception qui pèche par défaut : NOTRE réception. Alors, bien sûr que la grâce "ne modifie pas l'essence de notre nature"... sauf pour quelques âmes privilégiées telles que Marthe Robin qui, par "essence de sa nature", aurait dû tomber en panne sèche en une semaine : disons qu'elle faisait le "plein" autrement ! En modifiant non pas son essence mais sa longueur de fréquence. Bref, elle était extrêmement réceptive à la puissance de la grâce, lui conférant une étonnante liberté (notamment par rapport à ses appétits "charnels" fondamentaux) qui n'avait rien "d'hypothétique" ou de "splendide illusion".

Je vous l'accorde : tout le monde n'est pas Marthe Robin. Mais chacun est pourvu "d'antennes" appropriées. Si votre discours est tout à fait fondé, il me semble cependant présenter l'inconvénient de nous laisser entendre que nous sommes livrés pieds et poings liés aux puissances infernales, que notre corps est notre pire ennemi... ce qui renvoie un peu à cette question de Rosa que j'interprète comme une boutade : "Paul n'a-t-il pas opéré une greffe de la philosophie platonicienne ?" . Petite fée espérance, où diable es-tu passée ? Dans l'avenir, je le crains...
Vous affirmez qu' "Il n’est ainsi pas question pour nous de conquérir les passions de ce monde en imaginant être capables de les maîtriser, ou de les sanctifier même par grâce, ce serait là une pure folie irresponsable que de soutenir une telle proposition." Mais n'y a-t-il pas "folie irresponsable" plus grande encore ? Celle de ne pas répondre des grâces reçues. Et cela, ce n'est ni interchangeable ni communicable dans son essence...

Ecrit par : MDT | jeudi, 06 mars 2008

Bonjour,

Ce qui me dérange ici est cette mise au diapason des gens qui auraient la santé... non pas la santé, pour le faire - le fameux acte - mais pour tout faire. Y compris penser.

Considérant qu'à la guerre, au marché, au travail, à nos activités, au bien comme au mal, nous essayons, fatiguons, vieillissons et pour certains, hantons : serait-il donc jamais possible, que nous réussissions ?

Oui, tout cela me fait bien l'effet d'un constat d'échec - par l'anticipation... Réunir la chair et l'esprit dans un seul corps... pourtant un joli programme - ça !

Ecrit par : Marie Gabrielle | jeudi, 06 mars 2008

Eremo, c'est d'une redoutable lucidité ce que vous écrivez :

"La «chair» qui fut terrassée par Satan, et restée l'alliée le plus ardent de ce même Satan. La chute a fait l’homme le complice aussi bien que la victime de cet adversaire..."


Que nous reste-t-il comme moyen dans ce cas de sortir du piège ?

Ecrit par : Hadrien | jeudi, 06 mars 2008

Nos érudits pourraient-ils répondre à Rosa, c'est un domaine qui m'intérresse aussi?!

Ecrit par : Marcia | jeudi, 06 mars 2008

Mon cher MDT, j’apprécie votre souhait de faire de Dieu « un Sujet de foi, d'espérance et de charité dans l'adoration », belles paroles en vérité, faisant que je vous réponds uniquement sur la base de la foi évoquée, en évitant avec vous l’argumentaire scolastique un peu sévère et volontiers tranchant à propos de la grâce et de ses maigres effets sur l’humaine nature.

Voyez-vous, je pense qu’un point fait réellement immensément défaut dans les raisonnements de l’actuelle théologie, c’est l’oubli total que la Croix de Christ est au centre de l’histoire du temps et de l’éternité.

Elle a toujours été dans les pensées de Dieu : si Jésus-Christ était «l’Agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde» (1 Pierre 1:19), alors c’est vers la Croix que Dieu avait regardé, dès les premiers holocaustes ; c’est grâce à elle qu’il avait pu pardonner à ceux qui se repentaient, déjà bien avant la venue du Christ sur la terre. Et, plus sublime encore, c’est vers elle que les regards des rachetés seront tournés durant l’éternité (Apoc. 5:6).

Aussi la crucifixion de Jésus est-elle le thème central de la prédication de l’évangile : «Je n’ai pas jugé bon de savoir quoi que ce soit parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié», dit l’apôtre Paul (1 Cor. 2:2). Et si «la parole de la Croix est folie pour ceux qui périssent», pour nous qui obtenons le salut, elle est «la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu» (1 Cor. 1:18, 24).

La Croix — l’oeuvre accomplie par Christ à la Croix — est le fondement de notre salut ; aucun vrai chrétien ne peut en douter.

Mais avons-nous réalisé qu’elle est aussi le fondement de notre vie chrétienne pratique ?

Dans chacun des trois premiers évangiles, nous assistons au développement progressif de l’hostilité des Juifs contre le Seigneur Jésus. Le moment arrive où Jésus se met à parler ouvertement à ses disciples de son rejet par les chefs de la nation, de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Et immédiatement après, dans les trois évangiles, le Seigneur Jésus parle d’une croix. Il ne dit pas explicitement qu’il sera cloué sur une croix, mais il déclare : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera» (Matt. 16:24, 25 ; voir aussi Marc 8:34, 35 et Luc 9:23). Dans le troisième évangile, le Seigneur dit même : «qu’il prenne sa croix chaque jour».

Le Seigneur adresse des paroles semblables au jeune homme riche : «Viens, suis-moi, ayant chargé la croix» (Marc 10:21). Plus tard, alors que «de grandes foules allaient avec lui» il se tourne vers elles et leur dit : «Quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple» (Luc 14:27). Et à une autre occasion encore, nous l’entendons dire : «Celui qui ne prend pas sa croix et ne vient pas après moi, n’est pas digne de moi» (Matt. 10:38).

Ce sont des paroles extrêmement fortes. Le Seigneur utilise ici un langage figuré, comme souvent ailleurs. Que veut-il donc nous dire, lorsqu’il nous demande de façon si pressante de porter notre croix et de le suivre ?

Le monde chrétien a gravement dévalorisé ces paroles. On entend dire : chacun a sa part de souffrances, chacun doit porter sa croix ! Mais ce n’est pas du tout ce que le Seigneur veut dire. Il fait sans aucun doute allusion à la Croix qu’il devra porter et sur laquelle il sera cloué. Nous savons en effet qu’à l’issue du procès où il a été condamné à mort, «il sortit portant sa croix, et s’en alla au lieu appelé lieu du crâne, … où ils le crucifièrent» (Jean 19:17).

Quel spectacle que celui d’un homme portant sa croix ! Celui qui marchait ainsi était publiquement couvert de honte. Voilà un crucifié ! pouvait-on dire. C’était un homme voué à la mort, à la mort honteuse de la Croix.

Et le Seigneur nous appelle tous à le suivre dans un tel chemin !

L’homme naturel est esclave, même s’il prône sa liberté et son indépendance de Dieu. Il est esclave du péché et de Satan (Jean 8:34 ; Rom. 6:6, 12, 17 ; Héb. 2:15). Il est asservi à ses propres convoitises, et à travers elles, au diable lui-même. Le salut que Dieu nous offre n’est pas seulement le pardon des péchés que nous avons commis et l’assurance d’une félicité éternelle dans sa présence, c’est la délivrance de l’esclavage actuel du péché.

Cette délivrance est fondée sur notre mort avec le Christ. Ce que nous étions par nature, comme hommes pécheurs, a été cloué à la Croix pour le Royaume. Le vieil homme ne méritait pas autre chose que le jugement de Dieu. Ce jugement ayant été exécuté, nous sommes devant Dieu dans une toute nouvelle condition : nous sommes en Christ, et ainsi agréables à Dieu. De plus, la crucifixion du vieil homme nous libère de la domination du péché. «Notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit annulé, pour que nous ne servions plus le péché» (Rom. 6:6). «Or ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair avec les passions et les convoitises» (Gal. 5:24).

Un certain courant de pensées a contesté le bien-fondé des principes identifiant le mal aux puissances attractives et concupiscibles dans le croyant, est la saine vision théologique en est actuellement très fortement atténuée, pour ne pas dire réduite à néant. La chair, a-t-on dit, n’est autre que de vieilles habitudes, de mauvais plis, des petits défauts sans importance..

Les conséquences d’un tel enseignement sont graves.

Lorsque nous avons péché, nous avons à confesser nos manquements devant Dieu, à nous juger nous-mêmes devant lui. Or pour que ce jugement soit vraiment réel et profond, il doit porter non seulement sur les actes commis, mais sur la source dont ils proviennent. Minimiser le caractère de celle-ci conduit à ne pas se juger soi-même avec le sérieux nécessaire. Il faut se souvenir que ce n’est jamais un avantage de sous-estimer la force d’un ennemi. Selon les Écritures, notre ennemi intérieur, la chair, est beaucoup plus que de vieilles habitudes. «La pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas» (Rom. 8:7).

Aussi longtemps que nous serons dans nos corps mortels, nous aurons à faire à un tel ennemi. Bien connaître son caractère pervers et ses ruses nous est indispensable. Et le salut actuel que Dieu a préparé pour nous contient toutes les ressources dont nous avons besoin pour être des vainqueurs, MDT, Hadrien et Marcia. Apprenons donc à les connaître et à les utiliser, dans la défiance de nous-mêmes et dans une entière confiance en Dieu.

Ecrit par : Eremo | jeudi, 06 mars 2008

Diantre!! Etes-vous au courant de cette conférence de Fabrice Hadjadj et Philippe Sollers: Pour une mystique de la chair ?

Zak! il faut absolument que vous soyez là!







À propos de leurs derniers livres respectifs :

La profondeur des sexes (Seuil, 2008) et Guerres secrètes (Carnets Nord, 2007).



Philippe Sollers évoque le « surgissement catholique appelé baroque. Quelques noms : Michel Ange, Bernin, Titien, avec comme une poussée physique où, comme par hasard, nous retrouvons beaucoup de corps de femmes, et la négation de tout esprit de séparation entre la chair et l’esprit. La vérité dans la chair et l’esprit, “dans une âme et un corps”, c’est cela qu’il nous faut comprendre avec la musique, comme guerre secrète, contre ce qui ne veut pas que cela puisse s’incarner ».


Et si notre époque d’hypersexualisation était une époque de haine du sexe, de sa signification et de ses mystères ? « Comme à ses premiers siècles, le christianisme se retrouve alors aujourd’hui dans la situation singulière d’avoir à chanter la gloire du corps, la spiritualité de la chair, et à lui redonner sa dimension spirituelle. »



Jeudi 27 mars à 20h
Salle Pierre Nicole
9 rue Pierre Nicole ou 270 rue Saint-Jacques
75005 PARIS
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Entrée libre
RER B Luxembourg, Port-Royal
BUS 21, 27, 38, 81, 82, 83, 84, 85, 91



http://www.lesepees.fr/archive/2008/03/12/conference-le-jeudi-27-mars-20h.html#more

Ecrit par : Maurice | mercredi, 12 mars 2008

" Le sens de l’érotisme échappe à quiconque n’en voit pas le sens religieux. Réciproquement, le sens des religions échappe à quiconque néglige le lien qu’il présente avec l’érotisme.

Ecrit par : "Georges Bataille" | jeudi, 13 mars 2008

C'est fou ce que la quête spirituelle cache comme misérable complaisance à l'égard des émotions et des fièvres de la chair! Mieux vaut un bon baiseur décomplexé qui ne cherche pas à se trouver des justifications pour lutinage.
Ceci dit, se déplacer pour écouter les Docteurs Leleu?!
Autant relire les commentaires sur la note "les ignobles vérités du bouddhisme" ce sera plus profitable!
A moins que zak confirme sa venue!

Ecrit par : Enzo | jeudi, 13 mars 2008

Risible et grotesque accouplement assurément, que ce débat organisé entre le libertin jouisseur ex-maoïste, ex-sadien, ex-féministe, aujourd’hui, après être passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, prétendument catholique romain esthétiquement papiste, soit le nullissime ultra narcissique Philippe Sollers, et le niaisement libidineux fraîchement converti, pâmé devant les râles désirants de la création, la référence bigote des revues conciliaires, sa préciosité incarnée, enivrée par ses extases vaginales, à savoir le Doc Gynéco des sacristies, Fabrice Hadjadj - pour tout vous dire, et puisque l'on me pose la question, franchement non ! je ne me déplacerai pas, même si l'entrée est gratuite, pour assister à cette ridicule saillie !

Tout cela respire à plein nez la puante satisfaction littéraire des émotions pseudo-philosophiques à l’indigente théologie, d’ailleurs acquises à peu de frais, et ne mérite pas que l’on y prête beaucoup d’attention et que l'on vienne y perdre son temps, si ce n’est pour constater l’énorme et impressionnante dérive de tout un courant de la catholicité vers les pires sornettes doctrinales, et son étrange fascination maladive pour les minables bredouillis des indigents polygraphes à la mode pour peu qu’il se déclarent cathos.
C’est d'ailleurs une telle lucrative rente aujourd’hui du point de vue littéraire, que l’on peut remarquer une authentique épidémie de conversions en tous genres chez les éditeurs parisiens, dont les deux guignols susnommés, Sollers et Hadjadj, sont des modèles comiques assez représentatifs.

Ce qu’oublient ces clownesques spécialistes de la levrette indienne et du tourniquet japonais en versions latines, c’est que la pimpante rhétorique de l’orgasme s’évertue toujours à dissimuler que la pulsion sexuelle nourrit en son sein quelque chose qui résiste à la satisfaction ; s’adonner fiévreusement à la sexualité et se livrer, non seulement à la louange active, mais également à la pratique effrénée des ébats reproductifs, dans ou hors du mariage, avec ou sans justifications sacrales, revient inévitablement à subir l’épreuve du désenchantement.

Il en est du plaisir comme de l’argent : on trime beaucoup pour en gagner peu – et, comme toujours, on dépense tout pour ne jouir de rien !

Ecrit par : Zak | jeudi, 13 mars 2008

HE HE! Pour bien réussir sa mort il faut passer par certaines voies...

Ecrit par : Mi Carême | jeudi, 13 mars 2008

Je suis mère de famille et je considère qu'il y a quelque chose qui touche à la profonde et véritable indécence de parler de mystique de la chair!

Comme le disait Fr.Gérard "Dans un monde en proie à un optimisme de commande, les mères sont les premières à être témoin du caractère tragique de la condition humaine".

Comment expliquer aux enfants qui souffrent, qui ont faim, comment dire à Chantal Sébire (puisque l'actuallité nous permet de citer son nom), comment lui dire :

"la situation singulière d’avoir à chanter la gloire du corps, la spiritualité de la chair, et à lui redonner sa dimension spirituelle. »
Si elle doit redonner sa dimension spirituelle à son corps c'est en acceptant de faire une place au Christ !
Comment lui dire les choses autrement!

Je suis particulièremment étonnée ici (où ailleurs) par le silence assourdissant des catholiques; la lecture quotidienne de la bible ne nous enseigne t'elle pas que " le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix"

Sont- ils (les catholiques) à ce point dans le monde, pour avoir si peur de combattre cette pernicieuse idéologie qui envahit l'ensemble de notre société!

Que penserait le Christ de tout ceci!?:


Laissons-les: ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse.

Ecrit par : Chantal | jeudi, 13 mars 2008

"Étrange fascination maladive pour les minables bredouillis des indigents polygraphes à la mode pour peu qu’il se déclarent cathos." ? "Une authentique épidémie de conversions en tous genres chez les éditeurs parisiens" ? (Zak)
Ma foi, de quoi nous plaignons-nous ? Si le label "catho" est en passe de devenir tendance dans les cercles où l'on s'y attend le moins, ne boudons pas notre plaisir ! Et puis, l'Esprit ne souffle-t-Il pas où Il veut ? Tâchons d'être un peu plus indulgents à l'égard de ceux qui nous apparaissent comme des "clownesques spécialistes" : ils reviennent parfois de loin, ont goûté à tout et à son contraire (c'est plus joli de parler de "toutes les couleurs de l’arc-en-ciel" !). Certes, ce terrain est propice à avaler "les pires sornettes doctrinales".
Mais des sornettes du même acabit ont été également avalées -voire mal digérées- en d'autres terrains : pas sûr qu'elles obtiennent le même accueil ici. (Les paillettes de circonstance sont plus souvent qu'on ne croit des cache-misères dont on ne se vante pas nécessairement au cours d'une conférence...) Mais cet accueil ne concerne pas QUE le "nouveau venu" : il vient aussi d'en face, de chez les plus "anciens". Pas sûr non plus que l'énumération un tantinet ironique de noms d'oiseaux soit de nature à nourrir l'enthousiasme des aventuriers à retirer leurs anciennes plumes !... Aussi sulfureux puisse-t-il être, le passé d'un homme doit-il le suivre jusqu'à la tombe, gravé dans un marbre de même nature qu'une stèle funéraire ? Faut-il attendre d'être en-dessous pour s'ouvrir à une possible rédemption ? Si l'exploration des voies du doute n'a pas tenu ses promesses, ce n'est là que justice immanente : alors, accordons au moins le bénéfice de ce doute !

"L’oubli total que la Croix de Christ est au centre de l’histoire du temps et de l’éternité." ? (Eremo) La Semaine sainte approche, qui va recentrer cette histoire.
"Chacun a sa part de souffrances, chacun doit porter sa croix ! Mais ce n’est pas du tout ce que le Seigneur veut dire." (toujours Eremo) Pas du tout ? Pourquoi pas ? Vous citez vous-même l'Évangile qui affirme le contraire ! ("«Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive : car quiconque voudra sauver sa vie la perdra ; et quiconque perdra sa vie pour l’amour de moi, la trouvera» (Matt. 16:24, 25 ; voir aussi Marc 8:34, 35 et Luc 9:23). Dans le troisième évangile, le Seigneur dit même : «qu’il prenne sa croix chaque jour».") Si la Croix du Christ est bien "au centre de l’histoire du temps et de l’éternité", (ce qu'elle est, à Dieu ne plaise), alors elle est effectivement au centre de NOTRE histoire puisque nous sommes incarnés dans le temps et appelés à l'éternité. On peut certes l'oublier de temps à autre (ne serait-ce que parce que nous ne cultivons a priori pas un goût effréné pour la souffrance !), mais il est difficile de l'oublier "totalement" ! La vie ne se charge-t-elle pas plus souvent qu'à l'ordinaire de nous rappeler qu'elle n'est pas qu'un long fleuve tranquille sommé de charrier nos douces utopies ?
La Croix n'est d'ailleurs pas QUE le symbole de la souffrance, Dieu merci. À ses pieds, nos petites querelles intestines avalisant la prédominance de la chair sur l'esprit pour les uns et la priorité inverse pour les autres s'effacent devant le symbole du Don total... incluant par conséquent le pardon : "Pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font..." Et ils ne savent pas ce qu'ils font, précisément parce qu'ils n'ont de la croix qu'une vision partielle : l'aspect horizontal... ou l'aspect vertical. C'est presque une lapalissade que d'énoncer cette platitude : il n'est de croix que de croisement ! En l'occurence, la rencontre au sommet -du Golgotha- de l'esprit dans l'éternité (le vertical) et de la chair dans le temps (l'horizontal). C'est vrai : " le désir de la chair, c'est la mort, tandis que le désir de l'esprit, c'est la vie et la paix" (Chantal). Ces deux désirs coexistent sur la Croix, mais le plus étonnant n'est pas là : ils sont INVERSÉS. Dans sa chair, le Christ ne désirait certainement pas mourir. Lui qui est Vie et Paix, dans son esprit Il a voulu mourir par obéissance ("Que Ta volonté soit faite, et non la mienne"), pour le salut de tous.

Après la Croix, peut-on encore affirmer qu'il "y a quelque chose qui touche à la profonde et véritable indécence de parler de mystique de la chair " ? Si la chair elle-même ne participe pas peu ou prou à quelque évocation mystique, alors pourquoi Dieu l'a-t-il créée ? Pourquoi ne sommes-nous pas des anges ?
Sans la chair, QUE SIGNIFIE alors la Croix ? Il est à craindre qu'elle ne soit plus qu'un absurde crucifix : moins un objet de piété qu'une sorte de grigri sacré. "Le caractère tragique de la condition humaine" susciterait davantage de pessimisme que d'optimisme... fût-il "de commande" ! Alors oui, la Croix du Christ se concentrerait sur l'éternité pour se décentrer de l’histoire du temps. C'était bien la peine de s'incarner !...

Ecrit par : MDT | vendredi, 14 mars 2008

A l'heure de "l’Oréal c’est parce que moi aussi je le vaut bien",
le calvaire de Madame Chantal Sébire résonne étrangement, comme une claque, au sein de cette vallée peuplée d'humains ( ?) avec prothèses, silliconés, lyposucés, blépharoplastiés, lifting (isés) , rhinoplastiés...

Enfin, un Visage! Un Visage qui nous parle, qui nous appelle, qui perce notre coeur, qui nous donne envie de courir vers Lui pour soutenir, aimer!

Ecrit par : Tristan M | vendredi, 14 mars 2008

Vous êtes bien gentil MDT, et j’ai même, sachez-le, quelques scrupules à vous tancer car votre raisonnement s’appuie sur de bon sentiments chrétiens. Mais les bons sentiments, en la circonstance, font de la très mauvaise théologie.

Par ailleurs, il est clair, à ce rythme de complaisances réitérées, que votre naïveté vous perdra si vous n’y prenez garde, vous conduisant, tôt ou tard, à vous faire le complice actif des pires sottises.


En effet, vous écrivez :

- « Ma foi, de quoi nous plaignons-nous ? Si le label "catho" est en passe de devenir tendance dans les cercl